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Le coronavirus de la bonté

Les Carnets de Dimitri Orlov

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Le coronavirus de la bonté

Que va-t-il se passer avec le terrible-si-horrible mais pas si nouveau coronavirus de l’enfer ? Je pense que le SARS-Cov-2 (son nom officiel) va suivre le chemin du SARS-Cov-1, et je ne peux reprocher à quiconque de ne pas s’en souvenir. Ces deux virus sont identiques à 80% et on pense qu’ils proviennent tous deux de chauves-souris. Mais ils se comportent différemment. Le virus n°1 provoque l’apparition de symptômes peu après l’infection et, bien qu’il ne se propage pas aussi férocement que le n°2, il tue beaucoup plus les personnes qu’il infecte. Le deuxième est si contagieux qu’à ce stade, le contenir semble une perspective peu probable dans le monde entier, et même les efforts acharnés pour ralentir sa propagation n’ont pas fait une grande différence.

Mais le numéro 2 a ses bons côtés : il tue un pourcentage infime des personnes qu’il infecte et sa létalité est similaire à celle d’autres virus de la grippe bien connus. En fait, maintenant que la pandémie de coronavirus a atteint un plateau ou est en déclin dans une grande partie du monde, il semble que le numéro 2 n’affectera pas de manière significative les statistiques sur la mortalité, sauf peut-être en Belgique, à Saint-Marin et en Andorre. Après ajustement pour tenir compte de la croissance démographique et du vieillissement de la population dans de nombreux pays, la mortalité est actuellement inférieure à ce qu’elle était pendant la majeure partie de ces dernières années. En dépit de ces différences, les numéros 1 et 2 présentent deux grandes similitudes : premièrement, ils ont tous deux fait l’objet d’une campagne de publicité incessante ; et deuxièmement, je pense qu’un proche avenir nous le montrera, ils auront tous deux disparu sans laisser de traces.

Mais il y a une différence majeure entre les numéros 1 et 2. Alors que le n° 1 n’était qu’un virus de type  bad boy – une nuisance mineure qui n’a causé que 700 morts (un peu moins de 0,000001% de l’humanité) – on peut affirmer sans risque de se tromper que le n° 2, bien qu’il ait déjà tué 0,003% de l’humanité et qu’il soit en voie d’en tuer 0,001% de plus, est un  bon  virus – si bon que je suis tenté de l’appeler le don de Dieu à l’humanité. Pour citer le Faust de Goethe, le n°2 pourrait dire, pour sa propre défense : « Je fais partie de cette puissance qui veut éternellement le mal et qui fait éternellement le bien ». Comme cela peut paraître choquant, laissez-moi vous expliquer exactement ce que j’entends par là.

Tout d’abord, permettez-moi de planter le décor – très brièvement, puisque j’ai déjà exploré ce territoire en détail auparavant. La pandémie de coronavirus, en tant que réponse irrationnelle et hystérique à un virus grippal relativement bénin, n’a pas entraîné l’effondrement économique ; elle ne l’a même pas déclenché. Ce qu’elle a fait, c’est le masquer. Le phénomène qui a provoqué l’effondrement est appelé “pic pétrolier”.

Le pic pétrolier s’est produit en 2005, après quoi la production de pétrole conventionnel a atteint un« plateau ondulant »(charmante tournure de phrase de Daniel Yergin). Comme les économies du monde entier ont continué à croître, et comme la croissance économique de toute économie industrielle ou en voie d’industrialisation dépend directement de l’augmentation de la consommation de pétrole, les prix du pétrole ont atteint un sommet historique de 147,27 dollars le baril le 11 juillet 2008. Cet événement a déclenché le premier effondrement financier du XXIe siècle, qui a été couvert par des emprunts incessants des gouvernements du monde entier et par la création de monnaie par les banques centrales.

Une reprise temporaire et partielle a été rendue possible par l’arrivée sur la scène du pétrole de schiste aux États-Unis, ce qui a permis à ce pays de redevenir pendant un bref instant le plus grand producteur de pétrole au monde. Mais le pétrole de schiste est une ressource qui s’épuise rapidement et ce bref moment de gloire, pendant lequel des personnes stupides ont inventé le terme « Saudi America », est maintenant terminé. Les implications de cette évolution se sont faites sentir en août 2019, lorsqu’il s’est avéré que les bons du Trésor américain, qui étaient censés être à la base du marché financier le plus sûr et le plus liquide du monde, ne pouvaient plus être utilisés comme garantie, même pour des prêts au jour le jour, sans payer un taux d’intérêt exorbitant.

En janvier 2020, après un délai de six mois, l’économie mondiale était prête à s’effondrer. Cet événement aurait eu des conséquences politiques dévastatrices s’il n’y avait pas eu un événement fortuit qui a permis aux gouvernements du monde entier de crier “Regardez, un écureuil !”,faisant dire à tout le monde “Quel écureuil ?” tout en regardant autour de soi dans la confusion. Au lieu d’être contraints d’accepter la responsabilité d’un effondrement économique sur lequel ils n’avaient aucun contrôle, ces gouvernements ont choisi de fermer les transports aériens, de fermer les frontières nationales, d’imposer des fermetures, des confinements et des couvre-feux, et de prendre d’autres mesures économiquement destructrices, devançant en actes le rouleau compresseur de l’effondrement économique au lieu de le laisser simplement passer sur eux.

Le coronavirus mérite une standing ovation pour ce travail bien fait. Au lieu de l’enchevêtrement apparemment inévitable de l’effondrement financier, commercial et politique, il a permis aux gouvernements du monde entier de mettre en place un arrêt contrôlé d’une grande partie de l’économie et d’empêcher le château de cartes financier de s’écrouler d’un seul coup tout en maintenant un minimum de contrôle, ou du moins l’apparence de contrôle. Mais ce faisant, ils ont fait un marché faustien : les politiciens permettent à la bête sauvage qu’est le coronavirus, dirigée par ses intrépides épidémiologistes, de les traîner dans un jardin au bout duquel se trouve quelque chose qu’ils ne peuvent pas encore voir, mais pour certains d’entre eux cela pourrait bien être la guillotine.

Ils prétendent nous sauver de quelque chose qui pourrait tuer jusqu’à 0,005 % d’entre nous dans un contexte où le taux de mortalité est de 0,95 %. Autrement dit, pour chaque 190 d’entre nous qui mourront cette année, un mourra du coronavirus et les autres d’autres causes. Mais cela surestime le risque, puisque même cette personne serait bientôt morte d’autre chose, car le coronavirus ne tue pas des personnes par ailleurs en bonne santé. Les politiciens peuvent essayer de faire croire que chaque vie est précieuse et que la sauver justifie un sacrifice quelconque, mais beaucoup de décès dus à d’autres causes sont bien plus courants et bien plus faciles à prévenir, et pourtant ils ne sont pas considérés comme nécessitant des actions précipitées et économiquement destructrices.

Les politiciens, et les épidémiologistes qui leur chuchotent à l’oreille, sont maintenant engagés dans une tentative désespérée de sauver la face, continuant à prétendre que les restrictions qu’ils ont imposées ont contenu la pandémie de coronavirus, ou du moins l’ont ralentie, et leur ont ainsi permis de gagner du temps pour se préparer à la combattre bec et ongles. Mais chaque jour qui passe, il devient de plus en plus évident que les dommages causés à la société par les conséquences involontaires des mesures de lutte contre le coronavirus, telles que l’accès aux soins médicaux, les difficultés dues au chômage et bien d’autres, entraînent des pertes de vies humaines plus importantes que celles dues au coronavirus lui-même. Nous pouvons plaindre les pauvres politiciens qui ont eu recours à la ruse du coronavirus pour éviter d’assumer la responsabilité de l’effondrement en cours, ou nous pouvons remercier le coronavirus d’avoir fourni l’écran de fumée nécessaire pour éviter, ou du moins pour différer, l’effondrement politique.

Certains politiciens pourraient utiliser la ruse du coronavirus à leur avantage en choisissant un moment stratégique – lorsque la pandémie est en grande partie terminée – pour mettre le holà aux amateurs de coronavirus, en commençant par l’Organisation Mondiale de la Santé et en poursuivant aussi tous les épidémiologistes locaux de haut rang qui ont suivi ses conseils. L’OMS est pour l’instant une cible facile, car ils se sont constamment trompés en terme de prévisions et de prescriptions. Ses politiques ont été une parodie, et il devrait être facile pour les démagogues de prétendre qu’elle a été criminellement négligente, puisque, comme on pourrait le supposer de manière mensongère, les mesures qu’elle a dictées ont provoqué l’effondrement de l’économie.

De telles manœuvres politiques ne sont pas sans précédent. Joseph Staline, par exemple, a conclu ses purges mondialement connues par une purge complète des commissaires qui les ont menées. On a dit qu’ils avaient outrepassé leur autorité, et Staline a donc signé leurs arrêts de mort et les a tous fait fusiller. Malgré toute sa puissance, Staline n’aurait probablement pas pu survivre s’il avait essayé de se débarrasser directement d’eux. Vous trouverez peut-être ces manœuvres machiavéliques un peu dures, mais nous parlons alors d’un leader dont le nom de guerre, Staline, signifie “homme d’acier” (son vrai nom de famille était Djougachvili).

Il se pourrait donc très bien que certains des dirigeants politiques les plus avisés saisissent cette occasion, surfent sur la crête de la colère populaire une fois que la pandémie sera largement passée et que la dévastation économique deviendra évidente, et déclarent l’OMS, ainsi que tous ceux qui naviguent dans son sillage, comme organisation terroriste. L’OMS est un consortium d’intérêts financiers qui contrôle les grandes entreprises pharmaceutiques et qui est soutenu dans une large mesure par un oligarque particulièrement odieux – Bill Gates de Microsoft. Pour moi, Gates est la preuve vivante qu’un idiot peut être diabolique.

Il a gagné sa fortune grâce à un plan de corruption par lequel sa société a obtenu le monopole sur les systèmes d’exploitation des ordinateurs personnels IBM, ce qui lui a permis de prélever une “taxe Microsoft”. Ses incursions ultérieures dans l’éducation semblent avoir été destinées à rendre le monde sûr pour Microsoft en conditionnant des générations de jeunes à supporter les produits de Microsoft, implacablement défectueux et généralement inférieurs. (J’ai boycotté Microsoft pendant les 20 dernières années avec d’excellents résultats.)

Aujourd’hui, Gates semble être le fer de lance d’un mouvement visant à immuniser tout le monde contre tout et n’importe quoi, jusqu’aux virus qui provoquent le rhume (qui se trouvent être des inoculants parfaitement efficaces et librement disponibles contre eux-mêmes). J’espère que les dirigeants nationaux du monde entier s’uniront pour interdire l’OMS, auquel cas nous devrons remercier le SRAS-CoV-2 d’avoir contribué à ce que cela se produise.

Mais il y a bien d’autres choses dont nous devons être reconnaissants. Tout d’abord, malgré toute la mauvaise publicité dont il a fait l’objet, le SRAS-CoV-2 (“n°2”en abrégé) est gentil et bien élevé. Il apporte un rapide coup de grâce aux personnes âgées et aux malades – tous ceux qui s’attendraient à une existence particulièrement désagréable après un effondrement économique. On ne peut pas faire grand-chose pour ceux qu’il décide de tuer. En les branchant à des appareils de ventilation pulmonaire artificielle, on prolonge leur agonie, mais 9 sur 10 d’entre eux meurent de toute façon. Certains pourraient dire que “n°2”a été envoyé sur Terre par un Dieu compatissant qui aime l’humanité et s’efforce de nous rendre plus jeunes et en meilleure santé alors que nous nous préparons à des temps difficiles, mais l’OMS s’est alors impliquée et a fait échouer le brillant plan de Dieu en convainquant les gouvernements de tout fermer et d’enfermer tout le monde.

Mais ensuite, d’autres pourraient dire que tout fermer et enfermer tout le monde fait partie du brillant plan de Dieu. Comme je l’ai expliqué plus haut, l’effondrement financier et économique devait se produire indépendamment de l’arrivée de “n°2”sur la scène, et la meilleure réponse à l’effondrement économique est de fermer toutes les activités non essentielles, comme le tourisme, la publicité, les spectacles, le shopping de luxe, le toilettage des chiens, les massages érotiques, etc. Une autre réponse parfaitement légitime à l’effondrement économique consiste à rapatrier des personnes, puis à fermer les frontières nationales, afin de bloquer le flux de migrants économiques en provenance de pays condamnés vers des pays qui ne le sont peut-être pas – du moins pas encore.

Vu sous cet angle, le “n°2”a été des plus utiles pour fournir la couverture politique nécessaire et générer un climat de peur suffisant, permettant d’imposer un niveau d’austérité qui n’aurait pas été toléré autrement et qui aurait conduit à des émeutes et des révolutions dans de nombreux endroits, par opposition aux émeutes dans certains endroits seulement, comme Lansing, dans le Michigan. Un autre effet du “n°2”a été de mettre à l’épreuve différents pays, sociétés et cultures politiques, afin de voir lesquels resteront des concurrents dans un monde post-coronavirus et lesquels doivent commencer à chercher un endroit confortable où se blottir à la lisière de l’histoire. La réaction au “n°2”aux USA (ou plutôt à l’effondrement que le “n°2”a servi à masquer) a produit un taux de chômage d’environ 25 % (et cela s’ajoute à un taux de sous-emploi – les travailleurs dits “découragés” – de 25 % supplémentaires) et des taux de mortalité très élevés dû à “n°2”, car le ridicule système de services médicaux à but lucratif en place s’est effondré. Des résultats tout aussi épouvantables ont été obtenus dans d’autres pays occidentaux qui, jusqu’à présent, ont été vantés comme disposant de merveilleux systèmes médicaux.

Comparez cela à la Russie prétendument arriérée, qui vient de sortir de six semaines d’auto-isolement qui, pour la plupart des gens, se résumait à des vacances payées sans loyer, avec une exonération d’impôts et de dettes et une généreuse allocation pour la garde d’enfants versée par un fonds de stabilisation national. Là-bas, des tests à grande échelle ont révélé un grand nombre de cas “n°2”, mais la Russie a cependant un taux de mortalité “n°2”si bas que son système médical fait maintenant l’envie du monde entier. À la réouverture de la frontière, la Russie est elle aussi confrontée à une tâche redoutable, car elle ne peut plus demander au reste du monde de payer des taxes au nom de ses citoyens en taxant ses exportations d’hydrocarbures, du moins à court terme, en raison d’une surabondance temporaire. À plus long terme, elle pourrait se heurter à un problème similaire en raison du manque de partenaires commerciaux solvables. Elle sera plutôt contrainte de se tourner vers le développement interne, le remplacement des exportations et une autarcie limitée. Si elle y parvient, elle devra remercier le “n°2”de lui avoir accordé une période de relative normalité qui lui a permis de se mobiliser et de planifier. Elle devra également remercier le “n°2”d’avoir détruit l’un de ses principaux concurrents, la zone de schiste aux États-Unis.

Cette période de relative normalité entre l’arrivée mystérieuse du “n°2”et son départ tout aussi mystérieux sera très probablement relatée avec un sentiment de nostalgie – un calme avant la tempête, pendant lequel les gens ont pu rester à la maison et jouer avec leurs enfants. C’est un moment de réflexion : des masses de plancton de bureau ont eu l’occasion de revenir sur leur vie d’avant la tempête, sur leur existence de quasi-drone pousseurs-de-boutons ponctuée de séances de shopping compulsifs pour des choses dont ils n’avaient pas besoin, de séjours de deux semaines sous les tropiques et de temps libre rempli d’“infotainement”vaporeux, et de réaliser qu’ils ne sont plus nécessaires et que leur séjour dans l’enfer de la consommation est désormais terminé.

Outre les planctons des bureaux, toute l’industrie du tourisme, qui s’est employée à transformer le plus grand nombre possible de destinations en destinations touristiques, toutes identiques (c’est-à-dire touristiques), n’est plus vraiment nécessaire non plus si tout le monde doit maintenant faire des économies en restant chez soi. Il en va de même pour les restaurateurs, qui en sont réduits à offrir des services de livraison de nourriture, qui ne sont plus vraiment nécessaires alors que les gens réapprennent à cuisiner à partir de zéro – une compétence très utile dans un monde où les gens ont plus de temps que d’argent. De même avec les enseignants et les instructeurs de tous types, maintenant que les parents se rendent compte que l’enseignement à distance ne fonctionne pas vraiment (et, pour aller plus loin, que l’éducation en général ne fonctionne pas non plus vraiment) et que l’enseignement à domicile peut fonctionner beaucoup mieux.

Au-delà de la simple pression sur le bouton “supprimer” d’un grand nombre de fonctions non essentielles (ou, pour parler franchement, inutiles et contre-productives), le “n°2”a donné aux gens une chance de se ré-humaniser. Les gens sont des animaux sociaux et il est essentiel que les adultes puissent se frotter à d’autres humains dans un bar et que les enfants puissent jouer ensemble sur un terrain de jeu. Il y a eu une mode passagère de personnes assises ensemble mais s’ignorant en regardant leur smartphone, mais une autre bonne et longue période à être assis seul dans une pièce en regardant un smartphone est généralement suffisante pour que la plupart des gens aspirent à de véritables contacts humains. Cette demande refoulée d’une véritable interaction humaine est utile pour faire comprendre ce que sont réellement les communautés numériques et les réseaux sociaux : une fausse sociabilité.

Auparavant, les gens affluaient dans les villes, pour voir et être vus, et étaient prêts à payer des loyers exorbitants pour vivre dans de minuscules placards, mais qu’y a-t-il à voir maintenant que les rues des villes sont pour la plupart vides, que la plupart des lieux sont fermés, et que les quelques personnes que vous pourriez voir lorsque vous vous aventurez dehors sont muselées par des masques faciaux, se tiennent à deux mètres les unes des autres et sont obligées de suivre des règles strictes sur le moment et l’endroit où elles peuvent ou ne peuvent pas être et sur ce qu’elles peuvent ou ne peuvent pas faire ? C’est ainsi que les nombreux charmes de la campagne commencent à attirer les gens loin des villes. En fait, partout où de nombreuses personnes possèdent un logement à la campagne, il y a eu un exode vers la campagne. De même, dans les pays disposant d’une infrastructure numérique développée, de débits de données à des prix raisonnables et d’un accès 3G ou meilleur partout, il s’est avéré que la plupart des citadins peuvent être tout aussi productifs à la campagne qu’en ville, mais à un coût bien moindre pour eux-mêmes et pour l’environnement.

Même si ce n’est pas le cas aujourd’hui, je prédis que dans quelques mois, nous nous souviendrons avec nostalgie de ce moment particulier où les gouvernements du monde entier ont inexplicablement fermé leurs frontières et leurs économies pour sauver leurs populations d’un virus pas particulièrement mortel. Mais ça ne sera possible que si les gens ont le luxe de prendre le temps de regarder en arrière, car beaucoup de choses vont se passer rapidement alors que la planète se reconfigure rapidement. Vous souvenez-vous des problèmes urgents auxquels nous étions confrontés le 1er janvier 2020 ? Ce qui semblait important à l’époque l’est-il toujours ? Aussi étrange que cela puisse paraître, cette période, où rien ne s’est encore vraiment passé, est à votre portée. C’est une pause qui rafraîchit. N’oubliez pas de remercier le “n°2”de vous avoir donné une si merveilleuse excuse pour éviter la réalité de l’effondrement pendant encore un petit moment.

 

15 mai 2020, Club Orlov– Traduction du Sakerfrancophone

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Détournement cognitif de Covid19

Les Carnets de Dimitri Orlov

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Détournement cognitif de Covid19

Ces derniers jours, je me suis retenu de commenter les événements actuels, qui tournent tous autour de la panique liée au nouveau coronavirus, et de faire autant de recherches que possible parce que le fond de ce qui se passe n’est pas clair pour moi.

Pourquoi arrêter l’économie mondiale à cause d’un virus qui n’est pas particulièrement dangereux et qui n’a été responsable que d’un peu plus de 1% des décès jusqu’à présent cette année et qui n’a touché que 0,04% de la population et n’en a tué que 0,0028% ?

• Pourquoi mettre en quarantaine des personnes en bonne santé au lieu de mettre en quarantaine uniquement les personnes âgées et les malades (en Suède, pour prendre un exemple typique, 90% des cas mortels se trouvaient parmi les personnes de plus de 70 ans) ?

• Pourquoi fermer les écoles et enfermer les enfants à l’intérieur s’ils ne tombent même pas malades à cause de ce virus ?

• Pourquoi dire aux gens de rester à l’intérieur alors que le manque de soleil, d’exercice et d’exposition à une grande variété d’antigènes entraîne un affaiblissement du système immunitaire et des taux d’infection plus élevés ?

• Pourquoi lutter pour créer un vaccin et vacciner tout le monde alors que ce virus se trouve être un inoculant sûr, efficace et librement disponible contre lui-même pour la grande majorité des personnes en bonne santé ?

• Pourquoi mettre l’accent sur la ventilation pulmonaire artificielle alors que (à New York, par exemple) 80 % des patients qui sont branchés à des machines de traitement du VPA meurent ?

• Pourquoi dire à tout le monde de porter un masque facial alors qu’il n’arrête que 95 % des particules virales (au mieux) et ainsi retarder le temps nécessaire pour être infecté de 10 secondes à trois minutes au maximum ?

Après quelques recherches et réflexions, j’ai pu arriver à une réponse unique à toutes ces questions. Mais d’abord, examinons certaines d’entre elles.

Tout d’abord, abordons la question de la  vaccination. Il existe un vaccin contre la rougeole, mais elle tue 140 000 personnes par an. Il existe un vaccin contre le pneumocoque, mais il tue entre 2 et 2,5 millions de personnes par an. Il existe un vaccin contre l’hépatite B, mais elle tue 140 000 personnes. Il existe un vaccin contre le tétanos, mais il tue 89 000 personnes par an. Il existe un vaccin contre le rotavirus, mais il tue 800 000 personnes. Il existe un vaccin contre le  HPV, mais il tue 250 000 personnes. Il existe un vaccin contre la tuberculose, mais elle tue 1,5 million de personnes. Il existe un vaccin contre la grippe, mais elle tue entre 650 000 et 1 million de personnes par an. Aucun de ces décès n’est considéré comme une pandémie, n’entraîne la fermeture d’économies entières ou ne nécessite de mesures extraordinaires.

Et puis il y a le nouveau coronavirus qui a tué 218 187 personnes à ce jour (la grande majorité d’entre elles étant très âgées et/ou très malades) – et on considère que c’est un problème à résoudre avec toute la hâte possible. Certains experts en maladies infectieuses ont suggéré que toute la population pourrait être obligée de se confiner en attendant qu’un vaccin soit disponible. En attendant, les décès dus au nouveau coronavirus s’inscrivent largement dans le cadre de la mortalité habituelle de la saison de la grippe. L’hiver dans l’hémisphère nord a été plus chaud que d’habitude, et le nouveau coronavirus a provoqué la mort de certaines personnes âgées et malades qui auraient été tuées par l’un des virus grippaux habituels (y compris d’autres coronavirus) au cours de l’une des trois saisons de la grippe précédentes.

Mais même cela est incertain car on ne sait pas si ces 218 187 décès ont été réellement causés par le coronavirus ou si le coronavirus était simplement présent dans leur corps au moment du décès. En outre, de nombreuses personnes ont été diagnostiquées comme souffrant de ce coronavirus sur la base de symptômes qui ne sont pas trop différents de ceux causés par d’autres agents viraux. Enfin, la grande majorité des personnes qui en sont mortes présentaient ce que l’on appelle des comorbidités. Les personnes âgées immunodéprimées, les diabétiques obèses morbides souffrant d’hypertension, de cancer et d’autres affections potentiellement mortelles ont été particulièrement sensibles. Si vous écartez tous les cas mortels de comorbidités et que vous ne prenez en compte que les jeunes en bonne santé, le nombre de décès dont le nouveau coronavirus est manifestement la cause première peut s’avérer aussi bas que zéro.

Les cas confirmés de nouveaux coronavirus sont moins de 3 147 626 dans le monde, soit 0,04 % de la population mondiale. Cela correspond à peine à une toux et un éternuement. Avec la propagation de ce virus dans le monde, l’augmentation du nombre de cas a ralenti, mais le nombre de cas confirmés pourrait encore doubler, voire tripler, ce qui représente jusqu’à trois toux et trois éternuements. Mais c’est alors que l’Organisation mondiale de la santé entre en jeu. L’OMS utilise gratuitement des appellations telles que “monde” et “santé”, mais elle est en fait une entité semi-privée, richement financée par Bill Gates et Big Pharma, qui est détenue par une poignée d’entités oligarchiques très proches les unes des autres, dont Vanguard, BlackRock, Capital Group, Morgan Stanley, Goldman Sachs, Northern Trust et State Street, qui à leur tour se possèdent mutuellement de diverses manières alambiquées. La principale fonction de l’OMS est d’effrayer les gens pour qu’ils se fassent vacciner et acceptent des régimes médicamenteux coûteux (dont au moins la moitié ne servent à rien), canalisant ainsi les ressources vers les grandes entreprises pharmaceutiques.

L’Organisation mondiale de la santé établit des seuils pour déterminer s’il faut déclarer comme épidémie une grippe qui touche entre 2,5 % et 5% de la population. Le nouveau coronavirus rate cette cible de beaucoup, mais l’OMS a déclaré qu’il était à l’origine d’une pandémie mondiale. Si cela semble être une réaction excessive extrême, c’est qu’il s’agit d’une réaction excessive extrême. Certaines personnes ayant l’esprit conspirationniste peuvent supposer qu’il s’agit d’une conspiration, mais ce n’est pas le cas. Il s’agit d’une nouvelle tentative flagrante de confisquer une partie de la richesse mondiale en exigeant qu’elle achète quelque chose qui n’a aucune valeur, tout comme cet ensemble d’intérêts médicaux/financiers l’ont fait avec le médicament antiviral Tamiflu, relativement sans valeur, lors de la pandémie de grippe porcine H1N1 de 2009-2010, qui n’a causé que 18 036 décès dans le monde. Il s’agit d’un cas spécifique qui permet la poursuite par un groupe de ses propres intérêts.

Il existe d’autres intérêts disparates qui poursuivent leurs propres objectifs en luttant (ou en essayant, ou en faisant semblant de lutter) contre l’horrible, terrible et nouveau fléau mondial des coronavirus qui pourrait facilement emporter 0,005% de la population mondiale et jusqu’à 0,05% des septuagénaires de la planète.

Les Chinois ont saisi l’occasion de l’épidémie de ce nouveau coronavirus pour s’entraîner à repousser une attaque de guerre biologique. Prétendre que ce coronavirus est effectivement l’agent d’une attaque de guerre biologique revient à défendre quelque chose d’extrêmement stupide, car il n’est tout simplement pas efficace en tant qu’agent de guerre biologique. Il est presque aussi mauvais que le Novichok, dont on disait qu’il pouvait anéantir des armées entières, mais qui n’a réussi à rendre malades que cinq personnes et à en tuer une seule. Peu importe que ce coronavirus se soit échappé d’une chauve-souris morte ou d’un laboratoire de guerre biologique, ou des deux – il n’est tout simplement pas bon comme arme. Mais le gouvernement chinois a imposé des contrôles extrêmes, sans précédent, sur une grande partie de la population et de l’économie. Les Russes ont suivi, à la différence que si les Chinois ont considéré ces mesures extrêmes comme temporaires, en mettant en place des hôpitaux de fortune, les Russes les ont saisies comme une chance d’améliorer fondamentalement l’ensemble du système de soins de santé, en le mettant en place pour gérer efficacement toute future attaque de guerre biologique.

Ce faisant, les Chinois et les Russes ont poursuivi des objectifs différents. Les Chinois doivent trouver un moyen d’arrêter d’expédier de véritables produits manufacturés physiques aux États-Unis en échange de morceaux de papier ou de promesses de paiement, qui sont tous sur le point de devenir sans valeur, sans déclencher une dangereuse escalade. La nécessité de le faire avec toute la hâte nécessaire est devenue évidente à la mi-août 2019, lorsqu’il s’est avéré que les banques ne voulaient plus accepter les titres de créance du Trésor américain comme garantie pour les prêts au jour le jour. Il s’agissait soi-disant des investissements les plus sûrs au monde qui constituaient le marché financier le plus important et le plus liquide du monde – jusqu’à ce qu’il s’avère qu’ils ne l’étaient plus.

Les exportations de la Chine vers les États-Unis représentaient environ 20% de ses exportations totales, et ce chiffre devait être réduit. Alors que l’Occident tout entier se dirige vers une récession économique majeure, la Chine a également dû réorienter partiellement son économie en abandonnant les exportations au profit de l’investissement et de la consommation de capitaux intérieurs. La panique mondiale et la relance économique provoquées par le nouveau coronavirus ont contribué à réduire la dépendance de la Chine à l’égard des États-Unis tout en se cachant derrière l’écran de fumée d’un incident de force majeur plausible.

Les objectifs de la Russie pour alimenter la panique provoquée par le coronavirus sont quelque peu différents de ceux de la Chine. Contrairement à la Chine, dont l’affrontement militaire avec les États-Unis s’est limité à des positions autour des routes maritimes et au contrôle des îles Spratley, la Russie a été contrainte de faire face à une tentative plus sérieuse du Pentagone de relancer la guerre froide. Des troupes de l’OTAN ont organisé des exercices d’entraînement à portée d’artillerie de la deuxième ville de Russie, des instructeurs de l’OTAN ont formé et armé des nazis ukrainiens qui bombardent des détenteurs de passeports russes habitant les parties orientales de la région ukrainienne, et le Pentagone a mis en place et fait fonctionner plusieurs laboratoires de guerre biologique américains dans certains des pays voisins de la Russie.

À l’heure actuelle, aucune guerre nucléaire ou conventionnelle entre la Russie et les États-Unis n’est probable. Les États-Unis n’ont jamais développé la capacité de gagner un conflit nucléaire avec la Russie en utilisant une première frappe préventive et les États-Unis ne pourraient même pas rêver de conquérir la Russie dans une guerre terrestre. La guerre biologique reste donc la seule ligne de conduite possible pour le Pentagone s’il décide d’attaquer la Russie, et les Russes semblent avoir pris cette menace très au sérieux. En réponse, les États-Unis ont fait preuve d’une fébrilité abjecte face à la pandémie de coronavirus, au point d’être contraints d’accepter l’aide humanitaire russe acheminée par avion de transport militaire, pour ne rien arranger.

Alors que la Chine doit résoudre le problème de la réorientation de ses flux d’exportation pour s’éloigner des États-Unis, qui sont sur une trajectoire de faillite rapide, et de liquidation de sa réserve de papier financier libellé en dollars, la Russie n’a pas de tels problèmes, puisqu’elle fait très peu de commerce avec les États-Unis et a liquidé ses réserves libellées en dollars. Toutefois, malgré les efforts déployés pour diversifier ses relations commerciales, elle continue à faire beaucoup de commerce avec l’UE, qui est en pleine crise. Grâce aux sanctions occidentales qui lui ont été imposées en 2014 à l’occasion de sa réunification avec la Crimée, ainsi qu’aux contre-sanctions qui ont suivi, elle a mis en œuvre une politique réussie de remplacement des importations. Maintenant que les économies occidentales sont en faillite, elle doit également mettre en œuvre une politique de remplacement des exportations, en réorientant les flux de ressources et de production vers la consommation intérieure, en adoptant davantage le concept d’autarcie limitée. Ce n’est pas une tâche mineure, et le coronavirus fournit un écran de fumée utile derrière lequel l’économie peut être mise en mode manuel, de sorte que le gouvernement puisse diriger efficacement le processus de transformation de l’économie.

Si la Chine et la Russie semblent pouvoir trouver des utilisations constructives à la pandémie de coronavirus, ses fonctions pour l’UE et pour les États-Unis semblent entièrement destructrices pour ces deux entités politiques. Dans le cas de l’UE, la pandémie a donné aux nations constitutives une chance de réaffirmer leur souveraineté, tandis que la bureaucratie centrale à Bruxelles s’est révélée incapable de toute réponse constructive, fermant tardivement les frontières de l’UE même après que la plupart des pays l’aient déjà fait de leur propre chef. Le sentiment anti-européen monte en Italie et ailleurs, et il commence à sembler plus probable que le Brexit ait déclenché l’effet domino de sorties de l’UE par d’autres pays. Cela permettra à divers pays européens de se libérer du joug des “valeurs européennes universelles” et de trouver leur propre voie en formulant des politiques plus saines sur des questions telles que la migration et en négociant des relations commerciales bilatérales à l’intérieur et à l’extérieur de l’Europe.

Aux États-Unis, la pandémie est utilisée pour poursuivre une sorte de guerre civile, les Démocrates essayant de l’utiliser, avec le crash économique qui se déroule de pair, pour détrôner Trump et le remplacer par un autre cadavre politique. Pendant ce temps, les dirigeants des différents États trouvent de moins en moins de terrain d’entente avec les autorités fédérales et s’emparent de plus en plus de pouvoir politique pour eux-mêmes, tout en prévoyant de suivre des voies différentes.

La liste des acteurs qui utilisent la pandémie de coronavirus pour leurs objectifs très différents et souvent contradictoires peut être étendue pratiquement à l’infini. Mais qu’en est-il si nous essayons d’exclure le terme commun, pour utiliser une métaphore mathématique ? Quel facteur apparaît dans chaque terme de l’équation et peut donc être déplacé en dehors des parenthèses ? C’est le facteur de contrôle absolu : restrictions de mouvement, restrictions de comportement, restrictions de ce que les entreprises peuvent exploiter, et tests médicaux constants.

Comme je l’ai écrit dans mon livre « Réduire la Technosphere », « La raison de prolonger la vie le plus longtemps possible, aussi peu logique soit-elle, se trouve dans la téléologie abstraite du contrôle total. La contrainte de la technosphère est de tout contrôler. Il est inacceptable pour elle que les personnes âgées décident seules du moment de leur mort. La mort ne peut pas être laissée à un jugement subjectif, elle doit être le résultat objectif d’un processus technique et mesurable. »Dans ce livre, j’ai défini la technosphère comme « …une intelligence mondiale émergente qui déteste toutes les formes de vie, aime la physique et la chimie, déteste tout ce qu’elle ne peut pas dominer ou contrôler, est capable d’utiliser les humains à ses propres fins, mais est tout à fait prête à les tuer quand ils ne sont plus nécessaires ou quand ils se mettent en travers de son chemin, ce qu’elle peut facilement faire parce que ses technologies les plus avancées et les plus efficaces sont ses technologies de mise à mort – armes conventionnelles, nucléaires et chimiques ; guerre bactériologique ; et technologies politiques qui envoient les gens au combat. »

Étant donné que la réaction excessivement dure au nouveau coronavirus est un phénomène mondial, l’imposition de mesures de contrôle totalitaires peut être considérée comme la manifestation d’une intelligence mondiale émergente qui transcende les intérêts étroits d’un pays ou d’un groupe de pays mais suit un programme qui lui est propre. Qu’est-ce qui pourrait pousser la technosphère à s’emporter de la sorte ?

Il existe deux processus mondiaux importants qui, s’ils affecteront particulièrement les États-Unis, dépassent largement leurs frontières géographiques. Le premier est le processus encore relativement progressif de détrônement du dollar américain de sa position dominante. Jusqu’à ce que la pandémie de coronavirus ne perturbe une grande partie de l’économie mondiale, la plupart de ses participants étaient intéressés par la préservation d’une certaine stabilité du système dollar. Mais maintenant que les échanges commerciaux ont déjà été perturbés, une ouverture a été créée pour faire baisser le dollar sans nécessairement causer de dommages économiques bien pires que ceux qui existent déjà. Les actions de la Réserve fédérale, qui est en train de monétiser une grande partie de la dette publique américaine existante et la quasi-totalité de la nouvelle dette émise pour couvrir le déficit budgétaire sans cesse croissant, sapent également le dollar. Bien que l’expression “monétisation de la dette” soit utilisée pour décrire ce qui se passe, l’émission d’une monnaie avec laquelle on peut acheter des billets à ordre sans valeur étend la définition de la “dette” au-delà de toute limite raisonnable, alors que la “monétisation” est un terme bien trop digne pour une tactique dilatoire aussi désespérée. En conséquence, certains analystes ne voient pas le système financier mondial basé sur le dollar américain tenir trop longtemps au-delà de cette année.

L’autre processus est la transition rapide des États-Unis du plus grand producteur mondial de pétrole à l’un des plus petits, parce que la manne de la fracturation a largement suivi son cours. Ce type de production n’a jamais vraiment rapporté d’argent, car le pétrole issu de la fracturation hydraulique est, pour des raisons technologiques, toujours trop cher pour soutenir la croissance économique. Aujourd’hui, alors qu’une dépression économique s’installe, que les économies sont au point mort et que les contrats à terme sur le pétrole se négocient en territoire négatif (où les acteurs du marché sont prêts à payer les producteurs pour ne pas prendre livraison du pétrole à l’échéance du contrat), l’industrie de la fracturation fait faillite, la production chute et, dans moins d’un an, elle devrait avoir baissé de 70 %. À ce moment-là, toute tentative de reprise économique aux États-Unis impliquera de commencer à importer de grandes quantités de pétrole à partir d’un approvisionnement mondial qui, à l’exception du pétrole issu de cette fracturation aux États-Unis, n’a pas beaucoup augmenté depuis 2005.

De nouveau dans « Réduire la Technosphere : « Du point de vue de la technosphère, la biosphère est simplement là pour lui fournir des ressources et des services. Son point de vue sur la biosphère démontre le déficit mental frappant de la technosphère : elle est incapable de voir les limites. Tant qu’elle ne les rencontre pas, elle ne peut pas les voir, et suppose que les ressources naturelles sont infinies. Et lorsqu’elle se heurte à ces limites, elle traite invariablement le problème comme un problème financier. Par exemple, lorsque les prix du pétrole ont augmenté, on a automatiquement supposé que le problème n’avait rien à voir avec l’épuisement des ressources mais qu’il était entièrement dû au manque d’investissement dans l’industrie pétrolière. Certes, l’augmentation des investissements a finalement entraîné une augmentation de la production et un marché pétrolier saturé, mais le fait que l’augmentation des investissements soit devenue nécessaire avait tout à voir avec l’épuisement des ressources : les ressources qui pouvaient être produites le moins cher ont été les premières à s’épuiser. De plus, l’effet de l’augmentation des investissements est temporaire ; comme la rouille, l’épuisement des ressources ne dort jamais, et à un moment donné, le niveau des dépenses nécessaires pour maintenir la production devient incroyablement élevé. »

Ici, je souhaite me corriger : la technosphère peut en effet voir des limites physiques. En 2019, il semble que l’on se soit rendu compte que la manne pétrolière aux États-Unis a pratiquement fait son temps et qu’il ne serait plus possible d’accroître l’utilisation du pétrole, et donc l’expansion économique. Mais un régime mondialisé ne peut être maintenu sans une expansion constante. La seule solution est que la technosphère se fracture en zones, dont certaines peuvent ensuite être désengagées et privées d’accès au pétrole. Pour réaliser ce plan, il a fallu mettre la planète entière sous clé, et la seule façon d’y parvenir est d’effrayer tout le monde avec un virus supposé mortel.

Un dernier extrait de mon livre : « … Il devient nécessaire pour la technosphère d’appliquer périodiquement une certaine discipline, afin d’éviter que le rêve d’un progrès technologique infini au service de l’humanité ne commence à sembler un peu délabré. Pour ce faire, il faut présenter toute alternative au progrès infini comme un désastre absolu : c’est soit le contrôle total, soit l’apocalypse. Il existe de nombreuses variantes de l’apocalypse, avec des combinaisons variées d’astéroïdes, de zombies, de virus mortels, d’extraterrestres, de trombes marines à requins au-dessus de Los Angeles… la liste est infinie. »

La technosphère a regardé la liste et a choisi des « virus mortels ». Et voilà, vous l’avez.

Il vous sera peut-être difficile d’intégrer le concept d’une intelligence mondiale émergente qui transcende les limites de chaque nation, continent et civilisation. Vous ne le verrez peut-être pas, mais une fois que vous l’aurez vu, il est peu probable que vous puissiez l’ignorer parce qu’elle est trop évidente. Elle est plus qu’évidente : elle vous est directement présentée. Peut-être serait-il plus facile pour vous de la considérer comme une sorte de psychose de masse qui a besoin d’être soignée. Ou peut-être préféreriez-vous la considérer comme un cas de possession démoniaque nécessitant un exorcisme :

« Et Jésus lui demanda : “Quel est ton nom ?” Et il dit : “Légion” ; car de nombreux démons étaient entrés en lui. Ils l’imploraient de ne pas leur ordonner de s’en aller dans l’abîme. […] Et les démons sortirent de l’homme et entrèrent dans un troupeau de porcs ; et le troupeau se précipita sur la rive escarpée dans le lac et se noya. » (Luc 8:30-31, 33.)

Quelle que soit la métaphore choisie, la première étape est de libérer son propre esprit. Une fois que vous l’aurez fait, vous réaliserez peut-être que le fiasco mondial des coronavirus de 2020 n’a pas été sans avantages. Par exemple, de nombreuses personnes dans le monde entier, qui sortent du confinement du au coronavirus, ont certainement pris conscience de certains de ces avantages :

• L’internet ne remplace pas les contacts en face à face.

• Une ville devient facilement une prison et la campagne est un meilleur choix pour les personnes qui veulent rester libres.

• L’économie n’a pas autant d’importance que le fait d’être parmi des gens qui sont prêts à s’entraider.

 

1er Mai 2020, Club Orlov, – Traduction du Sakerfrancophone

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Source : Dedefensa.org | Les Carnets de Dimitri Orlov | Detournement cognitif de Covid19

Un commentaire sur “Le coronavirus de la bonté | Les Carnets de Dimitri Orlov Dedefensa.org   Les Carnets de Dimitri Orlov | Detournement cognitif de Covid19

  1. Baumann Joel-Nachshon
    Le Bon Coronavirus asciatique vous offre une bibine de Classe en vous fredonnant : « Nuit de Chine, nuit câline, Nuit d’Amouuuur .. » alors que le Vilain Canardauvis Russe vous empale sur son poteau d’Éxécultion Vrillé en hurlant l’Hymne Virile de la Légion Étrangère  »Tiens t’auras du boudin… »

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