Mikhail Delyagin: Poutine attend la rupture de l’humanité en dépression mondiale | Izborsk Club

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Mikhail Delyagin: Poutine attend l’éclatement de l’humanité dans une dépression mondiale

– Mikhail, pourquoi tous ces changements importants dans la construction du pouvoir en Russie ont-ils été annoncés maintenant?

– Je pense que Poutine attend certains événements qui nécessitent une réaction rapide. Le reformatage du gouvernement peut s’expliquer par la création d’un nouveau système politique – et ce n’est pas un processus rapide. Après tout, il est nécessaire d’adopter des lois, de modifier la Constitution, d’ajuster un large éventail de règlements, puis de voir comment la Douma d’État, le Conseil de la Fédération et le nouveau gouvernement se comportent, comment les élections se tiendront et comment la nouvelle Douma d’État formera un gouvernement. L’essentiel est l’année 2024. De sorte que si quelque chose se passe mal avant cela, il est temps de réparer rapidement quelque chose et de vérifier à nouveau.

Mais le remplacement de Medvedev par Mishustin est déjà un signe. Après tout, il s’agit de remplacer une personne incapable de toute entreprise, dont le seul mérite est une fidélité absolument incroyable, à un homme qui a montré qu’il peut résoudre des problèmes assez complexes, par exemple, la création rapide d’un service fiscal moderne et efficace. Ainsi, Poutine avait soudainement besoin d’artistes qualifiés de haute qualité et, dans l’affirmative, il s’attend à de sérieux changements. La conception qu’il crée assure un contrôle avec une très grande flexibilité interne, avec plusieurs centres de force qui peuvent se compenser et, si nécessaire, se neutraliser. C’est-à-dire qu’elle augmente la marge de sécurité du système; c’est généralement la fonction principale de la démocratie. L’objectif de la réforme politique est

– Ce système pourra-t-il continuer à travailler avec d’autres acteurs? Ou est-ce, même une tentative de remplacer la commande manuelle par un mécanisme plus flexible, mais ce mécanisme est-il finalement conçu pour une seule personne?

– Sa révolution en créant la possibilité d’un leadership collectif. Bien sûr, une personne peut diriger le Conseil d’État, et c’est le cas de Poutine, et cela peut également se produire à l’avenir si un autre président de haute autorité quitte le poste plus tard. Mais le Conseil d’État peut être dirigé par une direction collective, son propre présidium des gouverneurs les plus sérieux. Il s’agit d’une innovation fondamentale ouverte sur l’avenir. Quant à la résilience, le rôle opérationnel de Poutine dans ce système est réduit du fait de l’émergence d’une fonction stratégique, et c’est un rejet du contrôle manuel en faveur du contrôle stratégique. C’est un modèle complètement différent dont nous ne nous souvenons tout simplement pas, car, à commencer par Gorbatchev et même Andropov, nous avions un modèle de leadership personnel. Et, en général, un tel modèle ouvre la voie à la restauration d’un système de leadership collectif. Cela sera décidé par le prochain président, quand et s’il se rendra au poste de chef du Conseil des affaires ou s’il y aura une direction collective, y compris ou non.

– Malgré les changements fondamentaux déclarés dans la conception de la plus haute autorité, de vrais changements en Russie sont impossibles sans un changement de politique économique, et même les meilleures mesures de lutte contre la pauvreté ne remplaceront pas cela. Peut-on s’attendre à un changement de cap économique en Russie?

– Il n’y a aucun signe de cela. Il existe peut-être de tels plans, mais les panneaux ne sont pas encore visibles. Regardons la composition du gouvernement. Le fait qu’un fisc soit à la tête du gouvernement signifie que ses tâches ne sont pas liées au développement. Moderniser l’économie est un investissement, cela signifie redonner, ou comme le disent des comptables comme Kudrin, dépenser. Et le fisc ne parle pas d ‘«investir» et même pas de «dépenser», mais de «prendre». Les principales tâches de ce gouvernement seront politiques: assurer une réforme politique globale longue et complexe. Oui, des problèmes sociaux ou économiques peuvent être abordés en cours de route, si nécessaire. Peut-être verrons-nous un tel premier député au gouvernement que nous haletons et comprenons qu’il y aura une modernisation de l’économie. Mais aujourd’hui, les informations dont nous disposons n’en témoignent pas. Poutine a parlé dans un message sur le pouvoir, sur des sujets sociaux,

– Dans le même temps, il a parlé de l’autosuffisance économique de la Russie.

– Et cela nous permet de supposer quel genre de danger il voit devant lui et pourquoi il avait besoin de leaders efficaces. Parce que l’autosuffisance de l’économie pour toute personne, pas seulement pour Poutine, qui en tant que politicien s’est développé dans l’environnement ultra-libéral de Sobchak, est un sujet impossible dans une situation normale. Poutine peut incontrôlablement raconter une blague, et il ne pourrait pas dire une telle phrase sans le savoir. Cela signifie qu’il attend une situation non seulement anormale, mais la seule dans laquelle une telle idée devient réelle. Il s’agit d’une situation d’effondrement de l’économie mondiale en macro-régions et de perturbation de l’humanité à la dépression mondiale. Certains analystes attendent le début de ce processus à la fin de cette année.

– Mais sans une politique économique intérieure efficace, est-ce impossible?

– La tâche principale de Poutine est de former une nouvelle structure de pouvoir qui ne sera pas accrochée à son cou avec une pierre entrelacée de conspirateurs, mais lui fournira une gestion stratégique publique et la possibilité d’un ajustement si nécessaire. Et lorsque ce pouvoir se développera, il devra lui-même entamer ce processus de modernisation. Il est impossible de résoudre deux problèmes en même temps.

– Les mesures annoncées de lutte contre la pauvreté sont-elles des mesures pour assurer cette transition sans mécontentement populaire croissant, afin qu’il n’y ait aucune raison de protester dans le contexte d’une dégradation de la situation économique?

– C’est tout à fait possible, même si je n’aurais pas eu peur des protestations sur le lieu du pouvoir, car même si la réforme cannibale des retraites n’a pas conduit à des protestations, cela signifie que la société n’est pas encore encline à manifester. Je pense que ce sont de telles excuses prolongées pour le vol de pensions. Faites attention lorsque la réforme a commencé, puis la manœuvre fiscale de l’été dernier a commencé, puis différentes décisions rendent la situation un peu plus facile – vous êtes 20 kopecks, vous en avez 25. Le gouvernement essaie, avec une insulte mortelle, de payer, de payer pour des bagatelles. Oui, les petits documents ne fonctionnent pas. Soit dit en passant, à partir du 1er janvier, nous avons indexé notre pension 2 fois plus que l’inflation officielle, est-ce que quelqu’un l’a remarqué? Et, comme les petits documents ne fonctionnent pas, ils devraient être plus gros.

– Néanmoins, ce n’est pas pour rien que l’expression «people – new oil» est apparue. Par exemple, il y a des rumeurs selon lesquelles le nouveau Premier ministre considère l’une des tâches comme l’introduction d’un système de contrôle des revenus des citoyens, qui, bien sûr, n’affectera pas les oligarques, mais, tout d’abord, les citoyens à très faible revenu qui ont en quelque sorte sous-payé quelque chose.

– La gestion du service fiscal ne traite pas des questions de politique fiscale. Il est engagé dans la mise en œuvre de la politique fiscale qui existe. C’est comme la hache d’un bourreau: elle devrait être tranchante. Et le fait qu’il devrait hacher les bonnes têtes, pas les mauvaises, et mieux pas du tout – ce n’est pas une question pour la hache ou même le bourreau, mais pour ceux qui prennent des décisions. Le service fiscal a une exigence: il doit veiller à l’application des lois. Si nous avons 30 millions de personnes dans le pays qui violent la loi en raison de la politique fiscale inadéquate de l’État, alors ce n’est pas une question pour l’inspection fiscale. L’activité de ce service est de s’assurer qu’ils ne violent pas la loi.

– Quelle sera la nouvelle Douma d’État? Aujourd’hui, le Parlement est souvent perçu par la population comme franc …

« … une risée. »

– Au moins un organisme qui n’a pas la confiance et l’autorité, cependant, comme les partis politiques eux-mêmes. Dans le cadre des nouvelles fonctions de la Douma d’Etat dans la configuration actuelle du gouvernement – en tant que sorte de contrepoids au pouvoir présidentiel, peut-on espérer une relance de la Douma, les élections deviendront une plate-forme de compétition de forces politiques réelles? Ou vice versa – les nouvelles fonctions de la Douma d’État nécessitent un contrôle et un renforcement encore plus grands du parti au pouvoir?

– La Douma ne sera pas un mécanisme de contrepoids. Jusqu’à présent, il est prévu comme un mécanisme qui assume la responsabilité de la nomination des ministres. Elle partage avec le Premier ministre la responsabilité des actions du gouvernement. Jusqu’à présent, ce n’est pas un contrepoids au président. Pour que cela puisse devenir un contrepoids au président, la construction doit être achevée pour cela, le statut constitutionnel du Conseil d’État devrait se poser, on ne sait toujours pas tout cela. Nous apprenons en mars-avril, alors qu’il est trop tôt pour en parler. Et je ne pense pas du tout que du point de vue des autorités, il soit nécessaire de changer l’état de la Douma. Si le peuple est indigné, alors le Parlement deviendra peut-être un lieu de discussion.

– Est-ce à dire que le rôle de la « Russie unie » demeure?

– Oui, c’est vrai. La situation avec Medvedev, son limogeage, a frappé l’image de Russie unie, dont la cote est déjà en baisse. Mais en même temps, le parti restera un parti majoritaire, car les autorités n’ont pas d’autre majorité à la Douma. Et bien qu’il n’ait aucune autorité, comment le parti est fort et discipliné, il exécute les commandes, il remplit sa fonction, pourquoi les autorités devraient-elles faire quelque chose avec lui?

– Que peut-on attendre dans ce cas des prochaines élections?

– Ce problème sera résolu, je pense, à la fin de l’hiver prochain, dans des conditions où il sera clair, qu’une nouvelle catastrophe mondiale a éclaté ou que ces craintes sont sans fondement.

– Comment voyez-vous l’avenir de Medvedev? Sa démission est-elle un affaiblissement? Ou est-ce un détournement, afin de se retirer plus tard dans un nouveau rôle?

– Pas de prévisions. Question: un tel homme superloyal sera-t-il nécessaire à l’avenir, car il n’a pas d’autres vertus? Cela dépend aussi de la façon dont il se comporte. Il sera offensé – cela signifie qu’il fusionnera, il ne sera pas offensé, il travaillera de bonne foi – il s’en sortira bien. Il peut également être président.

– Le message affirmait la priorité de notre législation par rapport aux traités internationaux. Est-ce à dire que nous pouvons nous retirer de toute organisation internationale, y compris l’OMC?

– Oui, nous pouvons nous retirer de tout accord. En principe, nous pouvons maintenant nous retirer de la plupart des traités internationaux si nous le voulons. Mais l’OMC est un accord commercial, et à la suite de tels accords, vous devez payer aux participants restants la perte de bénéfices. Et puisque le contrat est indéfini, c’est l’infini. Par conséquent, aucun de l’OMC n’a jamais quitté. Tout d’abord, nous avons eu la possibilité d’annuler les accords d’adhésion de la Russie à l’OMC, prouvant leur composante corruption, car ce n’est pas difficile, compte tenu de la personne qui a mené ces négociations. Et deuxièmement, maintenant la situation est unique – le principal organe de l’OMC chargé du règlement des différends commerciaux est détruit, et il n’y a personne pour enregistrer des violations des règles de l’OMC, elles ne peuvent tout simplement pas être mises en œuvre.

« Les Américains l’ont bloqué? »

– Oui, c’est-à-dire que l’OMC, en fait, n’existe nulle part ailleurs que dans l’imagination des puissants libéraux russes. Et l’État russe dans ce cas obéit au fantôme, au vide, simplement parce que je veux vraiment détruire la Russie. Il n’y a aucune raison réelle de se conformer aux accords de l’OMC maintenant. Ce que Poutine a dit au sujet des accords internationaux qui portent atteinte aux droits des citoyens, aux droits de l’homme, fondés sur les droits constitutionnels, cela peut également être appliqué à l’OMC, car ces accords avec l’OMC privent et privent des millions de Russes du droit au travail.

– Y a-t-il une raison de s’attendre à ce que nous attendions des changements à la Banque centrale?

« Pas encore. » La position de Mme Nabiullina est inébranlable. Et encore une fois, nous devons d’abord former un gouvernement, puis traiter avec d’autres ministères. Et pour améliorer la Banque de Russie, il est nécessaire de reconnaître la nécessité d’une politique économique différente. Parce que la politique de destruction de la Russie, Mme Nabiullina met en œuvre de très haute qualité. Mais avons-nous vraiment des raisons de nous attendre à un tel changement de politique économique?

– À quoi pouvez-vous prêter attention dans le message, qui n’était pas immédiatement évident, mais qui est important?

– Par exemple, Poutine a déclaré que la Banque de Russie devrait augmenter les revenus réels de la population. Il n’y a pas un mot à ce sujet dans la législation actuelle. En principe, c’est intéressant. Mais tous les indices ne sont pas réalisés, tous les pistolets sur le mur ne poussent pas, certains pourrissent.

– Par exemple, il y a eu un décret de mai, qui avait également des attentes élevées, mais, en fait, il n’a tout simplement pas été respecté. Quelle est la chance que tout ce qui est annoncé dans le message soit réalisé?

– Quant aux autorités, elle sera accomplie, c’est une question de prestige, sinon elles la mangeront. Des mesures sociales seront mises en œuvre, car ce sont des promesses concrètes. Les promesses concrètes ne peuvent être tenues, cela signifie susciter une vague d’indignation et se discréditer.

– Quels changements attendent les autorités locales?

– Ils se préoccupent, si je comprends bien, des principes constitutionnels unifiés de l’autorité publique, c’est-à-dire qu’ils obtiendront plus de droits et probablement plus d’argent – ce dernier n’est pas difficile, car maintenant ils n’ont presque pas d’argent. Et pour cela, ils seront inclus dans la pyramide du pouvoir de l’État. Comment cela se produira exactement est une question ouverte, une question de lutte politique et, en passant, de créativité intellectuelle.

– Pouvons-nous supposer que Poutine veut laisser derrière lui un nouveau modèle constitutionnel pour la Russie?

– Je n’en parlerais même pas du tout, car le temps «après Poutine» n’est pas encore visible. Attendons à quoi ressemblera le statut constitutionnel du Conseil d’État. Le système proposé par Poutine peut fonctionner sans lui, c’est vrai. Mais je ne peux pas imaginer qu’il va quitter le pouvoir, simplement parce que je le traite avec beaucoup de respect. Et je vois le Conseil d’État comme une autorité stratégique publique qui déterminera les programmes et les stratégies de développement, et le gouvernement les appliquera simplement.

Si sous Eltsine, l’administration présidentielle a parfois développé des programmes de développement, il s’agissait alors d’un organe inconstitutionnel placé sous la présidence. Et par inertie, cela a continué. Il n’y avait alors plus personne pour les développer. Et le Conseil d’État sera un organe légitime, et il réunira non pas des fonctionnaires obscurs de l’administration présidentielle, nommés par lui-même, mais des dirigeants régionaux. C’est plus grave, c’est une transformation institutionnelle. Ce même rêve d’un parti de régions chéries par feu Skokov. Lorsque les régions n’ont pas seulement accès à l’adoption et à l’approbation des lois, comme au Conseil de la Fédération, elles ont un accès direct au développement de programmes de développement. En fait, si vous regardez historiquement, alors les tâches qui ont été fixées au Conseil d’État ont toujours été résolues beaucoup plus efficacement que celles qui ont été fixées par les gouvernements.

– Vous pouvez donc espérer que cette conception rend l’administration publique plus efficace?

– Il donne un instrument de prise de décision plus raisonnable et plus efficace du point de vue de la société. Comment cet outil sera-t-il utilisé, s’il sera créé, quels ajustements et distorsions se produiront dans ce cas, nous ne savons pas. Mais j’aime bien l’idée, bravo.

SOURCEBusiness Online
Mikhail Delyagin

Delyagin Mikhail Gennadievich (né en 1968) – économiste domestique, analyste, personnalité publique et politique bien connu. Académicien de l’Académie russe des sciences naturelles. Directeur de l’Institut pour la mondialisation. Membre permanent du club d’Izborsk. Plus de détai

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Le CGR explique la raison du retard dans la déclaration de la panne d’un avion ukrainien | Iran Front Page

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Le CGRI explique la raison du retard dans la déclaration de la panne d’un avion ukrainien

Le commandant de la Force aérospatiale du Corps des Gardiens de la révolution islamique, le général de brigade Amir Ali Hajizadeh, a déclaré que si le CGRI avait fait une notification publique immédiatement après avoir abattu l’avion de passagers ukrainien, « le système de défense de tout le pays serait paralysé ».

Les forces armées iraniennes ont déclaré le 11 janvier que trois jours auparavant, elles avaient involontairement abattu un avion de ligne ukrainien, tuant les 176 personnes à bord.

« Si nous avions fait connaître le problème dès le premier jour, nos forces auraient été choquées, jugées inacceptables et auraient commencé à douter de tout, alors qu’il était possible que nous soyons attaqués [par les États-Unis] à tout moment », a déclaré Hajizadeh dans un communiqué. entretien vidéo.

Hajizadeh a ajouté dans la vidéo que l’état-major général des forces armées de la République islamique d’Iran soupçonnait que l’incident pourrait être un cas de «guerre électronique», même s’il avait été informé de l’incident par l’IRGC.

Ces remarques surviennent au milieu de critiques sévères, à la fois en Iran et à l’étranger, du CGR pour sa notification publique tardive de sa responsabilité dans la destruction de l’avion de passagers.

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Groupe Gaulliste Sceaux

Europe post Brexit : et Angela Merkel mit (sans le vouloir) le doigt sur le vrai point de faiblesse de l’Union

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© John MACDOUGALL / AFP

Christophe Bouillaud, Edouard Husson

Selon Angela Merkel, les pays membres de l’UE doivent y rester, car seuls ils sont bien trop petits pour s’en sortir. Si c’est argument semble rationnel de prime abord, n’est-il pas, en réalité, erroné  dans la mesure où un certain nombre de pays en Europe -la Grande-Bretagne s’apprête à le faire- ou dans le reste du monde ont déjà prouvé qu’ils pouvaient peser dans les relations internationales malgré leur taille ?

Christophe Bouillaud : Certes, la taille (superficie ou nombre d’habitants) du pays n’est pas essentielle à la puissance d’un Etat, un pays peut être grand et pauvre, mais elle est souvent un prérequis de la puissance économique, militaire, diplomatique. Parmi les petits Etats, il y a, en proportion de leur nombre au sein des Nations Unies, peu d’Etats puissants, ou dont on peut dire qu’ils jouent un rôle important dans les relations internationales de leur région du monde. Singapour pourrait être un de ces rares exemples. Mais, de fait, comme le montre cet exemple de Singapour, l’influence d’un Etat de faible dimension dans les relations internationales dépend largement du système d’alliances et du contexte régional dans lequel il opère. Le Luxembourg ou bien sûr la Suisse pourraient être un autre exemple, là encore fortement dépendant du contexte européen et occidental.

Donc, en règle générale, en matière de géopolitique, il vaut mieux être un pays riche, peuplé, surarmé et de grande taille, pour peser dans le jeu international. Les membres permanents du Conseil de Sécurité de l’ONU, les vainqueurs de la Seconde Guerre Mondiale, étaient tous des grands Etats ou Empires en 1945. Il est bien évident qu’en 2020 ce legs de l’histoire ne vaut plus pour deux pays : la France et le Royaume-Uni. Ni l’un ni l’autre de ces pays ne représente plus en effet que l’ombre de sa puissance de 1945. Les propositions de recomposition du Conseil de Sécurité visent souvent à faire coller le légal avec le réel, en donnant des sièges à l’Inde, au Brésil, au Japon, voire au Nigéria ou à l’Afrique du sud, et en demandant aux deux anciennes puissances impériales européennes de se contenter d’un siège pour toute l’Union européenne.

Les dirigeants actuels du Royaume-Uni pensent sans doute moins à revenir au niveau de puissance qui était celui de ce pays en 1945, voire à celui d’avant 1914, qu’à profiter, comme Singapour, d’un contexte géopolitique et économique favorable au niveau régional pour profiter au maximum des avantages de la proximité du marché continental, tout en évitant les inconvénients. Ce choix du passager clandestin, dont on verra si l’Union européenne accepte de se faire la victime d’ici la fin de cette année, ne vaut d’ailleurs que pour l’aspect économique. Pour ce qui des aspects stratégiques et militaires, le Royaume-Uni reste dans l’OTAN, et continuera de partager avec les autres pays européens des intérêts géopolitiques proches, comme le montre d’ailleurs la crise iranienne actuelle.

Bref, dans un monde devenu moins pacifique qu’il y a quelques années, la puissance reste un attribut des grands Etats riches. De ce point de vue, Angela Merkel me semble avoir raison : le partage de la souveraineté entre Etats européens membres de l’Union européenne pour être plus fort reste une conclusion logique à tirer de l’état des relations internationales. Tout dépend bien sûr ensuite de la qualité de ce partage : une alliance peut bien fonctionner ou non.

Edouard Husson : C’est la première fois depuis très longtemps qu’Angela Merkel accorde un entretien qui a du contenu. Cela mérite d’être souligné. C’est sans doute lié au fait que la Chancelière est en fin de carrière à la Chancellerie. Elle ne se représentera pas en 2021. Cette grande manoeuvrière, dont l’art politique a la plus souvent consisté à ne rien dire de substantiel, se laisse aller. C’est un peu triste d’ailleurs de constater qu’il faut qu’il n’y ait plus d’enjeu de pouvoir pour elle pour qu’elle mette de la substance. C’est un très mauvais exemple en termes de vocation politique. Du coup, je suis plutôt frappé par le fait que Madame Merkel parle plus de l’Allemagne que de l’Union Européenne. Quand elle parle de l’Union Européenne, vous avez raison, elle reste prisonnière de la vision du XXè siècle, selon laquelle nos pays sont trop petits pour peser seuls dans la monde. La Chancelière tient compte cependant de la réalité du Brexit. On la sent partagée entre la crainte – que va faire la Grande-Bretagne – et la résignation – le Brexit est un fait et nous allons bien voir ce que veut la Grande-Bretagne. D’une manière générale, l’entretien est empreint d’une modestie qui, pour une fois – car Angela Merkel a toujours joué la femme politique modeste – n’est pas jouée. On sent bien cependant qu’elle n’a pas compris le bouleversement majeur de la révolution digitale dont elle dit que c’est le plus grand défi pour l’Europe: la taille ne compte plus mais la capacité d’un pays à collecter, maîtriser et traiter l’information – qui est en quelque sorte le carburant de la troisième révolution industrielle.

Si dans les faits l’argument n’est donc pas toujours valable, du moins économiquement, n’est-il pas aussi celui qui est le moins à même de convaincre les populations européennes du bien-fondé de l’UE ? 

Christophe Bouillaud : C’est sûr qu’en regardant le déroulement des années depuis 2007/2008, les populations auront bien du mal à voir le lien entre la taille ou le poids économique de leur pays et son destin économique. Des petits pays se sont bien sortis de la crise (Danemark, Pays-Bas, Finlande, République tchèque), des petits pays en ont souffert (Portugal, Grèce), des grands pays ont souffert (France, Espagne et surtout Italie) et des grands pays s’en sont bien sortis (Allemagne, Pologne). La taille et l’importance géopolitique de chacun a été largement détaché du succès ou de l’insuccès économique. Le libre accès de chacun au grand marché européen n’a pas changé grand-chose, par contre, la position de chacun par rapport à la zone Euro aura été décisive. Par ailleurs, ces insuccès et surtout ces succès sont plus perçus comme l’effet des politiques nationales que celui d’un succès européen, et encore moins d’un succès lié à la taille de l’UE. Pour tout dire, le succès est toujours présenté comme national, il n’est jamais européen, parce que les élites dirigeantes de chaque pays s’attribuent toujours le succès à eux-mêmes, en vue de leur réélection. C’est là toute la difficulté : les citoyens européens sont assez peu conscients de ce que cette grande Union européenne à 28 leur apporte à eux personnellement et à leur pays en particulier, parce que, finalement, la décision européenne demeure peu incarnée dans un responsable. Nous ne sommes pas aux Etats-Unis où beaucoup de citoyens attribuent le bon ou le mauvais état de l’économie à l’action du Président des Etats-Unis. Qui, de ce côté de l’Atlantique, va remercier Mario Draghi, comme président de la BCE jusqu’en décembre dernier, d’avoir fait baisser les taux d’intérêts ?  On se plaindra plutôt, dans la presse allemande en particulier, du fait qu’il a ruiné les petits épargnants.

Edouard Husson : Si l’on compare la France et l’Allemagne d’un côté et de Danemark, les Pays-Bas ou les pays du groupe de Visegrad, on voit bien que la taille d’un pays ne garantit pas sa bonne gestion. Les petits ou moyens pays de l’Union sont souvent mieux gérés que la France ou l’Allemagne. Cela peut vous étonner que j’associe la France et l’Allemagne en termes de mauvaise gestion: mais le bilan d’Angela Merkel n’est pas fameux. Le pays est en sous-investissement chronique dans les infrastructures – au nom de la rigueur bugétaire; il a un mauvais bilan carbone; il engloutit 50 milliards d’euros par an dans le traitement de l’immigration de masse voulue par Angela Merkel. Du point de vue politique aussi, le pays va mal: les deux partis au pouvoir (la CDU d’Angela Merkel et le SPD) ne sont plus majoritaires dans l’opinion; Angela Merkel gouverne par défaut, parce que personne, à part Christian Lindner, le chef du parti libéral, n’a eu le courage de s’opposer à elle après sa défaite, objectivement parlant, aux élections de 2017. Les peuples de l’Union sentent bien que l’enjeu, c’est la démocratie: un sujet que la Chancelière évoque peu, finalement; elle parle des valeurs de l’Ouest; elle dit qu’elle ne partage pas la vision politique intérieure des dirigeants chinois mais n’arrive pas une seule fois à prononcer le mot démocratie ! Or c’est bien l’enjeu, pour le XXIè siècle: les puissances du nouveau siècles seront celles qui traitent le mieux l’information; et rien de plus important pour cela qu’un système de liberté politique, d’autonomie organisationnelle, et d’éducation au « self-government ».

Aujourd’hui plutôt que d’essayer de prouver l’importance de l’UE avec l’argument de « la taille » ne faudrait-il pas repenser l’Europe autrement ? En effet, unir des pays sans identité commune n’est-il pas vain ? En d’autres termes pour résoudre le problème de fond ne faut-il pas penser une civilisation, une identité européenne ? 

Christophe Bouillaud : Oui, c’est une vieille idée qui traine depuis maintenant deux décennies au moins. La discussion au moment de la « Convention Giscard » en 2003-04 a montré que cette dernière n’aboutissait à rien de bien concluant. La tentative d’affirmer une identité chrétienne a échoué. Surtout, la référence aux Lumières, aux droits de l’Homme et à l’économie de marché est partagée bien au-delà du continent européen proprement dit. Dira-t-on que les Etats-Unis, l’Australie, le Chili, Israël, l’Afrique du sud ou même Taïwan ou la Corée du sud n’ont pas ces objectifs en terme de civilisation ?  L’entretien d’Angela Merkel rappelle d’ailleurs que de ce point de vue, des valeurs nées en Europe entre le XVIIIème siècle et le XIXème siècle, l’Occident, existe toujours.

Du coup, si l’on veut être un minimum réaliste, il faut bien considérer que la seule identité européenne possible est à construire dans un conflit avec des ennemis – comme sont classiquement construites les identités politiques, par accrétion de conflits successifs. Non pas les ennemis que l’on se choisirait arbitrairement, mais des ennemis qui veulent bel et bien vous faire la peau. Or, de manière intéressante, Angela Merkel dans son entretien au Financial Times récuse complètement l’idée que la Chine du dictateur rouge actuel soit devenue notre ennemi. C’est un compétiteur, certes menaçant car très avancé technologiquement désormais à force de travail et de recherche, qu’il faut amener à jouer dans les règles et avec lequel on peut coopérer tout en se concurrençant. Il ne faut pas casser, dit-elle, « les chaînes de valeur », faisant allusion à la forte intégration industrielle du monde, dont la Chine constitue l’un des centres. C’est, de mon point de vue, une vision plutôt irénique des choses, pour ne pas dire plus. Tout montre que la Chine actuelle veut vraiment et sans remords détruire notre vision des droits de l’Homme, qu’elle infiltre certains Etats européens (comme semble-t-il la République tchèque) et qu’elle se livre chez elle à une expérience de retour au « totalitarisme » le plus féroce avec les moyens les plus avancés de la science et de la technologie – sans compter l’ethnocide d’une minorité qui a eu le malheur d’être musulmane et non-« han », les Ouïghours. Avec une telle puissance, il n’y a pas grand-chose à négocier, il faut simplement se préparer, certes le plus subtilement possible, au conflit à venir. Il faut aider les Hongkongais révoltés, et se préparer à aller vers des sanctions économiques. Le même discours pourrait être fait pour l’Islam politique, dans toutes ces diverses nuances. Là encore, voilà un ennemi commun à tous les Etats européens, mais il est vrai que, dans ce cas, c’est toute notre stratégie d’approvisionnement énergétique qui serait à revoir. Enfin, il y a la Russie. C’est l’ennemi officiel, et le seul d’ailleurs au niveau étatique, puisque les forces de l’OTAN restent dressées contre la Russie.

Malheureusement, les dirigeants des Etats européens ne sont même pas d’accord sur la nature de l’ennemi principal. C’est donc l’histoire à venir qui nous obligera – ou pas – à nous définir ainsi. Il n’y aurait pas eu d’Europe unie dans les années 1950 sans la menace soviétique, cette évolution ne sera donc pas si inédite. Mais, si une identité européenne finit par apparaître, l’enjeu sera sans doute du même ordre, existentiel.

Edouard Husson : Oui. Angela Merkel s’est administrée à elle-même une forte dose de réalisme. Elle n’a plus, face à Trump, l’arrogance d’invoquer les valeurs occidentales. Elle cherche, presque suppliante, à obtenir que les Etats-Unis continuent à regarder l’Europe et elle veut sauver, contre Macron, la défense transatlantique. Elle ne prétend plus, comme il lui arrivait de le faire par le passé, incarner le rempart de l’état de droit contre les nationalismes. C’est un entretien très curieux, presque désabusé: en tout cas incapable de proposer un message positif, de formuler un contenu politique et éthique au projet d’Union Européenne. Angela Merkel explique que l’Europe doit s’adapter à la compétition mondiale. Et l’on retrouve son fond progressiste dans le fait qu’elle pense que l’Europe n’a plus de modèle à apporter au monde. Du coup, elle ne se rend pas compte qu’une Union Européenne sans ambition politique, sans projet fédérateur, a peu de chances de tenir ensemble.

Atlantic

Source : Le Mur

La Russie abandonne les bons du Trésor américain pour l’or dans le but de protéger l’économie et de se diversifier – Les analystes de RT – RT Business News

La Russie abandonne les bons du Trésor américain pour l’or afin de protéger l’économie et de se diversifier – analystes to RT

La Russie abandonne les bons du Trésor américain pour l'or afin de protéger l'économie et de se diversifier - analystes to RT
La Russie a laissé la liste des 30 meilleurs prêteurs aux États-Unis en réduisant radicalement la propriété des bons du Trésor américain. Les analystes interrogés par RT ont partagé leur opinion sur cette décision.

«Des raisons politiques et économiques peuvent être trouvées ici. La Banque centrale a peut-être pensé que les bons du Trésor appartenant à la Russie pourraient être gelés en raison des tensions géopolitiques. Le régulateur a annoncé au printemps son intention de diversifier ses réserves », a expliqué Zhanna Kulakova, consultante financière chez TeleTrade.

L’analyste pense que la banque centrale russe pourrait réinvestir l’argent de la vente dans des obligations chinoises et de l’or. «L’or est un actif tangible qui ne peut en aucun cas être complètement amorti. Dans les périodes de crises financières ou politiques mondiales, l’or sera beaucoup plus utile que les titres ou les espèces », a déclaré Kulakova, notant que l’or est également sujet à des fluctuations de prix de temps en temps.

L’analyste note que la liquidation par la Russie de ses avoirs du Trésor américain a un impact sur le dollar. «La Chine, qui est le plus grand détenteur de bons du Trésor au monde (environ 1,2 billion de dollars), peut affecter le taux du dollar et le rendement des obligations américaines. Si vous jetez un tel volume de titres sur le marché, le taux du dollar sera ébranlé et le rendement du trésor montera en flèche » , a- t-elle conclu.

Vladimir Rojankovski, expert au Centre financier international de Moscou, donne une autre raison pour la Russie de retirer ses actifs des États-Unis. « Ils pourraient être gelés par des tribunaux étrangers sur la base des résultats de procédures judiciaires biaisées / politisées », a-t- il déclaré.

L’analyste note également que la courbe des taux des bons du Trésor américain s’aplatit, ce qui rend les billets moins attrayants pour les investissements. Une courbe des taux aplatie est également souvent considérée comme un indicateur d’une récession.

Rojankovski salue la décision de la Banque centrale russe de se diversifier, mais avertit que le prix de l’or pourrait être manipulé sur le marché comme le pétrole. «En cas de baisse mondiale de l’intérêt des grands investisseurs souverains pour les bons du Trésor américain, je m’attends à une augmentation de l’activité spéculative sur les métaux précieux afin de baisser artificiellement leur valorisation boursière», a-t- il déclaré.

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Source : La Russie abandonne les bons du Trésor américain pour l’or dans le but de protéger l’économie et de se diversifier – Les analystes de RT – RT Business News

Ces psychopathes au pouvoir: danger pour les peuples | Mondialisation – Centre de Recherche sur la Mondialisation

Ces psychopathes au pouvoir: danger pour les peuples

En politique, il est souvent difficile de démêler le faux du vrai tant les médias manipulent l’opinion. Ce n’est pas un hasard, mais au contraire voulu par les délinquants du petit cercle politico-médiatique qui nous gouvernent et où défilent message: les chroniqueurs attitrés venant nous déverser leur soupe habituelle. Sauf que de plus en plus de citoyens n’y croient plus et les renvoient à leurs gamelles.

Les raisons qui sous-tendent certains évènements, particulièrement quand ils sont inavouables, doivent rester cachées. L’on nous maintient dans l’ignorance, le brouillard, la confusion. C’est encore plus vrai en géopolitique, domaine essentiel qui conditionne les politiques intérieures ensuite, et où nous manquons souvent d’informations à la source qui nous permettraient d’élaborer une réflexion objective. Sauf que l’expérience nous a appris que la réalité des faits finit par remonter à la surface, nous révélant alors les impostures des équipes au pouvoir. 

Ainsi de l’assassinat du général iranien Qassem Soleimani accompagné par le chef du Hezbollah irakien Abu Mahdi al-Muhandis et quelques hommes. Beaucoup de choses ont été déclarées. Or chaque jour qui passe apporte de nouveaux éléments, venant contester les affirmations annoncées la veille ou l’avant-veille.

Plusieurs mensonges sont venus contredire les réalités du terrain. Ainsi, quand l’énergumène qui préside les USA  tweete qu’après la riposte iranienne sur la base militaire d’Aïn al-Asad, tout va bien et qu’il n’y a aucune victime à déplorer, il ment. Il semble y avoir eu plusieurs morts et des hôpitaux en Jordanie, Israël et même en Allemagne ont accueilli des dizaines de blessés amenés par avions et hélicoptères en provenance du théâtre des opérations. Les autorités irakiennes ont d’ailleurs été appelées en renfort au niveau médical et logistique pour aider à dégager les victimes des gravats.

De même, quand ce grossier président se félicite quelques heures plus tard en conférence de presse que non seulement il n’y a aucune victime, mais que les dégâts matériels sont insignifiants, il ment encore. Les photos qui, malgré la censure imposée, ont fini par parvenir aux agences de presse montrent à quel point les infrastructures de l’une des bases militaires US les plus importantes de la région ont été détruites, la rendant quasi inopérante. Les témoignages de militaires présents sur la base au moment des impacts commencent à confirmer ‘l’enfer’ que ce fut.

Mais cela n’explique toujours pas pourquoi D. Trump a pris la décision d’assassiner le général iranien, contre l’avis de ses conseillers y compris ceux du Pentagone pourtant parmi les plus belliqueux que compte l’administration américaine. Au point que quelques heures plus tard, la Chambre des représentants ait voté en faveur d’un projet de loi limitant dorénavant les pouvoirs du président pour éviter de nouvelles initiatives guerrières contre l’Iran, celles-ci mettant la vie des ‘boys’ en danger.

Les raisons de cette intervention sont multiples. Une première en est que derrière ce type d’assassinat se trouvent les services secrets (Mossad) du régime israélien. Qui, malgré s’en être réjoui n’a pas fait grand bruit après le décès annoncé de Q. Soleimani, préférant rester discret, sachant la capacité de réponse des autorités iraniennes. Et craignant peut-être que la grande confrontation annoncée par différents acteurs de l’Axe de la Résistance – l’éradication à venir du régime sioniste, et qui était un objectif de Q. Soleimani – ne soit arrivée.

Derrière toute action qui ébranle le Moyen-Orient se trouve le gouvernement israélien, qu’il soit de droite ou de gauche n’est pas la question. La Palestine le paie chaque jour depuis plus de 70 ans d’une guerre coloniale que d’aucuns qualifient encore de ‘conflit’ entre parties – comme si une idéologie coloniale qui vole les biens et les vies des autochtones relevait d’un ‘conflit’ ; l’Irak de S. Hussein en a fait les frais sous prétexte ‘d’armes de destruction massive’ ; puis ce fut le tour de la Libye du colonel Khadafi qui voulait ‘massacrer la population de Benghazi’ ; et ensuite celui de la Syrie du clan al-Assad qui aurait réprimé avec violence une contestation citoyenne surgie ‘spontanément’, quand les documents de Wikileaks – dont la lente agonie de sa figure emblématique J. Assange se meurt dans les geôles britanniques dans l’indifférence quasi générale de nos gouvernements – révélaient le plan américano-sioniste de 2005 pour ’un remodelage du Moyen-Orient’. Aujourd’hui, c’est au tour de l’Iran des méchants ayatollahs pour leur obscurantisme chi’ite, et leur obsession d’acquérir la bombe atomique, quand on sait que ceux qui ont dénoncé ‘l’accord 5+1’ au bout de 15 ans d’âpres négociations sont les Américains, cornaqués en cela par Tel-Aviv. 

Tout ceci n’a pour toile de fond que le démembrement des Etats nations du Moyen-Orient, pour les affaiblir et écarter ainsi toute menace sur Israël. Les intérêts du régime sioniste sont prioritaires et bien défendus par les lobbies juifs ainsi que par M. Pompéo et M. Pence convaincus de participer à l’histoire et aux thèses des chrétiens évangéliques, plus sionistes en cela que certains juifs eux-mêmes. Et les annonces répétées du président Trump voulant sortir ses troupes du Moyen-Orient, paniquent le régime israélien qui se voit d’un coup bien esseulé face à une résistance qui se renforce chaque jour. Il faut donc tout tenter pour les obliger à se maintenir dans la région, espérant que les réponses iraniennes les forceront à y rester. Mauvais calcul, mais tant Tel-Aviv que les USA les multiplient ces derniers temps, ébranlés par la perte de leur puissance.

Une deuxième raison en est que l’administration américaine exerce des pressions sur l’Irak comme sur la Syrie pour s’approprier leur pétrole et les revenus qu’en tirent ces Etats. Rien de moins. Non contents d’avoir ravagé et détruit ces pays à travers leurs brutales interventions militaires depuis des années, les USA ne cachent plus le fait qu’ils sont de vrais gangsters. Il y a quelques mois, le président B. al-Assad déclarait qu’il préférait le président Trump car il était ‘plus transparent que ses prédécesseurs’ qui agissaient de la même manière criminelle mais sans l’annoncer, se voyant même parfois auréolés d’un Prix Nobel de la Paix !

Dernière menace en cours : D. Trump a averti les autorités irakiennes que si celles-ci finissaient par contraindre les troupes US à quitter le pays, les avoirs irakiens issus du pétrole déposés dans les coffres des banques américaines seraient confisqués. Les montants en jeu n’ont pas été divulgués, mais selon certaines sources, il pourrait s’agir de plusieurs milliards de dollars. Si la mode vestimentaire a changé, ce pays est toujours animé par son esprit ‘Western’ qui à l’époque déjà l’a amené à s’approprier les biens des Amérindiens à travers un génocide qu’il faut continuer à dénoncer.

Une troisième raison est la signature des autorités irakiennes avec les autorités chinoises pour la reconstruction des infrastructures du pays au nez et à la barbe des Etats-unis. Au vu des destruction que ces derniers y ont provoquées, le marché est pharaonique, et malgré les pressions exercées par le gouvernement US pour dénoncer cet accord et tenter de rafler la mise, l’Irak y résiste et veut le maintenir.

Une quatrième raison pour laquelle D. Trump aurait pris sa décision : selon le premier ministre irakien démissionnaire Adil Abdul-Mahdi, la possibilité d’une détente entre l’Iran et l’Arabie saoudite en négociations pour tenter de désamorcer la guerre menée au Yémen et qui se révèle être un fiasco complet pour la monarchie saoudienne. Ce qui, au passage, n’est évidement pas du goût du régime de Tel-Aviv.

Les princes saoudiens ont d’ailleurs envoyé illico une délégation à Washington pour exhorter le gouvernement américain à la retenue, sachant leur incapacité à gagner celle qu’ils mènent au Yémen, une nouvelle guerre leur serait fatale. Dans le même ordre d’idées, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Gutteres à d’ailleurs déclaré : « Le monde ne peut se permettre une nouvelle guerre dans le Golfe ». 

Cinquième raison de cet assassinat qui contrevient au Droit international, et non des moindres : le pétrodollar garantit aux USA le rôle du dollar dans son statut de réserve mondiale, ayant permis d’asseoir leur hégémonie sur la planète. Cela veut dire par exemple que quand n’importe quel pays au monde veut payer ses achats de pétrole à ses fournisseurs, il doit d’abord convertir sa monnaie et acheter des dollars pour pouvoir effectuer la transaction. Vu les montants engagés il n’est pas difficile de comprendre les sommes astronomiques que cela représentent et la puissance que les Etats-unis ont pu en tirer depuis des décennies.

Ces dernières années, quelques pays ont tenté de refuser ce diktat US et ont élaboré le projet de ne plus payer les factures pétrolières en pétrodollars, mais en yuans chinois ou en roubles russes, voire en euros au nombre desquels S. Hussein, M. Khadafi, H. Chavez… qui en ont fait les frais, ainsi que V. Poutine, Xi Jinping, N. Maduro, E. Morales, et l’Iran, tous sous pressions, mais néanmoins déterminés de se débarrasser de ce poids inique et refusant cette vision unipolaire américaine au profit d’un monde multipolaire plus équilibré que celui dicté par la puissance américaine en déclin, mais qui ne l’accepte pas.

Sixième raison dont je ne peux faire l’impasse, bien que plus triviale, mais faut-il s’en étonner : les élections présidentielles américaines de novembre prochain où D. Trump veut apparaître pour celui qui a rendu les USA « great again » ! Quand on en est à un tel niveau de bassesse et que l’on s’autorise tous les coups, il ne faut pas être surpris de tels calculs sordides. Comme je l’exprimais déjà dans mon livre « La Démocratie Mensonge », à ce niveau de pouvoir, nos vies de citoyens de comptent pas. Nous vivons vraiment dans des mondes différents. Ces gens-là ne se servent de nous que pour asseoir leur pouvoir. Tout le reste n’est que vétille aux yeux de ces psychopathes :

«  (…) Dans le même temps, les pontes arrogants qui nous gouvernent – ou plutôt, nous manipulent – ne semblent pas encore bien se rendre compte que, si l’information ‘officielle’ circule partout et de manière instantanée via une orchestration parfaite de médias sous contrôle, fort heureusement aujourd’hui, la contre information circule également (…) Pour ceux qui nous gouvernent, la perte d’un, dix ou cent civils ne pèse rien, mais perdre un militaire qu’il a fallu former pendant de longues années aux techniques toujours plus complexes d’une puissance létale devenue aussi ruineuse que terrifiante, devient hors prix (…) 

Ceux-là mentent comme ils respirent et continuent à penser que les citoyens sont dupes. Quand je me rappelle de la mise en scène grotesque de Colin Powell à l’ONU, alors Secrétaire d’Etat sous le 1er mandat de l’administration Bush, avant l’invasion de l’Irak, sortant de sa poche une petite fiole censée contenir l’échantillon d’un produit hautement toxique que Saddam Hussein, bête noire du moment, s’apprêtait à larguer en masse sur nos innocentes « démocraties », je ne sais s’il faut rire ou pleurer… Comment est-il possible, à ce niveau de pouvoir, de se prêter à pareille facétie ? Lentement, leur bêtise vient donc compléter leurs mensonges… 

Combien de temps, une vraie « démocratie » peut-elle souffrir de se vider ainsi de sa propre substance, avant de basculer ? Les nettes poussées extrémistes perceptibles dans plusieurs pays ne sont probablement pas étrangères à cette malhonnêteté de nos classes dirigeantes. Par leur pleutrerie et leurs collusions malsaines, ces dernières laissent s’installer voire favorisent la peste brune que seuls leurs discours arrangés condamnent…» *

Dès lors, dans le droit fil de ce qui précède, l’Eurasie est en plein chamboulement et il serait bien utile que la diplomatie européenne ne se trompe pas d’alliances, au risque de nous entraîner du mauvais côté de la balance. Souvent, dans ce que l’on peut voir et entendre ces derniers temps, les messages des responsables politico-médiatiques des pays européens ne sont malheureusement pas encourageants et sont encore empreints de cette insupportable arrogance qui les caractérisent.

Comme je le dis souvent, la géographie finit toujours par avoir le dernier mot sur l’histoire. Ces responsables auront-ils le recul, la mémoire et un peu de modestie pour s’en souvenir et revenir à la réalité des faits au lieu de s’arc-bouter sur leur idéologie atlantiste perdante, comme tout un chacun peut le constater ?

Daniel Vanhove

Le 16 janvier 2020

« La Démocratie Mensonge » – 2008 – Ed. M. Pietteur – Extrait



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Articles Par :Daniel Vanhove

A propos :

Daniel Vanhove est Observateur civil et auteur. Son dernier ouvrage La Démocratie Mensonge – 2008 – Ed. Marco Pietteur – coll. Oser Dire.

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Dette mondiale ? 257.000 milliards de dollars !! Pourquoi tu tousses ? – Insolentiae

Décryptage impertinent, satirique et humoristique de l’actualité économique

Dis tonton, pourquoi tu tousses ?

Pour rien, pour rien…

C’est juste le montant de la dette mondiale. Je ne tousse pas mon neveu… j’étouffe !

J’étouffe sous les dettes.

Pas moi.

Mais l’économie.

L’économie mondiale, la croissance, l’avenir, tout étouffe sous le poids des dettes.

La dette ce sont les impôts de demain pour la rembourser.

La dette ce sont nos revenus futurs.

La dette lorsqu’elle est trop importante entraîne la faillite ou l’insolvabilité et un cortège de conséquences forts peu agréables pour ceux qui les subissent.

La dette est un ennemi mortel.

On oppose souvent la bonne dette à la mauvaise. Mais il n’y a jamais de bonne dette. Jamais. Il y a tout au plus des dettes nécessaires parce qu’elles permettent d’acheter un actif ou d’investir. Certes. Mais la dette fragilise toujours et c’est son remboursement (ou son annulation) qui libère. Investir pour la création d’une usine peut sembler une bonne dette. Mais la dette s’accompagne toujours d’une fragilisation de celui qui la contracte même quand c’est pour de bonnes raisons.

Elle est peut-être nécessaire, utile, pertinente mais elle représente toujours un risque, c’est la raison pour laquelle le recours à la dette doit toujours être modéré. Quand la dette constitue l’alpha et l’oméga de la politique, alors l’issue est connue. A terme ce sera la faillite et la ruine.

Charles SANNAT

« Ceci est un article « presslib » et sans droit voisin, c’est-à-dire libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Insolentiae.com est le site sur lequel Charles Sannat s’exprime quotidiennement et livre un décryptage impertinent et sans concession de l’actualité économique. Merci de visiter mon site. Vous pouvez vous abonner gratuitement à la lettre d’information quotidienne sur http://www.insolentiae.com. »

La dette mondiale a atteint un nouveau sommet et continue de s’alourdir

Des taux d’intérêt bas ont contribué à aggraver davantage l’endettement global au troisième trimestre 2019, a constaté l’Institut de la finance internationale (IIF) dans son récent rapport. La dette totale est déjà trois fois plus élevée que la taille de l’économie mondiale et continue de s’alourdir.

La totalité de la dette mondiale a dépassé la barre des 253.000 milliards de dollars au troisième trimestre 2019, relate CNBC en citant le nouveau rapport de l’Institut de la finance internationale (IIF). Elle représente désormais 322% du PIB mondial et continue de croître.

«Sous l’impulsion de taux d’intérêt bas et de conditions financières déficientes, nous estimons que la dette mondiale totale dépassera les 257.000 milliards de dollars au premier trimestre 2020, entraînée principalement par la dette du secteur non financier», a indiqué l’IIF dans le rapport.

Cette hausse est principalement due à l’augmentation des emprunts des gouvernements et des entreprises non financières, expliquent les économistes qui mettent en garde contre le risque de défaut élevé. Des taux d’intérêt bas dans plusieurs pays du monde ont stimulé les emprunts de la part des entreprises, des particuliers et des gouvernements.
L’IIF indique que la dette publique a atteint de nouveaux records aux États-Unis et en Australie au troisième trimestre 2019. L’institut note également que la croissance de la dette a repris en Chine, marquant un revirement par rapport aux périodes antérieures.

Source Agence de presse russe Sputnik.com ici

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