» Burke, la Russie et les transgenres, par Emmanuel Todd

5.avril.2019 // Les Crises

Burke, la Russie et les transgenres, par Emmanuel Todd

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Edmund Burke (1729 – 1797) est un homme politique et auteur britannique. Outre son ouvrage sur la Révolution française, qui a assuré sa célébrité posthume, on lui doit notamment un ouvrage de philosophie esthétique.

Cet article est tiré de l’excellente Revue Books (02/19), que nous vous recommandons (lire ici, et newsletter ici) :

Merci à Baptiste Touverey pour son travail et son autorisation de reprise.

Depuis trois siècles, il n’existe qu’un seul foyer authentiquement révolutionnaire sur la Planète : le monde anglo-saxon. Et qu’un seul contrepoids véritable à sa frénésie disruptive : la Russie, dont la prudence, inévitablement, irrite.

Le Britannique Edmund Burke, on le sait, est l’un des pères de la pensée conservatrice. Il a été l’un des premiers – dès l’automne 1790 – à proposer une critique, restée célèbre, de la Révolution française. Il dénonçait un projet théorique, systématique, théologique, abstrait. Le mot qui revient le plus sous sa plume pour décrire l’objet de son aversion est celui de « métaphysique ». Il lui oppose un concept, un seul : celui de « raisonnable ». A une époque – la nôtre – où l’on vit de nouveau en plein projets métaphysiques – l’euro, l’Union européenne – qui nient la réalité historique et anthropologique des nations et envisagent de faire disparaître tous les encadrements traditionnels, il peut être tentant de revenir à une vision burkienne du monde, d’essayer de retrouver, face aux politiques de la table rase, un certain bon sens anglais. On aurait tort de s’en priver. Même si l’histoire a donné tort à Burke.

N’en déplaise à ce dernier, la Révolution française, malgré ses excès, a eu, dans l’ensemble, un bilan très positif. Même les Anglo-Américains le reconnaissent aujourd’hui. Dans leur ouvrage de référence Why Nations Fail, Acemoglu et Robinson estiment qu’elle a élargi, ouvert au Continent et, de là, à la Planète entière, les acquis de la révolution anglaise de 1688 (1). Et on peut difficilement nier, qu’hormis en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis, le système métrique, ce projet métaphysique s’il en fut, a été un immense succès.

Au cœur de la démonstration de Burke, on trouve, en fait, une grande escroquerie : il présente l’histoire anglaise comme paisible, évolutive, respectueuse du passé ; la liberté n’y serait rien d’autre qu’un vieil héritage. En contraste, il se moque de la volonté de rupture radicale des Français. Quand on connaît les histoires anglaise et française, c’est parfaitement ridicule. On débat encore sur la date du démarrage de la Révolution industrielle : 1760 ou 1780. Ce qui est sûr, c’est qu’il a eu lieu en Angleterre et qu’en 1790, au moment où Burke écrit, il a déjà commencé à bouleverser le pays : le mouvement des enclosure est achevé et la totalité de la paysannerie pauvre a été liquidée. Par aveuglement ou mauvaise foi, Burke ne comprend pas que les vrais révolutionnaires, le peuple qui est capable de mener à bien un projet abolissant les traditions passées, ce ne sont pas du tout les Français, ce sont les Anglais. Plaçons-nous en 1840 : la France, à l’issue de sa révolution et de plus de deux décennies de guerre, a supprimé les droits féodaux et introduit l’égalité devant la loi, mais le système de mœurs y reste à peu près inchangé. La France est toujours la France, une société très majoritairement rurale. L’Angleterre, elle, en 1840, n’est plus l’Angleterre. La monarchie est toujours là, certes, mais la paysannerie a été complètement déracinée et un énorme prolétariat s’est constitué.

Il faut l’accepter : depuis le XVIIe siècle, le monde anglo-américain constitue le foyer révolutionnaire fondamental, le lieu de transformation de l’histoire humaine et les autres pays se contentent de suivre, de plus ou moins bon grès, ses impulsions. On a de nouveau pu le vérifier, au cours des dernières décennies : le thatchérisme et le reaganisme ont dévasté la structure sociale de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis, liquidant non plus la paysannerie, mais la classe ouvrière. Avec une génération de retard, Emmanuel Macron rêve de les imiter – au moment même où le Brexit et l’élection de Trump remettent en cause le néolibéralisme, où on assiste à un nouveau tournant, à la dernière en date de ces ruptures radicales dont les Anglo-Américains sont coutumiers.

Mais le bouleversement le plus intéressant dont ces pays nous offre le spectacle actuellement n’est peut-être pas d’ordre socio-économique. Il concerne les mœurs. Il ne s’agit pas de l’émancipation des homosexuels, qui n’est après tout qu’un retour à l’état naturel des choses : jusqu’à ce que les grandes religions monothéistes en décident autrement, il y avait toujours eu une place pour l’homosexualité dans la vie d’homo sapiens. Si l’on raisonne en termes burkiens, on pourrait être tenté de dire que nous assistons à une restauration de l’ordre ancien : enfin nous échappons à la révolution judéo-christiano-musulmane !

Bien plus perturbante me semble la question transgenre. On a affaire là à des personnes qui considèrent que leur sexe biologique n’est pas leur sexe mental, qu’il y a eu erreur, et qui parfois envisagent une transformation hormonale ou chirurgicale. Burke s’horrifiait de la division de la France en départements de taille égale. On n’ose imaginer ce qu’il penserait d’un projet de société où les gens peuvent ne pas garder le même sexe d’un bout à l’autre de leur vie.

Les transgenres, toutes catégories confondues, aux Etats-Unis, représenteraient 0,3 % de la population et, chez les jeunes, 0,7%. Des chiffres invérifiables, à prendre avec réserve, qui donnent néanmoins une idée du poids réel des transgenres : il est insignifiant. Et pourtant ces questions obsèdent les sociétés anglo-américaines. Il y a peu, je lisais encore dans le New York Times un article très émouvant d’une transgenre qui expliquait qu’on allait lui fabriquer un vagin artificiel, que cette opération ne la rendrait pas heureuse, mais que c’était une nécessité intrinsèque malgré tout.

Il peut sembler baroque de mettre en rapport cette obsession avec le russophobie. Mais c’est ce que j’aimerais essayer de faire. Quand on lit la presse anglo-américaine, s’y manifestent actuellement deux grandes pentes d’irrationnel : la place disproportionnée accordée au débat sur les transgenres et l’hostilité viscérale à la Russie – pays qui, avec ses 144 millions d’habitants, ne représente plus un danger géostratégique réel pour les Etats-Unis, mais continue à être traité comme une puissance maléfique. Le devoir d’un chercheur est d’essayer de voir s’il n’existerait pas un lien entre ces deux obsessions. Or, il y en a un, évident : ces dernières années, les questions de mœurs ont fait irruption dans les relations internationales – tout particulièrement lorsqu’il est question de la Russie. Au lieu de parler d’équilibres militaires et stratégiques, on s’est mis à reprocher à la Russie son homophobie (dans un contexte, rappelons-le, où le grand ami des Etats-Unis est l’Arabie saoudite !) Souvenons-nous comment, en 2014, lorsque le travesti autrichien Conchita Wurst a remporté l’Eurovision, la réaction critique de Vladimir Poutine à cette victoire a déclenché une levée de bouclier de l’Union européenne ! (Conchita Wurst a même été invitée à chanter devant le Parlement de Strasbourg et y a été ovationnée.)

Face à un monde anglo-américain révolutionnaire sur le plan des mœurs, qui cherche à définir une nouvelle identité humaine – qui a peut-être raison, peut-être tort (compte tenu de mon âge, mon opinion n’a pas grand intérêt, je ne serai pas là pour voir à qui l’histoire donnera raison) – on a une Europe continentale qui essaie de suivre vaille que vaille et une Russie qui, elle, ne suit pas du tout. Cela ne l’empêche pas, soit dit en passant, d’être l’un des pays les plus féministes du monde. Si l’on regarde la proportion de femmes qui font des études supérieures par rapport à la proportion d’hommes, en haut de la liste en Europe, à 143 femmes pour 100 hommes, on trouve la Suède, puis juste derrière la Russie, à 130 femmes pour 100 hommes. En termes d’études supérieures (un critère très significatif), la Russie est donc plus féministe que la France ou que le monde anglo-américain. Mais les femmes, mêmes éduqués, s’y déclarent homophobes !

Pendant tout le XXe siècle, la Russie a incarné la Révolution. Il est peut-être temps d’accepter le fait que c’était là un contresens, que, sur la longue durée, le rôle historique de ce pays est plutôt un rôle de conservation et de freinage, qu’elle incarne – bien mieux que l’Angleterre – la grande puissance conservatrice rêvée par Burke. Marx et Engels ne l’ont jamais considéré autrement et ils l’exécraient pour cette raison (même si le premier, ayant trouvé un bon lectorat en Russie, a fini, vanité d’auteur oblige, par vanter les mérites de la commune russe). Le terme de « russophobie » revient sans cesse dans l’admirable livre que Miklos Molnar à consacré à « Marx, Engels et la politique internationale » : pour qualifier l’attitude des marxistes ! (2)

La période soviétique fut-elle alors une aberration, une parenthèse ? Si l’on considère qu’une révolution, une vraie révolution, marque un réel changement des modes de production, des mœurs, des valeurs, un saut en avant vers la modernité, force est de constater que la révolution russe n’a de révolution que le nom. Encore une fois, depuis le XVIIe siècle, les impulsions révolutionnaires authentiques, les véritables transformations de l’économie, des mœurs, de la société viennent du monde anglo-américains. Elles sont facilitées par une structure familiale plastique, nucléaire, par les ruptures générationnelles qu’elle permet. Les pays du continent ne font qu’y réagir et ils sont sans arrêt tiraillés entre leurs désirs de rattrapage et de contestation. Dans tous les cas, ils se situent toujours par rapport à cette impulsion qui leur extérieure et qu’ils essaient d’adapter à leurs propres traditions familiales. Les révolutionnaires français de 1789 voulaient juste rattraper la Glorious Revolution de 1688 (dès 1734 et ses Lettres Anglaises, Voltaire donnait le voisin d’outre-Manche en modèle). Ils y ont introduit la notion d’égalité car, si la culture du bassin parisien est, comme la culture anglaise, individualiste, elle est aussi fortement égalitaire. En Allemagne, dont les valeurs familiales sont autoritaires et inégalitaires, la négation du libéralisme occidental et de l’idée de révolution a mené à une révolution d’un genre particulier : le nazisme.

Le même raisonnement s’applique aux Russes. La structure familiale russe se caractérise par un mélange d’égalitarisme et d’autoritarisme : elle est très autoritaire sur le plan du rapport entre générations, très égalitaire en ce qui concerne le rapport entre frères et entre sexes. La famille paysanne russe traditionnelle, en réunissant sous un même toit plusieurs générations et plusieurs frères mariés, pouvait atteindre une taille gigantesque. C’est ce que j’ai appelé dans mes ouvrages la famille « communautaire ». La construction du communisme peut être interprétée comme une façon d’intégrer la modernité, de tenter de rattraper l’Angleterre et les Etats-Unis, sans sortir de ce communautarisme. Dans toute sa violence, la révolution russe n’a été qu’un suprême effort du conservatisme.

En vérité, la Russie n’a jamais aspiré à l’individualisme. Certainement pas sous le régime des tsars qu’abominaient Marx et Engels, ni non plus par la suite : je ne décrirais pas la Révolution russe comme très individualiste. Et il me semble que le genre de démocratie autoritaire qui existe aujourd’hui ne l’est pas particulièrement non plus. (Cette expression de « démocratie autoritaire » n’a rien de péjoratif, ce n’est qu’une façon d’accepter la Russie telle qu’elle est. Peut-être, cela dit, devrait-on parler plutôt de « démocratie communautaire ».)

Les révolutions que nous vivons ces derniers temps sont censées être les poussées extrêmes, les ultimes conséquences des principes de liberté de l’individu : on veut aller au-delà de l’individualisme bourgeois du XIXe siècle, au-delà de l’individualisme sexuel des années 1970-1980, se libérer de l’individu tel qu’il est défini par la nature. Et, bien entendu, la Russie, avec sa forte tradition d’encadrement de l’individu par la collectivité, se montre réticente à franchir le pas. C’est pour cela qu’elle est haïe : pour ce conservatisme, qui est peut-être de la prudence. Car les sociétés anglo-américaines sont rongées par l’angoisse de se tromper.

Dire que le sexe tel qu’on l’observe à la naissance n’est peut-être que l’apparence des choses est d’une radicalité inédite. J’ai relu récemment l’anthropologue et féministe Margaret Mead : le clivage homme-femme et la spécialisation des rôles entre les deux sexes constituent un tel universel d’organisation pour toutes les sociétés qu’il n’est pas concevable que le projet de « sexe flottant », pour ainsi dire, ne crée au plus profond de l’inconscient des sociétés les plus avancées une véritable inquiétude. Or, quand on est inquiet sur ce qu’on fait soi-même, on devient assez hostile au voisin qui refuse de prendre le même risque. On se demande inévitablement, de façon latente, si ce n’est pas lui qui fait le bon choix, qui, en l’occurrence, serait le choix du conservatisme de mœurs.

Je pense que la raison pour laquelle la Russie est tellement haïe, ce n’est pas du tout parce qu’elle est menaçante en termes géopolitiques. Elle agace un peu par son rétablissement géostratégique et militaire, qui ennuie beaucoup les vieux géopoliticiens gâteux du Pentagone, mais rien là d’insurmontable. Si la Russie suscite une telle aversion, c’est que parce que c’est un pays prudent par rapport à un monde occidental qui, lui, est peut-être en train de devenir imprudent. Et qui, pour se rassurer, ne désire rien tant qu’entraîner tout le monde avec lui – dans l’inconnu.

Notes

(1) traduit en français sous le titre Prospérité, puissance et pauvreté. Pourquoi certain pays réussissent mieux que d’autres(Markus Haller, 2015). Voir sur cet ouvrage Books n°42, avril 2013.

(2) Marx, Engels et la politique internationale, Gallimard, 1975.

Emmanuel Todd est historien et anthropologue. Où en sommes-nous ? Une esquisse de l’histoire humaine (Seuil, 2017) est son dernier ouvrage paru.

Propos recueillis par Baptiste Touverey.

Le livre

Réflexions sur la révolution en France, traduit de l’anglais par Pierre Andler, Les Belles Lettres, 803 p., 17 €.

Nous vous proposons cet article afin d’élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s’arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]

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Commentaire recommandé

Calal // 05.04.2019 à 07h39

Boaf,la question des transgenres est parfaitement expliqué par la théorie marxiste de l’extension du domaine marchand et l’augmentation des masses monétaires.plus il y a d’argent créé, plus les gens l’obtiennent facilement, plus ils font n’importe quoi.des mecs plus féminins que d’autres des femmes plus volontaire, ambitieuse que certains hommes,y en a toujours eu.sauf que maintenant big pharma leur vend des hormones et de la chirurgie.

147 réactions et commentaires

    • Fritz // 05.04.2019 à 07h31

      Ce texte d’Emmanuel Todd (avec deux d) est très intéressant. Je conteste seulement le passage où il affirme que seules les religions monothéistes ont proscrit l’homosexualité (Lévitique 18:22, 20:13). La lecture des travaux de Régis Boyer sur la religion scandinave prouve le contraire.

      • Kesse // 05.04.2019 à 09h07

        Hônnêtement, j’ai du mal à m’enthousiasmé, là. Je ne dirais pas qu’il est très intéressant cet article, mais plutôt très bizarre.

        Le remarque sur la famille communautaire russe fait mouche. La famille anglo-saxonne plastique, ok. C’est son domaine de compétence.

        Mais le lien entre russophobie et transgenre est vraiment mal cousu.

        De plus, l’ensemble des changements du monde ne sont pas portés par le couple anglo-saxon, il faut arrêter la fixette: E. Todd désire-t-il que les régimes de retraites, la sécurité sociale et le NHS (équivalent anglais) soient abolis en tant qu’émanation passéiste du socialisme/communisme?

        De même, la russophobie ne se base que peu sur le conservatisme russe. Ce trait de la Russie est avant tout le regard de la presse occidentale sur ce pays. Je rappelle à titre de comparaison que MBS était décrit comme progressiste, avant que le jounaliste Jamal K. ne soit découpé en petit cube dans l’ambassade turc.

        Enfin, on croit rêver en lisant la conclusion : La Russie “ennuie beaucoup les vieux géopoliticiens gâteux du Pentagone, mais rien là d’insurmontable.”, bien M. Todd, allons dire cela aux irakiens et aux syriens. On pourrait leur demander comment ils surmontent les gâteux du pentagone.
        Après tant de fadaises et raisonnement mou, je ne sais plus: un monde occidentale “qui, pour se rassurer, ne désire rien tant qu’entraîner tout le monde avec lui – dans l’inconnu.”. E. Todd parle-t-il de l’inconnu orwellien sous impulsion néo-libérale (individualisme+surveillance généralisée) ou parle-t-il des problèmes de genre?

        • Calal // 05.04.2019 à 09h27

          Je pense qu’il est en train de réfléchir aux conséquences du développement des ” nouvelles familles”,parent 1,parent 2.
          Augmentation des divorces,incels,mgtow,mra,féminisme, lgbtq tous sa vient du monde anglo-saxon. Épiphénomène lie au cycle eco ou phénomène la pour durer?si ça dure,effectivement, quelles conséquence s?

          • kess // 05.04.2019 à 09h53

            Si les divorces, le féminisme et les lgbt ne durent pas … quelles causes?

            • Calal // 05.04.2019 à 10h04

              Appauvrissement : le couple et la famille nucléaire sont une forme de solidarité intra générationnelle qui risque de refaire surface,voir la famille souche vu les risques sur les retraites et les prix Immo.

              • kess // 05.04.2019 à 12h56

                C’est ce que je voulais dire. Les causes d’un éventuel retour en arrière seraient bien pires que les éventuelles conséquences qui ont émergés ou émergeront de cette recomposition familiale. Dès lors, il est toujours légitime de les étudier, mais avec la froideur de celui qui n’a pas d’avis.

                 +1

                ALERTER

        • Master8 // 05.04.2019 à 09h36

          Je suis assez d’accord, dans l’ensemble on a vu Todd plus pertinent. Le lien entre russophobie et transgenre est un peu capilotracté. À moins peut-être d’appliquer, ce qui faisait le cœur de la pensée de Philippe Grasset il y a quelques années (et le fait peut-être encore, je n’arrive plus à lire dedefensa !), le virtualisme. La russophobie et la place disproportionnée donnée à des faits sociétaux assez marginaux fait partie me semble t il de cette propension qu’à le monde anglo saxon et surtout nord américain à préférer le story telling à l’information, à imprimer la légende quand elle est plus chatoyante que l’histoire… Bref à déguiser la réalité sous le virtualisme.

          • kess // 05.04.2019 à 09h49

            Le virtualisme ou La société du spectacle de G. Debord …

          • Yannis // 05.04.2019 à 16h45

            En France on est assez fort dans le domaine du virtuel, s’il s’agit d’usage et d’économie, de communication et de transformation des relations humaines, mais aussi de l’illusion et de la vie hors sol. Le déni de réalité de la majorité de la société française sur ce qui se passe dans son propre pays depuis 4/5 mois fait froid dans le dos.

            • Master 8 // 05.04.2019 à 18h48

              On est d’accord, nous sommes devenus un pays très virtualiste… en même temps que nous sommes devenus les valets (moins de l’Amérique que) de l’américanisme. Ce qui se passe depuis quelques mois est au mieux le réveil du réel, au pire ce sont ses derniers soubresauts…

        • TB // 05.04.2019 à 18h01

          Je comprends que beaucoup de gens soient très surpris par l’angle adopté par Todd dans cet article. Cependant, quand on suit de près les débat publics américains, on sait à quel point les questions de sexualité y ont pris une place considérable, et même absurde. L’observation initiale de Todd : l’Amérique vit en ce moment une obsession pour les LGBT d’une part, et envers la Russie d’autre part, est juste un constat que l’on peut faire facilement en lisant la presse américaine. Après, mettre les deux en parallèles aussi profondément est audacieux. Mais pas incongru.

          • V_Parlier // 05.04.2019 à 19h35

            Dans les faits c’est vrai, mais je pense personnellement que ces histoires de LGBT qui prennent une place démesurée sont un prétexte pour inculquer plus facilement la russophobie au public. Ceci dans un autre but. Après nous avoir bourré le crâne de ces nouvelles futilités sociétales grâce au zèle connu des dirigeants européens récents (dont Hollande), les meneurs du “monde libre” utilisent à présent ce prétexte pour marquer une soi-disant différence notoire de civilisations: Ainsi les Russes sont du mauvais côté car ils ne respectent pas nos “valeurs”. Car contrairement à Todd je croie que la Russie est suffisamment dérangeante pour les US et qui leur faut trouver tout un tas de prétextes pour alimenter leur propagande sur tous les fronts.

          • TB // 05.04.2019 à 20h21

            Il ne fait aucun doute que la Russie soit redevenue l’ennemi préférée du gouvernement américain, et un peu de propagande anti-russe sur n’importe quel thème est toujours bienvenue là-bas. Mais le désir de s’inventer une identité sexuelle à la carte et révisable à tout moment est un phénomène qui vient des Américains eux-mêmes (de certains milieux…), pas de leur gouvernement. C’est le nec-plus-ultra de l’individualisme technolâtre : il ne suffit plus de revendiquer la liberté de faire tout ce que l’on veut, il faut en plus pouvoir devenir tout ce qu’on veut physiquement et pouvoir changer d’avis le lendemain si on le souhaite. C’est une sorte d’aboutissement de la civilisation marchande exacerbant l’ego jusqu’à ce qu’il ne reste plus que cela : un esprit affranchi de son corps, lequel devrait être remodelé à volonté par la chimie et la chirurgie en attendant que Google trouve le moyen de dématérialiser les consommateurs enfin libérés de l’angoisse d’être humains. Ceux qui boudent cette « angélification » méritent naturellement le mépris furieux de ceux qui la souhaite, avec d’autant plus de véhémence que ces derniers sont en plein délire. À l’extérieur, ce sont les pays conservateurs dans leurs mœurs comme la Russie qui en reçoivent le mépris, à l’intérieur des États-Unis ce sont les couches de populations « ringardes » qui se contentent de vivre avec leur corps tel qu’il est.

            • Albert-Nord // 05.04.2019 à 23h57

              @TB. Le désir de s’inventer une identité sexuelle à la carte et révisable à tout moment, tout comme une identité visuelle modifiable à volonté (mode, chirurgie…) ou encore une identité culturelle mouvante (JE suis indien d’Amazonie, JE suis Manga, JE suis Burlesque…) sont les trais d’une société libérale libertaire hyper fragmentée ou le “commun”, “l’habituel” ou le “normal’ représente l’oppression donc le totalitarisme !
              L’idée de Todd qui me semblait mal foutu au départ, m’apparais pertinente maintenant. D’autant plus que cette vision du monde est utile aux projets géopolitiques US. Les “fatwas démocratiques” sont une tradition de ce pays.

              • TB // 07.04.2019 à 13h58

                Oui, c’est tout à fait ça. Les marchands modernes ont commencé à comprendre qu’exacerber l’ego des consommateurs était favorable aux chiffres de vente, dès la première moitié du XXe siècle. Dans le même temps, l’élévation du niveau de confort a déconnecté beaucoup de gens du monde naturel. En particulier dans les classes moyennes supérieures, où les emplois consistent à manipuler des chiffres et des symboles sur un écran, bien loin de la matière et du corps.

                 +3

                ALERTER

            • Dominique65 // 06.04.2019 à 21h37

              « [le désir de s’inventer une identité sexuelle à la carte] est le nec-plus-ultra de l’individualisme technolâtre. »
              Je n’accepte pas ce genre de commentaire. Le fait de ne pas se sentir dans son corps comme l’indique l’état-civil n’a rien d’une mode, pas plus que son inclinaison sexuelle. C’est son être profond qui est en cause. Ce n’est pas parce que le monde accepte enfin les différences qu’il les crée. Cette inversion accusatrice des causes et des conséquence est au moins aussi nauséabonde que les autre types de racisme.

              • TB // 07.04.2019 à 14h59

                Oui, ne pas se sentir à l’aise dans son corps n’est sûrement pas nouveau. Tenter de le transformer non plus. En revanche, que des gens pas concernés personnellement par ce désir (ni par ses conséquences corporelles) en fasse un idéal est pour le moins surprenant. D’une façon plus générale, il semble qu’une partie de la société américaine (suivie de loin, comme d’habitude, par les sociétés européennes) soit entrée dans une phase de déni du corps et des contraintes du monde matériel (le transhumanisme, par exemple). Dans le même temps où la société américaine s’estime plus libérée de mœurs que jamais, les enquêtes montrent que le taux de lycéens ayant déjà commencé leur sexualité est tombé de 54% à 40% entre 1991 et 2017. 60% des adultes de moins de 35 ans vivent seuls (c’est à dire, même pas avec un copain ou une copine). Bref, il se passe quelque chose d’étrange dans la société américaine en ce moment, alors même qu’elle est entrée dans sa phase de déclin économique, et comme par une sorte de diversion collective face aux difficultés ennuyeusement matérielles qui sont les siennes.

                 +5

                ALERTER

              • Moussars // 08.04.2019 à 16h49

                Tout à fait. La notion de dysphorie semble leur être totalement connue..

                 +1

                ALERTER

              • Haricophile // 08.04.2019 à 16h50

                Avoir une vie tellement vide de sens et absurde que de se préoccuper du cul des autres devient une nécessité… En France on a quand même un mouvement d’extrême droite assez compétent pour juger les autres, ce qui évite de se remettre en question soi même.

                Probablement que la remontée des intégrismes religieux dans le monde ont les mêmes causes : L’absurdité abyssale dans laquelle se sont enfoncées nos sociétés. Pour paraphraser un texte célèbre : « Heureux ceux qui ont des certitudes, ils n’ont pas besoin de chercher la vérité ».

                 +1

                ALERTER

      • Sandrine // 05.04.2019 à 13h20

        @Fritz,
        Oui on voit parfois écrit dans les commentaires » Todt » au lieu de Todd. C’est important de ne pas confondre car l’organisation Todt est de sinistre mémoire.

    • Calal // 05.04.2019 à 07h39

      Boaf,la question des transgenres est parfaitement expliqué par la théorie marxiste de l’extension du domaine marchand et l’augmentation des masses monétaires.plus il y a d’argent créé, plus les gens l’obtiennent facilement, plus ils font n’importe quoi.des mecs plus féminins que d’autres des femmes plus volontaire, ambitieuse que certains hommes,y en a toujours eu.sauf que maintenant big pharma leur vend des hormones et de la chirurgie.

      • Charles // 05.04.2019 à 10h31

        Oui mais justement, la grande fierté de Todd c’est d’avoir conçu une explication du monde sans avoir recours aux concepts marxistes.

      • Eric // 05.04.2019 à 12h26

        Premièrement je suis souvent émerveillé par l’honnêteté intellectuelle de ce chercheur. Mon attention a été attiré par une émission “ce soir ou jamais” trouvée sur internet qui avait piqué ma curiosité. Le sujet était concernant son livre “Qui est Charlie? Sociologie d’une crise religieuse” suite aux “manifulations” du 11/01/2015. Depuis j’ai écouté plusieurs de ses conférences et interventions…

        • Scalpa au féminin // 05.04.2019 à 13h58

          Pareil. Originalité, prises de risques, humour, lucidité. L’absence d’E. Todd des écrans et des debats est une perte pour l’intelligence collective.

          • gracques // 07.04.2019 à 14h26

            Il vous reste ses livres!
            Après la démocratie et l’illusion économique entre bien d’ autres .

            Après j’adore Todd , il est aussi un comédien et ses interventions théâtrales peuvent le desservir aux yeux de certains.

      • Eric // 05.04.2019 à 12h28

        Par ce texte, une fois de plus je trouve vraiment très intéressant ce qu’il analyse et nous dit. Cela renforce ce que je comprends concernant l’ultralibéralisme ou mondialisme qui a émergé lentement depuis 150-200 ans et apparaît aujourd’hui de + en + clairement et ouvertement comme étant une idéologie qui n’a pas de parti clairement identifiable comme il y en a eu pour le communisme, le maoïsme, le libéralisme… Car à mon sens les partisans n’en n’ont pas besoin puisqu’il utilise l’outil essentiel, important pour s’imposer qu’est la finance. Alors que cet outil, la finance, une foi le pouvoir suffisamment accaparé sera supprimé !
        Mais cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de dogmes, ni de principes. Au contraire à mon avis s’il avait été possible de mettre en place en premier lieu leurs principes moraux ce serait déjà fait (en 1950-60 le mariage pour tous n’aurait pas été possible…). Cela n’ayant pu être possible c’est la puissance financière qui a été utilisé en premier. Mais cette idéologie ne peut s’épanouir pleinement sans la mise en place de sa base idéologique. Pour obtenir ce qui est considéré dans cette idéologie comme sa “totale liberté” elle a besoin de supprimer, d’abolir toutes limites, entraves, obstacles… Nous sommes maintenant dans la phase de démolition, de déconstruction systématique des nations, des cultures, des sociétés, des familles, des couples et même des individus, des personnes dans leur identité…

      • sassy2 // 05.04.2019 à 12h31

        Merci pour le lien avec la masse monétaire découplée de la sphère réelle (cf weimerica) + les transgenres marx
        La demande transgenre fut créée aussi ex nihilo par les autorités… de la même manière que la prohibition fut stoppée en 29 ou que la drogue fut encore plus légalisée après 2008

        Pas bof du tout car il précise bien que les révolutionnaires new age proviennent du monde anglo saxon auquel il faut rattacher bruxelles + BCE + LSE + Sciences po…(cf tous les pauvres richard descoings érrants, la force de Todd est de connaître ce milieu ainsi que ses turpitudes)
        Ces révolutionnaires new age étant nécessaires pour maintenir le système à flot faute de débouchés mais SURTOUT pour EVITER la remise à 0 nécessaire des compteurs.
        Ils sont, à mon avis, aussi cinglés que trotski ou staline…
        (cf “stratégie du choc”, lacroix riz…année trente)

        Il précise bien que la Russie n’est pas un danger militaire direct mais un danger car c’est une référence, une base de comparaison qui met en évidence la FAILLITE chez nous
        (vous pouvez comparer par exemple les taux d’intérêt dans les zones dont il est question, sachant que ces taux d’intérêt n’existent même plus en Europe , ie faillite absolue)

      • sassy2 // 05.04.2019 à 12h32

        suite
        Bref le camp HRC obama bush bruxelles macron sarko hollande etc.. veut changer les normes (comptables sexuelles societales..) pour se maintenir au pouvoir, changer la définition du 0deg kelvin (par ex les taux negatifs) sans tenir compte des lois de la physique élémentaire.
        Si le PCC peut décréter l’illégalité de 1+1 =2, ce camp ne peut/ pouvait le faire qu’à la condition que le 0deg change aussi en Russie.
        Le problème est que la Russie a les moyens de rester normale et n’est pas obligée d’avoir recours à du ponzi ou à de la cavalerie notamment intellectuelle.
        Que l’electeur moyen en europe ou aux us aura tôt fait de faire la comparaison, de solder ses assurances vies pour par exemple acheter du RUB (le point bas du RUB = l’attaque d obama = le foirage le plus total de la diplomatie US) et de voter normalement.

      • Eric // 05.04.2019 à 13h25

        E. Todd n’éclaire-t-il pas, avec cette analyse, peut-être en partie inconsciemment, comme une lampe les recoins sombres et profonds de ce qui ce passe aujourd’hui subrepticement ?

        • moshedayan // 05.04.2019 à 19h41

          Oui, beaucoup de questions : la promotion du libéralisme du genre sexuel par les Occidentaux et en premier les Anglo-Saxons ne serait-elle pas un moyen de briser les carcans de la famille traditionnelle pour une main d’oeuvre malléable, mobile et utilement fragile sur le marché du grand capital financier. Le résultat en tous cas est déjà là avec l’explosion de la” famille mononucléaire” et du nombre de femmes seules avec enfants. ???
          Cette interrogation a déjà été prononcée en Russie, par les dirigeants du Kremlin et des intellectuels, et cela ne plaît certainement pas aux Occidentaux.

          • Dominique65 // 07.04.2019 à 16h34

            « la promotion du libéralisme du genre sexuel […] ne serait-elle pas un moyen de briser les carcans de la famille traditionnelle pour une main d’oeuvre malléable »
            Et voilà une nouvelle théorie du complot ! (j’ai rien contre à priori, étant moi-même considéré comme complotiste.) Mais la recherche du vote pour soi explique tout aussi efficacement cette tendance et répond mieux au principe du rasoir d’Ocklam.

      • Haricophile // 08.04.2019 à 16h59

        La question des transgenre est parfaitement expliquée par la science actuelle. En tout cas pour les parties tout a fait concrètes et objectives de la physiologie et de la psychologie des individus concernés.

        Pour les phantasme délirants de la “politique” et de la “morale” qui portent bien mal leur noms, je craint que la science soit impuissante a expliquer quoique ce soit…

    • Urko // 05.04.2019 à 08h21

      Que les dirigeants occidentaux, promouvant ou acceptant le triomphe de l’individualisme extrême (pas extrémiste), se demandent finalement s’ils ne seraient pas que de simples apprentis sorciers bien légers et irresponsables, voilà une clef de lecture intéressante de leur hystérie à fustiger quiconque désapprouve ou moque leur “societalisme” anti-social. C’est le propre des apprentis sorciers que d’agonir d’injures ceux qui ne les suivent pas dans leurs délires et pourraient les avoir démasqués. Il s’agit d’une thèse intéressante, et qui n’engage à rien a priori. Cependant, avancer que ce ne serait qu’à cet égard là que les élites libérales haïssent la Russie me semble pour le coup bien osé. Les “politiciens gâteux de Washington” ont raison de considérer qu’un Moscou puissant – fût il converti à l’individualisme chéri de san Francisco à Amsterdam en passant par Londres et Paris – constituerait davantage qu’une épine dans le pied de la domination américaine. Quant à l’affirmation selon laquelle la condamnation de l’homosexualité proviendrait des seules religions, elle paraît faire fi de bien des observations des mœurs de sociétés “primitives” où des individus improductifs sur le plan de la reproduction ne bénéficiaient absolument pas de quelque bienveillance que ce soit, quand ils n’étaient pas purement éliminés. Surtout dans des sociétés fragiles.

      • Geoffrey // 05.04.2019 à 08h49

        tu étais là pour le vérifier, le rejet dans les sociétés primitives, des “non-reproducteurs” ?

        c’est d’autant plus idiot qu’à moins de ne pas bander du tout devant une femme, un homo’ peut avoir des enfants naturellement, idem pour une lesbienne qui n’a qu’à serrer les dents…(tant qu’elle écarte les cuisses…).

        Geof’, expert en tout

        • Kiwixar // 05.04.2019 à 10h19

          Sans avoir besoin de rapport hétérosexuel : une lesbienne peut tomber enceinte par insémination artificielle, avec choix du géniteur “sur catalogue”.

        • Urko // 05.04.2019 à 14h53

          Bon, si vous voulez vous renseigner sur le sujet, vous savez comment faire. Attention ! Les anthropologues et historiens qui ont écrit sur ces sociétés n’étaient “pas là” non plus pour “le vérifier”. Pas plus qu’un spécialiste de l’Empire romain n’était “là” pour “vérifier” que les Romains faisaient bel et bien ceci ou cela. Mais bon, ne pas avoir été là ne semble pas vous déranger pour me porter une contradiction “d’autant plus idiote” qu’elle repose sur un raisonnement surprenant : les homosexuels peuvent enfanter donc c’est bon, hop, la société primitive n’avait qu’à les forcer à forniquer avec des femmes, sans hostilité bien sûr, et voilà, la société primitive n’est donc pas hostile aux homosexuels. Pas du tout. Cqfd. Certes, elle les force juste un peu à pratiquer l’hétérosexualité contre leur gré. Et bien sûr, elle les y force gentiment, hein, sans menace ni pression bien sûr. On savait vivre dans les sociétés primitives : “ok, tu peux être homo mais tant que tu ne te comportes pas comme tel, cela dit sans hostilité, en toute amitié. Si tu ne t’y conformes pas, tu vas voir ce que tu vas voir… en toute amitié toujours”. Si pour vous, c’est une société tolérante à l’homosexualite celle qui force les homosexuels à l’hétérosexualité quand même pour la cause reproductive, nous aurons en effet du mal à nous accorder. Bref, je réitère : non, les sociétés primitives n’étaient pas plus sympa envers les homosexuels que celles ayant adopté les religions dites du Livre ; elles pouvaient s’avérer pires encore.

          • Yannis // 05.04.2019 à 20h21

            Renseignez-vous par exemple sur les sociétés précolombiennes, surtout certains groupes des plaines nord-américaines faisant une place tout à fait reconnue et acceptée (mais avec ses règles et ses codes) aux homosexuels des deux sexes avec une catégorisation selon 5 genres.

            On a plus de témoignages et sources, surtout ici venant des USA et de leur obsession du genre et maintenant du transgenre comme dit Todd (mais aussi des références historiques), que pour une obscure et insondable société humaine “sauvage” et primitive. D’ailleurs aussi dans le règne animal, chez les grands singes par exemple, les bonobos, les relations homosexuelles servent au fonctionnement social global, par exemple à apaiser certaines tensions.

            • Urko // 06.04.2019 à 16h22

              Je ne tiens pas forcément les Amérindiens pour primitifs ni pour très stressés par la nécessité reproductive vu les ressources dont ils disposaient. J’espérais au moins avoir été clair sur cet aspect là… et ne pas avoir inclus toutes les sociétés non inspirées par l’islam, le judaïsme et le christianisme sous l’appellation de primitives. Je voulais aussi soigneusement éviter les inévitables bonobos, mais ils s’invitent inéluctablement dans ce genre de discussions. Bigre. Sacrés bonobos.

    • François Lacoste // 05.04.2019 à 08h36

      Des affirmations paradoxales, des comparaisons capillotractées, nous reconnaissons bien la méthode approximative d’Emmanuel Todd lorsqu’il quitte le domaine d’étude ou il excelle pour celui plus général d’analyste du monde et de sa complexité. Forcément le résultat n’est pas toujours au rendez-vous.

      Précédemment dans une récente conférence, https://www.les-crises.fr/emmanuel-todd-et-marcel-gauchet-comprendre-macron/, vers 1 mn 26, il nous faisait part du probable caractère irréductiblement “génocideur antissémite” de l’Allemagne.
      A ce tarif, tout les peuples constitués sont affligés d’une tare irréductible justifiant l’opprobre, la suspicion, le rejet, le racisme pourquoi pas, etc., de tous contre tous. On n’est pas sortie de l’auberge.

      Il a conservé une grande fraîcheur d’esprit, c’est une qualité, nous replongeant nostalgiques, dans les discutions étudiantes sans fin, partagées autour d’une tasse de café vide et refroidie depuis longtemps, tout en remplissant de mégots de Gauloise bleue un cendrier Riccard jaune ébréché au dessous.
      https://www.youtube.com/watch?v=l2Fnrs1X8ec

      Et comme toujours je l’écoute avec un réel plaisir…

      • Sandrine // 05.04.2019 à 18h30

        Todd ne dit pas que l’Allemagne a un caractère irréductiblement genocideur et antisemite. Il s’interroge sur les raisons inconscientes qui peuvent motiver la fascination des Français pour l’Allemagne.
        C’est très différent.
        Et sa conclusion n’est pas que les Allemands sont d’irreductibles antisemites mais que les élites française le sont… C’est évidemment dit sur le ton de l’ironie et du second degré. Mais comme toujours dans le second degré, il y a une part de « sérieux ».
        Je pense pour ma part que l’intuition de Todd sur ce point est très juste. Il devrait d’ailleurs pousser le raisonnement plus loin. Montrer par exemple qu’il y a (en général et chez ces élites en particulier), une affinité très profonde entre haine des juifs et haine des femmes par exemple… comme cela s’est manifesté de manière très édifiante lors de l’affaire de la ligue du LOL
        Mais probablement n’ose-t-il pas aller trop loin car il comprend le caractère subversif de ce genre d’affirmation.

        • Brigitte // 06.04.2019 à 12h44

          L’attraction de l’Allemagne est à mon sens le résultat du suivisme français à l’égard des plus forts, genre de syndrôme de Stockholm que l’on pourrait rebaptiser le syndrôme de Paris, qui fait que notre élite parisienne accepte sans état d’âme de se mettre sous la dépendance du plus fort en croyant faire un choix librement consenti.
          Je ne pousse peut-être pas ma réflexion assez loin mais il me semble que l’antisémitisme n’a rien à voir avec ça.
          L’antisémistisme est plutôt une arme à deux coups utilisée par les gouvernants français pour désigner les opposants comme coupables et les diaboliser. Les opposants politiques et idéologiques de tous poils (extrême gauche, extrême droite, souverainistes, frexiteurs, gilets jaunes, etc…) sont accusés d’antisémistisme, accusation relayée par les médias ou même prononcée par les tribunaux médiatiques. Qui instrumentalise qui?

    • Le Marsouin // 05.04.2019 à 08h45

      J’aime bien Emmanuel Todd mais il y a toujours eu des choses dans son analyse qui me semblait douteuse, et on les retrouve ici.

      Le premier point qui me chiffonne est de présenter la révolution française comme un rattrapage de l’anglaise, hors je pense que c’est nier certaines spécificités de cet événement, comme par exemple l’influence des idées de Rousseau.

      Le second point est de présenter la révolution russe comme une révolution conservatrice. Or c’est oublier que cette révolution à été prise en main par des marxistes convaincus qui se sont attelés à détruire les structures culturels et sociales de la Russie. Cela dit comme ils ont en grande partie échouer, cela n’annule pas l’analyse de Todd. Il y a aussi le problème que la perception de l’homosexualité féminine et masculine – les deux ne sont pas forcément perçus de la même manière – a en fait toujours varié d’une culture a l’autre, même s’il n’a pas tort de dire que cela ne suit en aucun cas une quelconque courbe de “progres”.

      Cela étant dit, le sujet abordé ici interessant. Je dirais que la diabolisation de la Russie vient effectivement du fait que depuis l’accession au pouvoir de Vladimir Poutine, elle a été érigé en symbole de la conservation et du non-progressisme par les classes dirigeantes, permettant aux démocrates néolibéraux et aux neoconservateurs de se retrouver sur bien des questions. Surtout qu’au vu du marasme actuelle, ils se demandent effectivement de plus en plus si leur idéologie n’est pas frauduleuse ce qui doit expliquer une partie de leur hystérie. En revanche je ne sais pas s’il est pertinent de relier cela a la question des transgenres spécifiquement.

      • Geoffrey // 05.04.2019 à 09h08

        tout à fait d’accord…

        Todd – esprit brillant, nous pond ici un marronnier, càd un petit texte reprenant de vieilles idées, il touille et nous sert le tout avec du poivre pour que ça ait du goût.
        il confond révolution économique et révolution culturelle, par facilité intellectuelle : Adam Smith est un moraliste, ne l’oublions pas. Que le capitalisme entraîne un délitement des moeurs, c’est très plausible, qu’il l’exige…bcp moins, le contre-exemple : Singapour (où il faut marcher droit).

        mais c’est vrai AUSSI que la sphère privée est souvent le lieu des compensations
        de nos frustrations professionnelles/capitalistes (cfr le patron-castrateur).

        Vladimir trouve-t-il dans la violence/machisme une sublimation des désirs du sodomite ? peut-être…, et partant, le peuple russe tout entier valorise-t-il la force dans ce même esprit de sublimation ? tous des homo’ qui se forcent à être hétéro, en qqes sortes…peut-être.

        ce que je sais par contre, c’est que “faute de grives, on mange des merles” : quant y a pas de femmes, les allusions homosexuelles fusent dans tous les sens, dans la société des “vrais mecs” (motards, club de muscu’, agriculteurs…)

        dans la hiérarchie du pouvoir, les neo-cons viennent au-dessus des libertaires (les pervers de service). Donc…on veut abattre la Russie par tous les moyens pour son gaz et ses minerais..pour être encore plus riches.

        la soif de l’or du 1% est de nature obsessionnelle. Voilà un vrai sujet pour Todd

        Geof’-Rey, neo-communiste

        • Genuflex // 05.04.2019 à 10h15

          “la soif de l’or du 1% est de nature obsessionnelle. Voilà un vrai sujet pour Todd”

          J’approuve l’idée, mais l’obsession, comme névrose, est tellement commune parmi nous que ce ne serai pas un sujet si ce n’était que ça. Est-ce que ce n’est que ça ?

          • Geoffrey // 06.04.2019 à 09h15

            quelles motivations poussent-elles le 1% à accumuler plus encore ?

            je ne dis pas “garder la main haute”, je dis “tjrs plus”.

            homo œconomicus psychopathis, c’est ma vision de ces gens-là.

            Geof’, neo-communiste belge

            • Cyd // 06.04.2019 à 13h15

              L’important , ce n’est d’en avoir beaucoup. L’important c’est d’en avoir plus que son voisin

              Et tant pis si pour ca, il faut marcher sur le corps d’un tiers

        • Sandrine // 05.04.2019 à 13h38

          « Faute de grive on mange des merles ». C’est très réducteur d’expliquer l’homosexualite comme ça.
          Je pense pour ma part que si la bisexualité est très rependue dans la nature, l’homosexualite exclusive en revanche est une réalité purement culturelle et même un trait caractéristiques des sociétés très machistes et très patriarcales. Ce qui explique les allusions à caractère homosexuel dans le milieu que vous citez, c’est la terreur (et du coup la fascination-répulsion) d’etre ravalé à une sexualité passive du fait de l’absence de sexualité active fréquente (ce que vous décrivez comme l’accès facile au sexe opposé). L’homme viril se prouve à lui-même sa virilité avec une activité sexuelle fréquente (si possible avec de multiples partenaires).
          A noter d’ailleues qu’on a grand tort de voir dans l’homosexualité féminine un pendant exact de l’homosexualité masculine; ce sont des situations très différentes sur le plan psychologique et dans leur signification sociale (et les religions, d’ailleurs ne s’y sont pas trompées)

          • Geoffrey // 06.04.2019 à 09h12

            je n’explique pas l’homosexualité masculine par ce commentaire…

            je dis juste que par manque de femmes, les hommes trouvent souvent des ersatz chez d’autres hommes, plus féminins.

            je pense que la bisexualité – dans cet esprit – est la norme naturelle…càd que mieux vaut – pour un homme – une relation intime avec un efféminé qu’avec une grosse qui fait du rugby (pilier de mêlée).

            j’ai personnellement éprouvé du désir pour des garçons au visage féminin : où est la honte ? Par contre, les culturistes me font pitié (je suis musclé moi-même). C’est la sexualité dans son ensemble qui est complexe, pas uniquement les formes homo’ ou bi’…

            …eeet comme je suis sexiste, je sais aussi qu’une lesbienne pense la chose sexuelle différemment d’un gay : le cerveau est sexué….

            Geof’, expert en sexologie (entre autres choses)

            • Sandrine // 06.04.2019 à 14h33

              La sexualité est quelque chose de très complexe en effet. C’est d’ailleurs cette complexité qui fait que les sociétés humaines ont cherché à l’encadrer dans des normes. La plus grande crainte des sociétés anciennes etait certainement qu’une trop grande anarchie sexuelle ne finisse par subvertir l’ordre social, qui, partout, se structure à partir de la différence entre les sexes.
              En cela l’ideologie « trans » contient un projet politique révolutionnaire qui, si elle atteint l’hegemonie culturelle(comme c’est son objectif) produira une modification substantielle de la condition humaine.
              Cette idéologie n’a en réalité rien à voir avec l’homosexualité /bisexuallite récréative classique, qui peut tout à fait aller de pair avec une conception « sexiste » traditionnelle de la société – ce que vous rappellez à travers votre témoignage . Bien des lesbiennes sont conscientes de cette réalité mais la plupart des « bien-pensants » farouches défenseurs des droits des homosexuels (de leur droit à la Gpa par exemple) y sont parfaitement aveugles.
              L’ideologie trans se propose évidemment de pallier cet écueil. Mais le revers de la médaille risque de nous réserver bien des surprises, et pas forcément de très bonnes…A mon avis, l’addition sera salée

              • Geoffrey // 07.04.2019 à 09h31

                on est raccord

                sauf sur ta notion de l’idéologie : Antoine Destutt de Tracy, un copain, a défini très nettement ce qu’est l’idéologie : l’étude des formes et des évolutions que prennent les idées politiques/morales (comme la sociologie a pour objet d’étude les groupes et leurs dynamiques).

                le marxisme est une théorie sociale, le communisme un projet de société ; ne pas confondre…

                le terme idéologie est partout galvaudé : c’est doctrine ou dogme, qu’il faudrait dire…(mais ça fait tout de suite moins hype/baroque)

                et paradigme pour distinguer les différents courants au sein de l’idéologie.

                Geof’, prof’ de marxisme

                 

                ALERTER

          • Haricophile // 08.04.2019 à 17h34

            L’homosexualité est aussi très répandue chez les mammifères, a des taux plus ou moins élevés selon les espèces. Et au passage ce n’est pas rare de voir un couple de manchots mâle couver un œuf et élever un petit. La nature est un système beaucoup plus complexe que la pensée de certains.

            Je pense par contre que ce qui est “purement culturel” est le statut social de ceux qui gênent parce qu’ils remettent en cause les fondements assez arbitraire et binaire de cette société qui aime bien mettre tout dans des cases : On naît garçon et on a un rôle social de garçon, on naît fille et on a un rôle social de fille, il n’y a pas de question a se poser, c’est comme ça un point c’est tout, et mange ta soupe pour grandir.

            La transsexualité et l’homosexualité, dans le sens physiologique du terme, non seulement ne sont pas le vrai sujet, mais sont des faux-problèmes qui sont précisément là pour détourner du vrai sujet, a savoir les rapports sociaux, la soumission-domination, et plus généralement la place des individus en fonction de critères physiologiques qui justifient une disparité sociale.

            Le sexisme (homme-femme comme homo-trans) et le racisme fonctionne de manière proche et sont là pour justifier “moralement” l’existence de rapports de force d’une société très inégalitaire et compétitive. Il s’agit de violences, soit une manière de s’imposer par la force et non par la vertu ou la raison.

            P.S. Les jeunes c’est la chienlit, ils posent plein de questions, dont beaucoup pour lesquelles je n’ai pas envie de connaître la réponse.

      • Le Marsouin // 05.04.2019 à 09h46

        Je rajoute un point. La raison principale pour laquelle les néoconservateurs detestent la Russie est le fait qu’elle a l’ambition et les moyens de promouvoir leurs intérêts géopolitiques, qui s’oppose à ceux des Etats-Unis, et une telle chose leur a toujours semblé intolérable. C’est ce qui a créé sa diabolisation et sa réputation en premier lieu, pour entraîner les démocrates les plus attachés au progressisme dans leur sillage.

        • Le Marsouin // 05.04.2019 à 10h01

          Pour conclure, je dirais qu’analyser la russophobie (je dirais meme les russophobies tant ce dont on l’accuse est divers et varié) actuelle permet effectivement d’en dire beaucoup sur les problèmes géopolitiques, economiques, politiques, sociaux et culturels de l’occident, je ne pense pas pour autant que la démarche adopte ici par Todd soir la plus pertinente (Désolé d’avoir rajouter des commentaires les uns à la suite des autres mais on ne peut éditer que pendant 10 minutes donc pour rajouter ce qui m’est venu après j’ai du créé de nouveaux commentaires)

    • Laurent // 05.04.2019 à 08h53

      Quand on voit que la Russie (et aussi la Chine qui a envoyé 120 hommes sur place) interfère dans la tentative de conquête des ressources pétrolières du Venezuela par les USA, on est très loin du simple agacement. La Russie se présente comme le seul pays capable de poser des limites aux invasions états-uniennes et en plus en Amérique du Sud, ce que les USA voient comme leur arrière cours.

      De surcroît, la Russie a développé dernièrement de nombreuses armes (notamment les missiles hypersoniques) et à pris une génération d’avance sur les USA qui ne peuvent plus faire face, tant la corruption règne au sein du Pentagone (on parle de 21 000 milliards de dollars qui ont “disparu” depuis les années 80 et d’une impossibilité à rendre opérationnel sur un champ de bataille le futur avion de combat, le futur maître incontestable des cieux : le F35).

      Enfin, avec ses programmes de défense anti-aérienne S300 et S400, la Russie interdit le ciel aux avions américains. Pire, comme elle vend ses systèmes, elle risque de faire basculer la Turquie et l’Inde, d’où perte de grands marchés.

      En conclusion, sans la Russie :
      – personne pour vous empêcher d’envahir un pays
      – personne pour vous contester ce que vous considérez comme votre arrière cours
      – personne pour vous montrer que vous prenez un dangereux retard sur les technologies militaires
      – personne pour vous interdire d’envoyer vos avions là où bon vous semble
      – personne pour vous priver des marchés (pour les ventes d’armes) de l’Inde et de la Turquie.

      Il agit d’un plus que d’un simple agacement.

      • martin // 05.04.2019 à 09h29

        L’envoi de forces chinoises au Venezuela est un Hoax. L’info n’a pour elle que le Tweet d’un jeune homme, repris un grand nombre de fois. En revanche, l’arrivée d’une centaine d’experts militaires russes est avérée.

      • Jean-Do // 05.04.2019 à 12h25

        Autant je partage votre avis sur les bienfaits d’une “concurrence libre et non-faussée” 😉 c’est à dire le multilatéralisme en matière de relations internationales autant je doute de l’interdiction absolue du ciel aux avions américains par la vertu d’armes “miraculeuses”: les Israéliens continuent de bombarder impunément la Syrie et ont mis même récemment en évidence la possibilité de saturer et de détruire les systèmes de missiles anti-aériens avec des drones kamikazes bon marché. Cette parade sera certainement aussi valable à terme pour les Patriots américains ou le “dôme de fer” israélien. Ce n’est en rien une critique du système, juste une démonstration de ce que “l’arme absolue” n’existe pas ou alors pendant un temps limité.

        • Scriptsmith // 05.04.2019 à 14h30

          Curieusement, Poutine n’a vendu à la Syrie que les S-300 (l’Algérie par exemple est équipée de S-400) et il a fallu quelques mois pour les rendre opérationnels, période dont Israël a profité pour effectuer quelques raids. Mais c’est fini les s-300 sont en place et l’aviation israélienne flamboie bcp moins… Les S-500 restent l’apanage de l’armée russe.

          • martin // 05.04.2019 à 20h30

            Ca ne change pas grand chose. La modularité intégrale des matériels russes fait que le S300 livré à tel pays (l’Iran par exemple) est en réalité du S300-400, soit du S400 avec une portée inférieure. C’est une question d’options. D’ailleurs les russes se sont empressés de faire savoir que le S400 livré aux turcs sera intégralement compatible avec les matériels occidentaux. Ce qui signifie, on l’aura remarqué, que les systèmes occidentaux sont connus des russes comme le fond de leur poche. Cela dit, je ne pense pas que les russes aient livré le top aux syriens qui ont sans doute reçus une version moyenne. Et les israéliens se sont en effet bien calmés depuis leur dernière incartade en Décembre, mais pour une autre raison…

        • Laurent // 06.04.2019 à 08h18

          Vous noterez que vous êtes le premier à avoir parlé d’absolu. Pour ma part je me suis bien gardé de le faire.

          A l’heure actuelle, la domination de l’espace aérien est toujours hypothétique, il n’y a pas encore eu de confrontation entre les S500 russes et les F35 états-uniens. Simplement les USA ont une aversions à la perte humaine (celle de leur soldats bien sur par celle des civils ou des soldats ennemis). Aussi même une victoire payée au prix fort leur serait insupportable. Alors si un adversaire possède des armes anti-aériennes potentiellement efficaces, je doute fort que les USA tentent une attaque.

        • Haricophile // 08.04.2019 à 17h53

          Une «concurrence libre et non faussée» est un des nombreux enfumage du “libéralisme” dont son propre nom est de de l’enfumage qui pervertis totalement le sens du mot.

          Qui dit “non faussée” dit règles du jeux pour la réguler et arbitrages par des tiers pour faire appliquer ces règles ; ce qui est totalement en contradiction avec la notion de “libre” employé dans le sens libéral et qui dans ce contexte signifie sans aucune contrainte, autrement dit la simple “loi du plus fort” (qui est aussi un enfumage ironique, ce que le plus fort impose de force n’a par définition aucun aspect “légal” ou “légitime”).

    • Kokoba // 05.04.2019 à 09h03

      C’est un texte intéressant.
      En tant qu’anthropologue, Todd utilise la grille de lecture de la famille.

      Mais je ne suis pas d’accord sur le lien entre russophobie et conservatisme de la Russie.
      Pour moi, la russophobie des USA est beaucoup plus basique.

      La Russie est le seul pays qui refuse l’hégémonie des USA et s’oppose à eux frontalement et très concretement.
      Aucun autre pays n’a la volonté ou la capacité pour envoyer leur armée empêcher les USA de prendre le contrôle d’un pays.

      Pendant plusieurs dizaines d’années (après la chute de l’URSS), les USA ont pu agir sans restriction avec beaucoup de réussite : partition de la Serbie (Kosovo), partition du Soudan, Afghanistan, Irak, Libye.
      Puis, ils ont été mis en échec par le retour de la Russie : Syrie, Ukraine, maintenant Venezuela.

      Cela, les USA ne peuvent le tolérer et la Russie est donc leur ennemie mortel.
      Les Européens ne font que suivre sans même savoir pourquoi au fond ils détestent la Russie.

    • Milsabor // 05.04.2019 à 09h07

      « l’émancipation des homosexuels, qui n’est après tout qu’un retour à l’état naturel des choses : jusqu’à ce que les grandes religions monothéistes en décident autrement, il y avait toujours eu une place pour l’homosexualité dans la vie d’homo sapiens »
      L’émancipation des homosexuels promu par le libéralisme libertaire, n’est pas un retour en arrière, encore moins à un état « naturel ». La place de l’homosexualité dans les sociétés traditionnelles n’a jamais été que marginale. La tolérance vis-à-vis de la marginalité représente un contrepoids à la contrainte de la norme mais en aucun cas une invalidation. Bien au contraire elle la renforce : « l’exception confirme la règle ». En revanche le droit à la parentalité pour les homosexuels leur confère un statut de modèle familial, de norme sociale. Le déplacement ontologique opéré est celui de la disqualification de la loi naturelle fondée sur le tabou de l’inceste et le tabou de la différence des sexes, au profit d’une loi auto-engendrée.

      • Milsabor // 05.04.2019 à 09h08

        La loi, la culture, l’être social n’ont plus d’autre racine ontologique qu’eux-mêmes. Ainsi l’individu lui-même, au nom de l’égalité, se trouve fondé à engendrer sa propre loi et à revendiquer la reconnaissance de celle-ci par la société. C’est ainsi que le transgendrisme, de délire de négation d’organe, est devenu une revendication légitime.
        Au total l’auto-engendrement de la loi fondamentale de la société repose sur le déni de la réalité du fondement ontologique naturel de la loi : le tabou de l’inceste et le tabou de la différence des sexes. Le déni de la réalité marque l’entrée dans le registre psychiatrique du délire. Le délire positif de l’homosexualité en tant que norme s’accompagne de son envers négatif : le délire de persécution projeté ici sur la Russie. Peu importe l’identité du persécuteur désigné pourvu qu’il y en ait un.
        Nous vivons une époque paranoïaque.

    • Catalina // 05.04.2019 à 09h10

      “Depuis trois siècles, il n’existe qu’un seul foyer authentiquement révolutionnaire sur la Planète : le monde anglo-saxon”
      euh ? euh , M Todd devrait parler des usa car l’empire britannique a bien plus que trois siècles., et les usa ne les ont même pas.
      Révolutionnaire ? euh ?
      Aujourd’hui, cette “idée révolutionnaire” se concentre dans le fait que ce sont les multinationales qui dirigent les pays à la place des états et je n’y vois rien de révolutionnaire, bien au contraire, je vois aussi dans le fait d’avoir erigé l’égoisme en vertu une regression mortelle pour les peuples de cette planète.
      La France avant l’influence anglo-saxonne était un pays de solidarité, le consumérisme venu d’outre atlantique et toute l’ingénierie sociale exercée sur les peuples occidentaux les ont poussés à se désolariser de plus en plu, où est donc la révolution ?
      Que nus ayns du retard par rapport au monde anglo-saxon est plutôt une bonne chose quand on voit de quelle manière vivient un gros pourcentage d’américains, et oui, Américains puisque TODD parle seulement des trois siècles du monde anglo-saxon.
      L’Amérique du Sud est bien plus révolutionnaire que les anglo-saxon mais ça dépend de ce qu’on met dérrière révolution

      • Catalina // 05.04.2019 à 09h11

        suite : . Ensuite, j’ai pas du tout pigé le rapport avec Burke…
        Si la mode transgenre est pour Todd une révolution j’y vois moi une mode anglo-saxonne qui voudrait s’imposer à tous et de force (comme le dollar, les agressions perpétuelles…) et nous faire croire que ne pas se poser la question est anormal. J’y vois en plus quelque chose de profondément narcissique, à croire que ces anglo-saxons n’ont pas d’autres problèmes plus importants…..

        • Cyd // 05.04.2019 à 10h59

          Je pense que votre désaccord avec Todt vient d’une différence de compréhension du mot révolutin.
          Je pense, dites moi si je me trompe, que vous attribuez à la “révolution” un sens essentiellement positif lié au “progres”
          Pour Todt, c’est dit dans son article, c’est un changement radical de la culture et donc de l’économie (et vice versa)
          Pour lui la révolution francaise n’est qu’une révolution incomplete, et la révolution russe n’en est pas une puisque ca a été une généralisation de la structure familiale

          Le remplacement de l’Etat par les entreprises, c’est, pour Todt, une vraie révolution des strucutures, et pour vous, une régression vers moins de “progres”

          • Sandrine // 05.04.2019 à 15h34

            Je plusoie votre excellent commentaire.
            Todd explique la propension à la révolution des anglo-saxons par leur modèle familial nucléaire. C’est bien possible.
            Il doit cependant y avoir d’autres facteurs qui explique cette tendance.
            Les pygmées ont aussi un modèle familial nucléaire et pourtant leur modèle social est on ne peut plus stable et basé sur le respect de règles ancestrales.

            Ou alors peut-être qu’en réalité ce que nous analysons comme révolutions au sein de notre monde occidental n’en sont pas vraiment et qu’il s’agit de simples bifurcations dont les germes étaient présents dès l’origine (c’est à dire le monde gréco-romain christianisé)
            C’est en tout cas l’avis de Pierre Musso (voir son livre « la religion industrielle »). Dans ce cas @Catilina aurait raison

            • lemoine001 // 05.04.2019 à 15h51

              Ce qui est révolutionnaire c’est le développement des forces productives. L’introduction de l’industrie (la machine à vapeur, le pétrole, l’électricité) bouleverse les sociétés et bouscule les rapports sociaux. Mais cela se fait par l’apparition de classes révolutionnaires (la bourgeoisie industrielle, le prolétariat).
              De nos jours c’est l’informatique, la robotique, l’IA qui révolutionne notre vie. De nouvelles classes révolutionnaires apparaissent (celle des GAFA et autres et celle des travailleurs des sciences et des techniques). Mais pour être révolutionnaire jusqu’au bout il faut ajouter à cela une conscience de classe (qui manque aux travailleurs de la science).
              Voir le premier paragraphe de : https://lemoine001.com/2017/10/23/sur-le-transhumanisme-et-la-dictature-du-proletariat/

            • Cyd // 05.04.2019 à 16h39

              En plus de la famille nucléaire, il y a un puissant frein qui a été levé en Europe par le christianisme.

              Dans les cultures antiques, il faut composer avec le monde magique, généralement respectant des règles de vie, personnelles et communautaires, extrêmement strictes sous peine de catastrophe.

              En cas d’impair, la réparation passe souvent par des sacrifices humains. Dans ce cadre social, l’expérimentation est extrêmement difficile. Toute innovation peut être considérée comme remettant en cause le pacte de non-agression avec les forces magiques

              Le christianisme a complétement bouleversé ces systèmes :
              – en abolissant la lettre (la Loi, la pratique) pour la remplacer par l’esprit (l’intention réelle),
              – en abolissant la peur et la culpabilité par la résurrection et le pardon,
              – en séparant le monde terrestre du monde magique
              – en séparant la politique de la religion
              – en séparant la vie privée de la vie publique

              • Haricophile // 08.04.2019 à 18h00


                – en se séparant de la Nature puisque la volonté divine lui dit de soumettre la Nature…

                 

                ALERTER

      • Marc Michel Bouchard // 07.04.2019 à 15h13

        1- Intéressant tous les commentaires en rapport avec le texte stimulant d’E.Todd. Cela touche le sens de notre monde actuel et de toute l’histoire qui y aurait mené. L’idée révolutionnaire reste encore positivement majoritaire chez Todd. La révolution en fait est ambivalente, elle apporte un progrès technique mais elle créé des bouleversements qui amènent des résultats inégaux. Un exemple. On a voulu sortir de l’hérédité de l’aristocratie par le mérite. En 1850-1870. Entre psychiatrie et théorie de l’évolution et scientisme médical et industriel donc révolutionnaire dans le sens d’un état positif mais aussi au delà du bien et du mal: l’eugénisme consistant a l’amélioration de l’espèce humaine s’est développé passant par la stérilisation des personnes avec désordres mentaux ou simplisme d’esprit. Sans faire facile avec le point Godwin, reste que le nazisme trouve une de ses sources racistes par le biais eugénique.

        • Marc Michel Bouchard // 07.04.2019 à 15h17

          2- Le trans-humanisme actuel est la suite du culte de perfection prévenant l’anomalie à la naissance sous une voie -humaniste-. La robotique-intelligence artificielle sur nos corps presque demain serait un prolongement révolutionnaire dans la condition de l’individualisme. L’ambivalence de cela est un fait d’autant que l’identité humaine est touchée au cœur nous rendant enfin -aimables- et bons- selon l’utopie d’amour depuis celle du Christ fils de Dieu! E.Todd devrait préciser tout ça en traitant du trans-genre. Le conservatisme d’hier devient réaction pour le sociétal utopique dont les nations. Alors?

    • Kiwixar // 05.04.2019 à 09h17

      Il y a sans doute une volonté pour l’Otanie (l’hémisphère “ouest” si ça a un sens) de se différencier notoirement et artificiellement au niveau des “valeurs” qu’elle sait qu’elles seront rejettées par une grande partie de la population mondiale (Chine, Inde, Russie). Après avoir imposé par les armes la “démocratie”, elle pourra tenter d’imposer ses “valeurs” aux pays producteurs d’hydrocarbures, en commençant par les démoniser.

      En interne, le sociétal permet à la “gauche” de se prétendre de gauche, en essayant de faire croire que defendre les “droits” de 0.1% de la population est plus important que de défendre les droits des 2/3 de la population qui ont du mal à boucler les fins de mois, pendant que les 1% du haut se gavent. Un combat pitoyable. Tout pour di.vi.ser les gueux.

    • Graindesel // 05.04.2019 à 09h19

      “Il faut l’accepter : depuis le XVIIe siècle, le monde anglo-américain constitue le foyer révolutionnaire fondamental, le lieu de transformation de l’histoire humaine et les autres pays se contentent de suivre, de plus ou moins bon grès, ses impulsions.”

      Tout simplement incroyable. C’est nous faire prendre des vessies pour des lanternes.

      Révolutionnaire l’impérialisme ?
      Révolutionnaire une économie prédatrice et destructrice ?
      Révolutionnaire le racisme ?
      Révolutionnaire les nettoyages ethniques* ?
      Révolutionnaire la monarchie et une mentalité féodale ?
      Révolutionnaires les guerres d’agression ?
      Révolutionnaire le messianisme ?
      Révolutionnaire le gangstérisme et le racket au niveau mondial ?
      Révolutionnaire une démocratie de façade ?
      Révolutionnaires les mensonges (JFK, Colin Powell) ?

      * Pour rappel, les Tasmaniens ont été exterminés.
      Comparez simplement le sort des Amérindiens avec celui des Sibériens.

    • lemoine001 // 05.04.2019 à 09h26

      Oui l’idéologie du genre est parfaitement expliquée par la théorie marxiste. Elle subvertit l’idée de rapport social. En effet, toute société est structurée autour de deux enjeux fondamentaux : la production et la reproduction. L’enjeu de la production voit s’opposer des groupes sociaux dans le rapport social de production (dans la société capitaliste : bourgeois et prolétaires). L’enjeu de la reproduction structure la société entre hommes et femmes et pose le problème de la domination masculine.
      Le genre et plus particulièrement le transgenre subvertit cela. Il brouille l’idée de rapport social et lui oppose l’image d’une société d’individus inventant leurs relations et se constituant en groupes dotés chacun d’une culture propre.
      Mais tout cela est trop long à expliquer, voir https://lemoine001.com/2014/06/08/rapport-social-de-sexe-9-retour-final-a-marx/ et les 8 articles précédents et quelques autres encore (tout cela édité ferait sans doute 200 à 300 pages).

      • Milsabor // 05.04.2019 à 10h24

        « En effet, toute société est structurée autour de deux enjeux fondamentaux : la production et la reproduction »
        La société peut être symbolisée par une famille : l’état-parent organise la transmission transgénérationnelle de la loi fondamentale à ses deux enfants-peuple : les bourgeois et les prolétaires. La loi fondamentale prescrit le bonheur du peuple en interdisant les relations incestueuses entre l’état et le peuple. Le capitalisme agit l’inceste selon lequel l’enfant-bourgeois s’approprie la loi de l’état-parent à son profit aux dépends des enfants-prolétaires.
        Le problème de l’inceste ne se réduit pas à la domination masculine dans le couple et bourgeoise dans la société, mais il touche à la destruction du sens par des effets d’inversion (perversion) ou de délire (psychose).

        • lemoine001 // 05.04.2019 à 10h38

          bof ! Je ne m’envole pas dans des abstractions plus ou moins heureuses. Non je suis basique. Dans une société agit une contradiction : elle a pour base à la solidarité de ses membres (je mange ce qu’a produit l’autre et l’autre reçoit des autres). C’est cette réciprocité qui est le ciment de la société. Mais dans le même temps la société oppose des groupes sociaux aux rôles différenciés dans le cadre de la production et de la reproduction. Qu’il y ait un Etat dépend du degré de développement des sociétés et des moyens de la domination.
          Les rapports sociaux sont “noué” par des institutions et des rites. Le mariage fixe les modalités du rapport social de sexe et assure la transmission. https://lemoine001.com/2014/06/05/rapport-social-de-sexe-8-le-mariage-homosexuel/

          • Milsabor // 05.04.2019 à 11h40

            Je m’excuse d’avoir été abscons. Je veux juste insister sur l’aspect que Marx a appelé “aliénation” qui va beaucoup plus loin que le rapport de domination. S’il n’y avait que des rapports de domination le mouvement des luttes initié depuis 1917 ne serait pas arrêté avec une capitulation du PC en rase campagne. La situation actuelle révèle la profondeur du problème de l’aliénation qui nécessite de compléter la lecture marxiste par la lecture psychiatrique.

            • lemoine001 // 05.04.2019 à 13h03

              L’aliénation chez Marx comme chez Hegel et Feuerbach n’a rien à voir avec la psychiatrie. Être aliéné c’est être autre que soi même, croire agir alors qu’on est agi. Pour Hegel l’esprit s’aliène dans la matière. Pour Feuerbach l’homme se projette dans le divin. Pour Marx l’aliénation est un processus concert. Le capitaliste se croit maitre de ses actes alors qu’il sert le capital. Le travailleur est étranger à son travail. Il est commandé dans ses actes et n’a de part ni dans l’organisation, ni dans les buts, ni dans les produits de son travail. L’homme en général a son essence hors de lui-même (dans l’ensemble des rapports sociaux), il est produit autant qu’il produit.

              • Sandrine // 05.04.2019 à 13h56

                Le capitaliste est agit par le capital, dites-vous.
                Mais qui est ce capital qui apparemment tire toutes les ficelles ? Est-il naturel ? Si oui, il est absurde de vouloir l’abattre avant qu’il ne meure de sa belle mort…
                A moins de penser qu’il y a une réalité au-delà de la nature (de la matière pour reprendre les catégories de Marx). Et du coup cela relativise beaucoup les prétentions au « matérialisme scientifique » et au déterminisme des « rapports sociaux »
                Comment répondez-vous à cette aporie?

                 +1

                ALERTER

    • Bèbert le Fou // 05.04.2019 à 09h27

      Un bon exemple de l’extrême individualisme à l’œuvre dans les sociétés occidentales est donné par le Nouvel Obs (il y a sans doute plus radical encore mais je ne prends en compte que les média ayant une certaine diffusion). Les unes du site sont la plupart du temps contre les “discriminations” encore présentes dans nos sociétés. Ces derniers jours, il n’y en avait que pour les transgenres.
      Si on sait en plus que cet hebdo se présente comme une revue de gauche, voilà qui en dit long sur l’état de décomposition avancée de cette gauche là !
      Un mot sur Todd : son argumentaire est très convaincant (comme le sont d’ailleurs tous ses livres). Le présent texte reprend certaines thèses de “Où en sommes nous ? Une esquisse de l’histoire humaine”. Il est sorti en livre de poche il y a quelques mois. À ne pas louper. C’est par contre la première fois que je vois chez Todd une question pendante : l’occident (alias me monde anglo-américain s’est-il engagé sur une mauvaise voie ?). J’avais surtout vu (chez Todd) auparavant des louanges à ce monde là. Je pense qu’ils ne sortiront pas de la révolution libérale comme ça. Le libéralisme est un agent très puissant de décomposition de toute la société et c’est bien à ça que l’on assiste.

      • Tonton Poupou. // 05.04.2019 à 10h04

        Ce qui caractérise la décadence c’est que c’est un processus long et invisible où paradoxalement tout semble aller mieux dans la société si on la regarde superficiellement alors que les fondations s’effritent. Le seul marqueur visible étant celui des moeurs. Comme disait l’autre : “La décadence !? …… C’est la bonne ambiance!”.

      • Alfred // 05.04.2019 à 21h30

        C’est bien vu pour l’Obs. Grand lecteur de rue89 à ses débuts je l’ai bien évidement délaissé en particulier depuis que ce bouzin a été repris par l’obs (déjà macronien avant même que Macron n’existe). Cependant il m’arrive parfois d’y revenir “pour voir”. je dois dire que je ne suis jamais déçu. C’est proprement ahurissant. Ce journal est devenu une sorte de caricature. Presque un gag. Allez sur leur site (rue..) vous comprendrez.

    • martin // 05.04.2019 à 09h43

      Je trouve l’approche de Todd très éclairante, comme toujours, mais comme toujours, j’ai envie de remonter un cran plus haut que les systèmes familiaux et religieux, vers la classification des grands systèmes culturels par Descola.

      1> Le matriarcat russe s’explique alors non seulement par la présence éminente de la vierge dans le système religieux, présence qui vient compenser les effets des structures familiales autoritaires. Il faut se rappeler que le monde slave d’avant la conversion est fortement animiste. Or, précisément, la vierge orthodoxe, mère de dieu, est aussi la terre. La vierge orthodoxe est cosmique. Le conservatisme russe pourrait bien être aussi une résurgence aussi profonde qu’invincible du vieux chamanisme slave.

      2> De même, il est difficile de ne pas voir dans la résurgence du Ren chinois, la réactivation d’une couche totémiste profonde dont la pensée chinoise témoigne à chaque pas. Dans la coopération comme dans la lutte, l’autre c’est moi.

      Cette couche profonde est négligée par Todd, peut-être parcequ’elle renvoie à un cyclologie cosmique qui n’est guère à son goût.

      • Bèbert le Fou // 05.04.2019 à 10h01

        Ce que je retiens des lectures de Todd, c’est que ce agit au plus profond de nous, ce sont d’abord les systèmes familiaux. Il y a ensuite les systèmes religieux, qui sont plus récents, et qui agissent de façon plus consciente, et enfin les systèmes éducatifs, dont Todd date le démarrage de la Réforme protestante en Europe (et d’abord en Allemagne).

      • Sandrine // 05.04.2019 à 14h39

        La présence éminente de la vierge dans le système religieux n’est nullement une spécificité russe. Je dirais même qu’en la matière, le catholicisme est beaucoup plus « hard » que l’orthodoxie (cf: le dogme de l’immaculée conception qui indispose tellement les orthodoxes)

        Parler de « matriarcat » a propos de la Russie est de toute façon un contre-sens.
        Todd d’ailleurs connaît visiblement assez mal l’histoire russe, sinon, il ne dirait pas de la commune paysanne traditionnelle russe traitait à égalité les freres et les sœurs.
        Comme dans toutes les familles paysannes patriarcales, la paysanne russe était d’abord une monnaie d’echange entre famille et ensuite une servante de sa belle-famille…
        C’est le communisme (c’est à dire l’influence de l’individualisme occidental) qui a donné à la femme russe contemporaine son statut égal à l’homme.
        J’aimerais demander à Todd s’il connaît le « terem » russe…
        La situation particulière des femmes russe tient aussi probablement au fait qu’en plus de l’influence derterminante du marxisme occidental, l’instauration de la famille communautaire est relativement récente. Au moyen-âge, c’etait plutôt le modèle nucléaire qui prevalait. Cela a forcément du laisser des traces.

        • TB // 05.04.2019 à 18h22

          Todd, dans ses diverses conférences, dit que en effet les familles communautaires abaissent le statut des femmes, et s’échangent les brus comme des meubles. Il précise que cependant le statut des femmes est resté plus élevé dans la famille communautaire russe que dans la famille communautaire chinoise exactement pour la raison que vous évoquez : la famille communautaire s’est développée en Russie plus tardivement qu’en Chine. Le marxisme arrive très longtemps après, et selon la thèse de Todd, y connait un certain succès justement parce qu’il est acceptable dans ce cadre anthropologique. Si le marxisme a eu un effet sur l’égalité homme-femme, ce sont sans doute les Chinoises qui en ont le plus bénéficié.

        • lon // 05.04.2019 à 21h40

          Un jour quand l’hystérie libérale sera enfin retombée on examinera à nouveau l’histoire communiste soviétique et peut-être alors rendra-t-on justice à un système qui a énormément fait pour l’émancipation des femmes , et on comprendra aussi l’enthousiasme des jeunes générations russes nées de la révolution et leur volonté acharnée de résistance envers les nazis ; tout ça ne s’explique pas par réduction à la terreur stalinienne , les jeunes femmes russes se sont battues , il y avait aussi des jeunes femmes pilotes de chasse , et les nazis porteurs d’une idéologie ultraconservatrice ne s’y sont pas trompés qui abattaient systématiquement les femmes soldats prisonnières ( il y a eu plus de 800.000 jeunes femmes volontaires dans l’Armée Rouge ). Les féministes et le mouvement pour les droits des femmes , comme les écologistes d’ailleurs, devraient se rendre compte que le capitalisme est intrinsèquement leur ennemi , car fondé sur des valeurs de domination et d’exploitation , et que seule une société d’inspiration socialiste pourra assurer l’égalité des sexes et l’équilibre qui en résulte

        • Zarathustra // 08.04.2019 à 01h21

          C’est intéressant l’approche religieuse dans l’etude de Famille. Car il me semble qu’il y a une volonté de tout simplement la détruire. Pas plus tard qu’hier une publicité ma frappe de marque je croit -Temps de cerises ( jeans) avec le texte: » Nous allons nous aimer jusqu’à ce que la Vente nous séparera »

    • Tonton Poupou. // 05.04.2019 à 09h52

      La Russie suscite une aversion ?
      Peut être dans un “certain” milieu – un microcosme policaillon éditocrate et trolls russophobiques obsessionnels.
      Mais si vous prenez les chiffres (fiables et réels) des différents partis – LFI, RN, LR – russophiles, aux dernières élections présidentielles vous avez une forte majorité qui se dégage. J’en conclu donc qu’une forte majorité populaire en France est amicale envers la Russie. Ceci expliquant aussi en partie un fort désintéressement des français et une méfiance grandissante envers ce microcosme policaillon éditocrate et trolls russophobiques obsessionnels qui boucle sur lui même et tourne en rond en polluant les médias et les réseaux sociaux(pathes).

      • Kiwixar // 05.04.2019 à 10h34

        Peut-être que la Russie suscite l’aversion chez les Français lobotomisés par les éditocrates et qui continuent à suivre les mer.dias. Il en reste quand même un sacré paquet. Cette aversion chez les bobos a dû avoir don pic lors du début des troubles en Ukraine et l’annexion de la Crimée. Elle a dû retomber depuis que la Russie a aidé à détruire Daesh.

        Je trouve d’ailleurs intéressant, quand on rencontre des gens anti-russes, de leur demander pourquoi.

    • yann // 05.04.2019 à 10h20

      Je ne sais pas si effectivement la question transgenre est si importante que ça en occident. Ce qu’il y a de sûr c’est que notre obsession négative pour la Russie est effectivement très curieuse. La question sexuelle n’a cependant que peu de rapport avec ça à mon avis puisque comme le dit lui même Emmanuel Todd l’occident tolère assez bien l’homophobie extrême de certains pays musulmans comme l’Arabie saoudite. Il n’y a par exemple eu aucune réaction officielle à la légalisation de la peine de mort par lapidation des homosexuels au Brunei alors qu’il s’agit là de quelque chose d’infiniment plus grave que les quelques critiques du mariage homosexuel en Russie.

      De la même manière le Japon peut tout à fait incarner le conservatisme, au moins autant que la Russie. Et pourtant ce pays est adoré en occident. Le vrai tort de la Russie est surtout d’être un pays européen indépendant. Aux USA elle agace parce qu’elle s’oppose comme la France Gaulliste aux intérêts américains. En Europe elle rappelle aux nations européennes ce que c’est que d’être un pays libre. Ce qui quelque part doit donner mauvaise conscience à l’élite corrompue et ultra-américanophile qui dirige les nations d’Europe de l’Ouest. Je sais bien que la marotte de Todd c’est présenter l’UE comme un machin allemand. C’est vrai sur le plan économique, mais sur le plan géostratégique c’est surtout le machin des Américains. C’est plutôt dans cette direction à mon humble avis qu’il faut chercher l’aversion pour la Russie.

      • Sandrine // 05.04.2019 à 14h55

        Le Japon et l’Arabie saoudite ne sont pas chrétiens, c’est ce qui fait toute la différence.
        Malgré son matérialisme de façade, l’ideologie occidentale contemporaine se perçoit comme une version sécularisée du christianisme.
        Le fameux « on ne naît pas femme on le devient » de Simone de Beauvoir (qui irrigue toute la pensée post-moderne en général et « queer » en particulier) est un exact décalque de la phrase de Tertulien : » on ne naît pas chrétien, on le devient » ,phase elle-même issue du passage bien connu chez saint Paul (en christ il n’y aura plus ni juif ni gentil, ni homme ni femme, etc.).
        Le côté « résistant » des Russes en matière de profession de foi « trans » (pas seulement transgenre, toutes les forme de « trans ») est une gifle pour le monde occidental, en particulier le monde protestant libéral qui s’est toujours vécu comme à l’avant-garde de la sainteté en matière de christianisme…

        • yann // 05.04.2019 à 20h38

          Chrétiens ils le sont, mais du genre orthodoxe. Il y a quand même historiquement une grosse coupure depuis 1054, mais surtout depuis la quatrième croisade qui a vu la destruction de Byzance et la chute du cœur historique du monde Orthodoxe. L’Empire byzantin ne se remettra jamais de ce coup de poignard catholique dans le dos. Depuis les chrétiens orthodoxes sont un peu à part pour les cathos et leurs multiples hérésies.

          Je constate surtout que le Japon ou l’Arabie sont des pays soumis à l’empire américain . D’ailleurs en Amérique du Sud bon nombre de pays n’adhèrent pas vraiment aux idéologies modernistes. Je ne suis pas certain que le Mexique et sa population soient très Gay Frendly par exemple. Pourtant nulle réaction occidentale sur le retard de ces pays catholiques pour la simple raison qu’ils sont soumis à l’empire. Je pense franchement que c’est la raison la plus simple et la plus explicative.

    • lemoine001 // 05.04.2019 à 10h49

      Je pense que l’opposition des USA à la Russie n’a pas grand chose à voir avec la question des mœurs autrement les USA devraient haïr l’Arabie Saoudite. Elle est d’abord une suite de la grande peur du communisme et elle est aussi un cas de la haine pour tout pays disposant d’immenses ressources qui échappent à l’impérialisme US. Ce que les USA aiment c’est qu’on leur soit soumis !

      • Sandrine // 05.04.2019 à 12h30

        La question des ressources est à mon avis fondamentale. La vraie raison de l’obsesion des occidentaux par rapport à la Russie, c’est la Sibérie (et ses immenses terres qui vont redevenir très fertiles avec le réchauffement climatique).

        La question des mœurs est, je pense aussi, un prétexte « secondaire ». Pour autant, il ne faut pas en nier la force idéologique très structurante. « L’homme ne vit pas que de pain » et les idées sont un carburant extrêmement efficace de l’action politique. Le conservatisme moral des russes est une menace pour le transhumanisme qui est le faux nez du capitalisme neo-liberal comme vous le dites très bien dans vos textes. La réthorique « transgenre » est elle-même l’avant-garde du transhumanisme. Mais il ne faut pas croire qu’elle ne concerne que la question du genre : en effet, on parle de plus en plus des « trans-races ». La question du féminisme et du genre est secondaire dans l’idéologie « trans ». Ce qui compte c’est la transgressions des déterminismes naturels, la toute puissance de l’esprit sur le corps (un esprit très « matérialiste », qui est décrit comme pur « désir », mais bien peu parmi les tenants de cette idéologie sont conscients de cette contradiction ).

    • Cyd // 05.04.2019 à 11h23

      Je vais faire un peu de hors sujet en bifurquant sur la Théorie du Genre

      Todt rappelle que derrière ceci il y a l’aspiration à la liberté totale (aux caprices ?).

      Apres avoir tué Dieu(x) la personnification de la contrainte sociale, ces radicaux voudraient tuer la Nature et s’affranchir de ses règles notamment génétique (transhumanisme et Gender)

      C’est devenu, pour parodier Descartes « je veux donc je suis ».

      Todt cite cette personne “transgenre” qui voulait son opération non pas pour guérir un mal-être mais parce que tel était son bon plaisir.
      Dans le même registre, j’ai en tête un témoignage d’un médecin « PMA » qui se désolait que certaines patientes infertiles, faisaient une PMA puis allaient avorter et s’offusquaient qu’on leurs refusent une nouvelle PMA.

      Le désir individualiste est devenu la mesure de toute chose

      Une personne transgenre se veut d’un sexe différent de celui de sa naissance parce qu’elle se voit ainsi, et parce que la Nature, c’est fachiste

      Je m’étonne déjà qu’à partir du moment où on considère le corps biologique comme non significatif, on s’acharne à le charcuter.

      Mais surtout, si le ressenti individuel est tout, que se passe t’il si la personne transgenre se voit homme, et que moi je la vois femme ? pourquoi sa vision, extérieure à mon Moi tout puissant, serait-elle plus légitime que la mienne ?

    • Ando // 05.04.2019 à 11h29

      Le critère anthropologique est certainement très intéressant et utile lorsque l’on veut donner du sens au réel. Mais c’est un critère comme un autre dont la validité n’est pas vraiment predictive mais plutôt eclairant seulement a posteriori. La construction du reel est toujours un regard en arrière cad dans l’abstrait. La Russie… Je connais peu de Russes qui ne soient pas individualistes. Ils le sont bien souvent beaucoup plus que ceux de l’ouest. C’est même l’une des raisons qui expliquent leur attachement a leur pays. Ils y vivent comme ils l’entendent et personne n’exige d’eux d’adhérer a un modèle de comportement ou a un autre comme c’est devenu le cas dans l’autre partie de l’Europe.

    • Ando // 05.04.2019 à 11h46

      Bref, je ne crois pas a l’argumentation de Todd. Que la Russie soit une puissance conservatrice est une évidence. Mais presenter un monde étasunien travaillé par une bigotterie violente et éculée comme un modèle de progressisme laisse songeur. Le temps long montre autre chose : une forme de haine du monde anglo-saxon a l’egard de ce pays quel que soit le type de régime qui l’a dirigé (on se rappelle les campagnes russophobes dans la presse étasunienne déjà fin 19ème) . A ma connaissance je n’ai jamais ressenti de haine dans ce qui emane de la société russe quand elle evoque les États-Unis, plutôt du mépris, une prise de distance, un sentiment d’étrangeté mais rien qui exige la mort de l’autre. La capacité de ce monde anglo saxon a sécréter de la haine et a vouloir et rechercher la domination voire la disparition de l’autre me semble le vrai sujet tant cette attitude semble irrationnelle, sans fondement historique. Le monde anglo saxon est fondamentalement violent, au-delà de l’image apaisée et sage qu’il veut absolument projeter.

      • Kiwixar // 05.04.2019 à 12h39

        “cette attitude semble irrationnelle, sans fondement historique”

        Si on revient à une des violences extrêmes des anglo-saxons (le génocide des Amérindiens), il y avait une certaine logique : l’accaparement des terres. Peut-être la même volonté avec l’anti-russisme, volonté d’accaparer (hydrocarbures).

        Et derrière, il y a la religion, avec cet exemple que j’ai vu de mes propres yeux le mois dernier dans un programme d’une église anglicane à Sydney à destination des enfants. Illustration d’un épisode de l’Ancien Testament où les gus arrivent, accaparent les terres et tuent tout le monde. Explication : (1) ce n’était pas leur terre, c’était la terre de Dieu (2) ils méritaient de mourir, c’étaient des pécheurs (sinners)….

        Prochaine étape, l’Armaggedon nucléaire parce que “nous sommes tous des pécheurs”? Ces types de l’Otanie sont complètement félés, qu’est-ce qu’ont fait avec eux??

        • Cyd // 05.04.2019 à 13h44

          Oui, le protestantisme se veut un retour au fondement, un anti-catholicisme.

          Je suis toujours surpris que les protestants qui sont chrétiens, se référent bien plus souvent à l’Ancien Testament alors que celui-ci est “abrogé” par le Nouveau. Pour un catholique, l’Ancien Testament n’est là qu’à titre de contexte historique.

          Ca se voit souvent dans des films américains, genre pulp fiction, où c’est toujours l’Ancien Testament qui est cité mais jamais le nouveau

          A noter que l’Islam a exactement le même parcours 1000 ans auparavant. L’islam se réclame du retour au fondement, contre la falsification des écritures. Et le coran est truffé de passage de l’Ancien testament

          Ca pourrait expliquer une partie de la bonne entente USA -sunnisme d’une part, et USA-sionnisme d’autre part

          • Kokoba // 05.04.2019 à 14h46

            “c’est toujours l’Ancien Testament qui est cité mais jamais le nouveau”

            Voilà une remarque importante.
            ET ce n’est pas seulement les films Américains mais tous les discours de tous les “élites”.

            Le message de Jesus est beaucoup trop révolutionnaire pour eux.
            L’ancien testament parle de violence et de domination, ce qui leur convient bien.
            Jesus, lui, parle d’amour et de tolérance, il n’aime pas les riches et accueille les petits.
            Vous imaginez ce qu’un Macron les-gens-qui-ne-sont-rien préfère ?

          • Sandrine // 05.04.2019 à 15h09

            @cyd
            « Je ne suis pas venu pour abroger la loi mais pour l’accomplir » evangile selon Matthieu.

            L’ancien testament n’est nullement abrogé par le nouveau.
            La démarche bro-testamentaire est très différente de la démarche Coranique qui nie la véracité des révélations contenues dans la Bible (Bible= ancien +nouveau testament)

            L’obsessession protestante pour l’ancien testament vient à mon avis de l’ absence de clergé qui induit une recherche de règles clairement édictées afin de maintenir la cohésion sociale.
            Le nouveau testament ne propose aucune règles à part l’amour… ce qui peut s’avérer un peu court dans certains cas…

            • Cyd // 08.04.2019 à 09h22

              L’évangile selon Matthieu que vous citez montre bien que la question de l’abrogation de la loi de Moise se pose.
              Et la réponse de Jésus de Nazareth à cette question est particulièrement sophistique.

              Faut dire qu’il a explicitement abolit dans des passages célébres les interdits alimentaires, les ablutions rituelles, le sabbat, la répudiation, la lapidation sans compter la prédiction de la destruction du Temple de Jérusalem, lieu de la présence physique de Yhawe

              Toutes ces pratiques sont présentes dans le judaïsme antique, absentes du christianisme, et rétablient en Islam, car l’Islam se veut la restauration de la Loi de Moise au prétexte qu’on aurait mal compris voire falsifié (St Paul) les paroles de Jésus

              Que reste t’il alors de la Loi de Moise ?
              A noter que les mulsulmans “réformateurs” utilisent exactement la même rhétorique que Jésus pur promouvoir leur réforme : le contexte bédouin inculte et dure de l’époque
              Exemple “7Pourquoi donc, lui dirent-ils, Moïse a-t-il prescrit de donner à la femme une lettre de divorce et de la répudier?8Il leur répondit: C’est à cause de la dureté de votre coeur que Moïse vous a permis de répudier vos femmes; au commencement, il n’en était pas ainsi”

              Mais ca rique d’être difficile, car Islam a déjà l’antidote, l’unité d’Allah en tout temps, en tout lieu, en toute circonstance

          • calal // 05.04.2019 à 19h36

            un exemple de passage de l’ancien testament:

            Écoutez ceci, vous qui écrasez le pauvre pour anéantir les humbles du pays, car vous dites : « Quand donc la fête de la nouvelle lune sera-t-elle passée, pour que nous puissions vendre notre blé ? Quand donc le sabbat sera-t-il fini, pour que nous puissions écouler notre froment ? Nous allons diminuer les mesures, augmenter les prix, et fausser les balances. Nous pourrons acheter le malheureux pour un peu d’argent, le pauvre pour une paire de sandales. Nous vendrons jusqu’aux déchets du froment ! »
            Le Seigneur le jure par la Fierté d’Israël : Non, jamais je n’oublierai aucun de leurs méfaits. »

            Prophète Amos, 8

      • Sybillin // 06.04.2019 à 08h03

        Merci pour tous ces commentaires éclairants …
        Pour connaître une petite communauté russe depuis de nombreuses années et sans vouloir généraliser, je suis impressionné par leur goût pour la culture. Ils ont peu de moyens et s’en accommodent mais le peu d’argent dont ils disposent est utilisé pour l’éducation des enfants…ni télé ,ni jeux vidéo …mais des livres, des leçons de musique, d’art, des voyages culturels lorsque c’est possible. Il y a aussi entr eux une très grande solidarité. Bref la vie des idées est beaucoup plus importante que le matérialisme. A mon avis c’est ce qui les différencie et les opposent le plus aux américains et ce qui leur donne une très grande résilience et leur permet de garder leur modèle de civilisation qu’ils protégeront quoiqu’il arrive.
        N’oublions pas qu aux USA l’ histoire n’est pas enseignée à l’école! Il est alors difficile de s’opposer à une injonction de haine vis à vis d’un peuple ou d’un pays que l’on ne connaît pas! et je pense que ces peuples ont des valeurs trop opposées pour se comprendre un jour.
        Les français plus imprégnés d’histoire sont plus critiques sur cette russophobie ambiante.

      • Marc Michel Bouchard // 07.04.2019 à 12h32

        Le propre du millénarisme prophétique d’inspiration ou de type judéo-chrétien consiste a produire des forces révolutionnaires et le mode révolutionnaire n’est pas un concentré de positivisme extatique, il contient du bon et souvent du très mauvais parce que l’énergie révolutionnaire c’est l’esprit de la théocratie. Le millénarisme révolutionnaire a besoin du fanatisme pour se propulser et toujours se mouvoir et se projeter dans l’avenir. Ce propos ne se veut pas réactionnaire, il signifie qu’une idéologie protestante millénariste s’est incarné chez les anglo-saxons et leur a permis de se donner bonne conscience avec les Africains esclaves et les Amérindiens pour les traiter en sous hommes. Les Français dans leur colonie première du Canada ont mis l’accent davantage sur la conversion à l’église catholique des autochtones qu’à l’expulsion tranchée de leurs terres tout en donnant pouvoir aux missionnaires Jésuites. L’invention heureuse de l’ampoule électrique est le fruit de l’instabilité révolutionnaire de l’Europe du Nord donc idem la France.

        • Marc Michel Bouchard // 07.04.2019 à 12h42

          Non rappelé par E.Todd sur les révolutions indirectement de Pascal philosophe 17ème par réinterprétation large: ” qui fait l’ange fait la bête”.

    • Le Rouméliote // 05.04.2019 à 12h25

      Mis à part le “de plus ou moins bon grès ” (gré !), un excellent article qui rejoint ce qui me paraît essentiel depuis longtemps : c’est qu’on n’a jamais quitté le XIX° siècle. L’humanité poursuit l’extension et l’approfondissement de la Révolution industrielle, qui a débuté en Angleterre à la fin du XVIII°, et son corollaire l’expansion de la transition démographique à tous les peuples. Le capitalisme a fourni l’essence au moteur des progrès scientifiques et techniques, ce qui a bien été décrit par Marx, Engels et d’autres, comme les anarchistes. La gauche s’est instituée en réaction à la rapidité de ces progrès qui se traduisent par des régressions sociales, donc comme un bloc “conservateur”, dont l’URSS était le porte-drapeau. Aujourd’hui la gauche a éclaté en morceaux avec la fin de l’URSS et se rattrape avec le “sociétal” et l’écologisme, tandis que le capitalisme a été absorbé par la fabrication de monnaie de singe par les banques. On arrive à la fin de la transition démographique et des capacités de financement des “progrès” techniques par les profits dégagés de l’économie réelle, donc vers un nouveau monde ce qui engendre bien des peurs millénaristes

    • Cognominal // 05.04.2019 à 12h48

      Le paradoxe non relevé par Todd, c’est que la russophobie est impulsée par les néocons très antisociétaux pour s’y être brûlés dans le passé, mais relayée par les msm devenus férocement prosociétaux.
      Donc les néocons sont très sorosiens pour la réalité de leurs regime changes et absolument antisorosiens pour les US. Nos néocons locaux vont probablement basculer antisociétaux pour pouvoir déborder la montée du souverainiste qui voit à juste titre le sociétalisme comme une forme de l’antisocial néolibéral.
      Ce que partage les néocons et les sociétaux est un amour de la censure pour faire taire leurs adversaires. Pire, l’opposition contrôlée, ici les-crises, s’autocensure. Nous vivons une nouvelle forme de syndrome de Stockholm.

      • Sandrine // 05.04.2019 à 15h18

        Oui, bonne remarque. Les neo-cons sont rarement « pro-trans ». En revanche, il sont souvent très « protestants ». Et le protestantisme est contre la primauté des « communautés naturelles héritées de l’histoire », ce qu’incarne précisément la Russie.
        Le « born aigain » comme son nom l’indique, pense qu’on peut naître à nouveau et « abandonner le viel homme en nous » pour aller vers le bien (et l’enseigner aux autres…)

    • Séraphim // 05.04.2019 à 12h48

      Todd a fait dans la facilité cette fois-ci. Oui d’accord les structures familiales sont rémanentes et résilientes, partiellement, aux transformations du monde. Mais quand même elles sont aussi perméables à ce qui vient de l’extérieur. Ou de l’intérieur! Par exemple en Chine c’est la politique de l’enfant unique qui a transformé les usages confucéens de la relation père-fils. La mère, voire la grand-mère organise la famille non autour du père mais du fils, et même également, incroyable, de la fille. Tant pis! la transmission se focalise sur l’avenir. Quand on pense qu’en 1930 (j’ai un journal de l’époque) un homme se faisait condamner à mort pour avoir tué accidentellement son père. Son innocence factuelle était reconnue au tribunal, mais dans le parricide, pas de de détail!
      Enfin Todd fait l’impasse sur la religion, en tous cas il ne la cite même pas. Ne la comprend-il pas comme le reconnaissait Freud? Elle ne se réduit pas à des rapports structurels intra-sociaux ou entre la société et la nature; ça c’est le (tout) petit bout de la lorgnette. Les Russes ont été marqués par la religion et également par leur révolte contre elle. Elle a servi aussi, au 19ème siècle (voir Dostoievski) de référence et de soutien à la rébellion! En tous cas, malgré des thèmes identiques, elle diffère de la religion occidentale et imprime la société différemment. Les chevaliers teutons sont d’ailleurs toujours dans la mythologie slave actuelle. Analyser cela c’est une sacrée paire de manches!

    • Sandrine // 05.04.2019 à 13h13

      La « blancheur »n’a rien à voir là-dedans. Je vous rappelle qu’il n’y a pas si longtemps les Russes n’étaient pas considérés comme des vrais blancs mais comme une sorte de mix eurasiatique (des faux-blancs en quelque sorte, fort dangereux pour les « bons » blancs).

      En revanche la variable religieuse me semble déterminante : ce qui est tolérable chez des non-chrétiens (musulmans ou animistes) est insupportable chez des chrétiens. Et cela précisément parce que la rhétorique « trans » consiste à dire que tout ça vient du christianisme et qu’il ne s’agit que d’une forme sécularisée de christianisme (« on ne naît pas chrétien, on le devient » dit Tertulien -qui lui-même tire cette idée de Paul)

    • lemoine001 // 05.04.2019 à 15h39

      @Sandrine
      Pour votre information : le capital est un rapport social dans lequel la richesse est propriété privée et prend principalement la forme argent. Le mouvement du capital vise à son accumulation car les capitaux entrent en concurrence dans la production et l’échange. Le cycle par lequel le capital s’accumule prend la forme A -M – A , apparue avec le capital marchand — que Marx analyse longuement dans Le Capital (qui remplace le cycle M – A – M propre aux économies précapitalistes)
      L’aliénation du capitaliste consiste en son intériorisation des exigences du capital. Il travaille à assurer “la compétitivité” de son entreprise, à gagner des “parts de marché”. Toute son activité a pour but l’accumulation du capital parfois jusqu’aux dépend de sa jouissance personnelle. Elle se voit clairement si on compare le rapport à l’argent de la noblesse et de la bourgeoisie (voir Molière : Don Juan versus l’avare, voir Balzac etc.).

      • Sandrine // 05.04.2019 à 16h13

        @Lemoine, j’ai parfois l’impression que dans le marxisme, les concepts sont un peu comme les fétiches dont parlait Marx…
        Qu’est-ce qui est premier l’esprit du capitaliste ou  l’esprit du capital?… Vous esquivez toujours la question .

        • lemoine001 // 05.04.2019 à 16h26

          Oh la la ! quel esprit brumeux ! Un rapport social n’a pas d’esprit, il crée en revanche des contraintes. Le rapport social de sexe impose des conduites propres à chaque sexe variant selon les sociétés. De même dans le capital les rôles ne se choisissent pas. Ils sont scellés par des institutions comme le contrat de travail ou les attentes des actionnaires via le conseil d’administration.

          • Sandrine // 05.04.2019 à 16h57

            Oui et par quel miracle l’homme prétend changer tout ça ? Pourquoi ne laisse-t-il pas les « forces » des rapports sociaux de production et de reproduction faire leur œuvre?
            Finalement « la main invisible » du marché et les forces des « rapports de production », ce sont des conceptions très proches, vous ne trouvez pas?

            • lemoine001 // 05.04.2019 à 17h02

              Réfléchissez et vous trouverez peut-être la réponse.

              Prenez l’exemple du rapport social de sexe. Qu’est-ce qui fait que cela change ? Vous trouverez des explications longues et détaillées chez Norbert Elias (la civilisation des mœurs).

    • Arthur Lepic // 05.04.2019 à 17h41

      C’est une théorie très articulée mais il lui manque encore quelques points d’ancrage
      Pour faire basculer radicalement le raisonnement dans sa logique, il suffit d’ajouter un seul élément relativement simple
      Le pic de la production mondiale de pétrole conventionnel en 2016 et l’arnaque du pétrole de réservoir compact (“pétrole de schiste”, ce qui est faux), non rentable mais largement subventionné depuis 2008
      La Russie dispose encore quant à elle de grandes réserves de pétrole conventionnel et gaz, relativement peu chères à exploiter. En se contentant de capitaliser là-dessus, selon les règles du marché mondial, elle est déjà bien positionnée, donc moins agressive
      Quand ce dernier mensonge sera exposé pour ce qu’il est, l’Empereur sera vraiment nu
      Manu, on sait que tu lis ce blog : parlons-en !

    • Vadim de Chevreuse // 05.04.2019 à 18h09

      Moi je conteste le paragraphe suivant: “Si l’on considère qu’une révolution, une vraie révolution, marque un réel changement des modes de production, des mœurs, des valeurs, un saut en avant vers la modernité, force est de constater que la révolution russe n’a de révolution que le nom”. Comment Emmanuel Todd a pu écrire cela? Justement que si, si l’on regarde l’histoire soviétique de 1920 à 1970, on ne pet ne pas se rendre compte que la révolution d’octobre est une véritable révolution. Aussi un bain de sang certes, comme une vraie révolution, mais aussi une énorme transformation et modérnisation de la Russie.

      • Sandrine // 05.04.2019 à 22h41

        Il veut dire que la Russie n’a pas été initiatrice du phénomène. Elle n’a fait qu’adapter à sa culture des innovations inventées ailleurs (dans le monde anglo-saxon). Ce qui n’est pas faux.
        La seule originalité de Lénine, c’est une technique de prise de pouvoir (mais qui a été grandement favorisée par le contexte de la 1ère guerre mondiale.)

        • Seraphim // 06.04.2019 à 00h32

          Ben voyons! Cet serait réduire la révolution aux événements d’octobre 17. Mais la mise en place des kolkhozes, l’anéantissement des koulaks (mode de production), la fin de la propriété privée, la destruction des églises et des pratiques religieuses (valeurs), La surveillance généralisée de la population et la délation (moeurs et pratique typiquement françaises selon Dostoievski 50 ans plus tôt), tout ça ne compterait que pour du beurre, du “collatéral” non significatif, importe et non structurant? Il faut n’avoir connu l’union soviétique que dans les livres pour proférer pareil non-sens!

          • porcinet // 06.04.2019 à 07h07

            J’ai cru que vous décriviez la France de toujours !

          • Sandrine // 06.04.2019 à 08h37

            D’une les innovations que vous décrivez n’ont pas duré et de deux, elles n’ont pas été inventée par les soviétiques (même pas par Marx – l’idee de propriété collective moyens de production, a été d’abord formulée chez Saint-simon)

            Quand à la répression, hein, vous n’allez pas me dire que c’est une exclusivité de l’URSS…

            • Zarathustra // 08.04.2019 à 01h04

              Pardonnez moi , j’aime beaucoup vous lire!…..J’aimerais vous contredire – l’idee certe n’étant pas nouvelle, il fallait la vivre en quelques générations et son impact Sur la mémoire collective russe, laisse sur les russes d’aujourd’hui les traces de ce qu’on leurs trouvent de si particulier vis à vis de reste de la planète! Quel autre Région ( anciennement Empire et bénéficiant de progrès industriel fraîchement arrivée ( dont le côté négatif a produit la révolution) ) a jamais eu l’occasion d’expirementer le Kibboutz a l’echelle D’un pays!?… C’est une expérience intéressante! Tout comme le capitalisme avec son libéralisme sans limite, est une expérience intéressante mais mal maîtrisé, comporte en soi la nécessité de se réformer, donc une certaine mort et transformation!

          • Vadim de Chevreuse // 06.04.2019 à 09h32

            La révolution russe c’est aussi cela, mais pas que cela, c’est aussi justement une énorme modérnisation du pays, changement des moeurs et des valeurs, refonte de la société et pas que dans le mauvais sens que vous faites ressortir avec éclat. Le régime soviétique a aussi propulsé la Russie au sommet de la puissance mondiale, déraisonnable de le nier. Les avancées sociales des sociétes occidentales après la guerre sont dans une importante mesure conditionnées par “l’exemple” soviétique, avec ses “bons” et “mauvais” côtés. C’est pour cela que le sens de ce paragraphe de Todd m’échappe, comme ne m’apparaît raisonnable la vision basiquement réductrice de Seraphim. La révolution russe est une “parfaite révolution” comme la révolution Française, richement dotée d’horreurs et de merveilles. Mais nous n’avons pas encore le même recul sur ces deux événements, la révolution russe s’étant produite beaucoup plus récemment.

            • Sandrine // 06.04.2019 à 11h05

              Ce que veut dire Todd, je pense, c’est que la révolution russe comme la révolution française avant elle n’a fait que concrétiser des révolutions initiées avant elle dans la partie extrême-occidentale de l’Europe. Mais d’ailleues ce n’est pas contesté par les russe qui voient dans la révolution de 17 une victoire des « occidentalistes » (et il y a actuellement une volonté de retrouver la spécificité russe)

              J’avoue que Todd n’est pas très clair quand il parle des «anglo-saxons » sans préciser quelle réalité culturelle cela recouvre. Comme le fait remarquer un commentateur, plus haut, l’angleterre a connu de nombreuses bifurcations culturelles : les celtes, les anglo-saxons, les anglo-normands (qui étaient presque des français…), les hollandais… Quand aux américains, c’est encore plus compliqué. Dire que « les anglo-saxons » sont les seuls révolutionnaires du monde, c’est à mon avis aller un peu vite en besogne et c’est aussi céder à une espèce d’essentialisme un peu superficiel.
              Il faudrait expliquer pourquoi le monde extrême-occidental nord-européen a été le lieu où se sont concentrées les inventions théoriques et technologiques qui ont le plus bouleversé la condition humaine lors durant le dernier millénaire.
              Sans doute y a t il une conjonction de facteurs… parmi lesquels les structures familliales, mais pas uniquement.
              Mais Bon, Todd affectionnne les bons mots et les formules qui claquent. En cela il est très pédagogique. Et sur le fond, son intuition est juste à mon avis

              • Marc Michel Bouchard // 07.04.2019 à 11h12

                Sur l’Angleterre, l’oubli a été fait des Romains qui ont colonisés l’île sous l’empereur Claude il y a presque deux milles ans. Il y a des vestiges romains moins je crois qu’en France. Rome a laissé son empreinte sur toute l’Europe par le latin, l’architecture comme traces les mieux maintenues au Moyen âge avant la redécouverte des auteurs romains.

                 

                ALERTER

    • Duracuir // 05.04.2019 à 22h31

      Il est étonnant que Todd parle de l’activisme révolutionnaire Anglais à partir de la fin du XVIIe siècle sans le lier à évènement majeur qui en fut le prélude: l’invasion (historiquement fort discrète) de l’Angleterre par les Hollandais et l’instauration d’un roi Hollandais lui même. En quelques années à peine après cet évènement, il y a la naissance de la bourse de Londres(la seconde après Amsterdam…) et le début d’une humeur coloniale frénétique agressive et soudain génocidaire, à la manière hollandaise en Afrique du Sud ou à Batavia.
      A ce moment, le futur monde anglo-saxon est devenu une excroissance de l’esprit Flamand(ou Batave). Et rappelons le, avant cet “avènement” anglo-saxon, la Flandre historiquement a été à l’origine de toutes les révolutions depuis le XIIe siècle: ils ont inventé l’industrie, la bourgeoisie communale, les milices populaire de fantassins armés de pique, embryon de la révolution militaire du XVe siècle avec les carrés Suisses puis les tercios espagnols qui mirent fin à 1000 ans de suprématie de la cavalerie et ainsi même de la raison d’être de l’ordre nobiliaire. Ils ont créé la bourse, la banque, un état souverain calviniste.

      • Jérôme // 06.04.2019 à 10h29

        La colonisation anglaise du continent nord-américain commence dès 1607, bien avant 1688 et la montée sur le trône de Guillaume III d’Orange, Stathouder de Hollande qui était surtout la figure de proue des protestants de diverses origines (Hollandais, allemands, français) décidés à ne plus tolérer que le roi d’Angleterre puisse avoir ne serait-ce que des sympathies catholiques.

        C’est plutôt sur un certain protestantisme calviniste (pas toutes les obédiences calvinistes) teinté de messianisme et à ses interactions potentiellement d’étonnantes avec certaines caractéristiques des peuples de marins marchands côtiers ou insulaires qu’il y aurait à creuser.

        Ajoutez-y enfin une possible spécificité des peuples germaniques dans leur vision de la colonisation, et pour lesquels le désir d’homogénéité a pu les conduire à vouloir se débarrasser des peuples autochtones dont les terres étaient colonisées alors que les colons latins ou slaves voulaient juste exploiter les autochtones voire dans certains cas les assimiler.

        • Sandrine // 06.04.2019 à 11h18

          La révolution économique de la renaissance a été initiée bien avant la réforme protestante. Je pense que l’on sous-estime le rôle du catholicisme dans la révolution capitaliste occidentale. Tout comme dans l’entreprise de colonisation du nouveau monde.
          Les peuples germaniques auraient un désir d’homogénéité depuis la nuit des temps? Anachronisme. Rien de tel au moyen-âge, par exemple. Le désir d’homogénéité est une maladie infantile de l’esprit démocratique (donc pas du tout germanique, pour le coup…) couplée avec la frénésie classificatoire de la science moderne.
          A noter aussi que le massacre des indiens fut préconisé par C Colomb qui les croyait manipulés par le diable. Pas de spécificité germanique la non plus…

          • Jérôme // 06.04.2019 à 14h41

            Je faisais référence à la colonisation germanique vers l’est, d’abord entre Elbe et Oder, puis à l’est de l’Elbe. L’ordre teutonique menait des guerres de colonisation.

            Quant au capitalisme, il ne faut pas le confondre avec l’economie, le commerce et les affaires. Il se distingue par l’accumulation des profits et leur réinvestissement dans l’activité productive et non pas dans les palais ou les terres pour s’anoblir et cesser les activités économiques « indignes » des aristocrates.

            Les princes marchands italiens ou allemands ou français de la fin du Moyen-Age et encore du 16ème siècle (Medici, Fugger, Welser, Jacques Cœur) n’étaient pas des capitalistes.

            • Sandrine // 06.04.2019 à 15h50

              Mouais… Les Génois ont pas mal accumulé de capital et pratiqué la colonisation. Les banques italiennes de la fin du moyen-age cherchaient le profil et pas seulement la gloire…

    • damien // 05.04.2019 à 22h56

      “”La Russie c’est la fatalité, l’espoir du monde, la force des choses””
      F.Dostoîevski

      j’ajouterai :
      la Russie c’est la nature du Monde, la nature en tant qu’altérité, nature culturelle aussi bien que nature sauvage. La Russie c’est un coeur de la beauté du Monde. un coeur bien caché dans un territoire immense et mystérieux, c’est une âme, une énigme, une spiritualité… pas étonnant qu’on y rencontre encore aujourd’hui pas mal de chamanes…

      Une photo de Poutine rayonnant en pleine nature : rien de tel pour irriter au plus haut point les élites libérales occidentales : insupportable de voir un homme, un vrai, et surtout à la fois viril et intelligent : c’est insupportable…

    • XPT // 06.04.2019 à 00h44

      Quelques idées ici qui rejoignent des aspects déjà développés dans son dernier ouvrage “Ou en sommes nous”.

      1) Le monde anglo-saxon fait l’histoire, grâce à sa flexibilité (hérité de son système familial libéral absolu)

      2) “L’Europe” court après, mais n’a pas la même souplesse, c’est le moins qu’on puisse dire. Sa diversité provoque même des divergences. Le comique de la situation c’est Macron qui inaugure les politiques thatchériennes au moment où les anglo-saxons en sortent.

      3) La Russie est la puissance conservatrice. De révolution en contre révolution, elle continuer à refuser le système libéral. A ne pas vouloir s’aligner ni prendre modèle. Face à l’instabilité provoquée par la destruction créatrice anglo américaine, elle devient un modèle de stabilité pour des peuples malmenés par leurs élites.

    • 5cents // 06.04.2019 à 07h07

      Il me semble que de traiter l’homophobie sans l’inscrire dans un contexte de (de)croissance démographique est une erreur. Les sociètès occidentales sont pour la première fois de l’histoire en peine à renouveler leur poppulation.
      En occident cette stagnation est plutôt bien resentie par les citoyens.
      Il me semble assez logique que des sociétés ayant fait le choix de ne plus continuer une croissance exponentielle en terme de natalité ne conddamne pas les éléments qui en raison de leur identité font des choix de vie qui ne participent pas au renouvellement des générations. Si la modification de la pyramide des âges est un defi en terme d’organisation, quelque soit le mode d’organion, elle l’est certainement pour le capitalisme qui se nourri de la croissance; permetant l’augmentation de la masse monétaire donc le payement d’intérêts sans phagocyter la masse existante.
      La Russie fait également face au probléme démographique mais avec 8,4 habitant par km2 (UK= 247h/km2 FR =113h/km2 ) elle ne ressent pas ce fait comme une bonne chose mais comme un affaiblissement.
      Dans ce contexte il me semble logique qu’un choix de vie stérile de certains de ses citoyens soit perçu différemment.
      Dans des pays qui peinent à payer les retraites des anciens, le citoyen oisif choisissant de vivre d’allocations sociales est montré du doigt et la société s’organise pour le forcer à travailler et cotiser dans des pays qui peinent à augmenter leur population l’homosexuel est ostratisé.

    • Jérôme // 06.04.2019 à 08h21

      Tenter d’expliqsuer tous les grands phénomènes politiques, économiques, culturels, sociaux,diplomatiques, par une unique clé de lecture, rencontre vite ses limites.

      Je comprends bien l’intéret qu’il y aurait à trouver la clé de lecture globale, comme en physique on s’échine depuis longtemps à trouver la grande théorie de l’unification des forces.

      Mais le modèle de Todd trouve ses limites. On l’avait déjà vu avec l’affaire Charlie.

      La raison essentielle de l’hostilité des USA à la Russie est dans la totale continuité des hostilités des empires passés dominants aux autres grandes puissances qui résistaient à leur expansionnisme ou qui devenaient des rivaux menacants.

      Les USA n’ont aucun problème à s’allier avec des pays moralement très conservateurs comme les saoudiens.

    • nulnestpropheteensonpays // 06.04.2019 à 09h21

      Todd , est capable de sortir une théorie baroque et d’avoir raison contre tout le monde . Apparement sa capacité imaginative n’a pas de contrainte .Ce qu’il raconte est une autre des différences entre la Russie et nous .Il y a un paramètre qu’il ne prend pas en compte , c’est l’évolution de la vie et cette capacité qu’elle a a se débarrasser d’un problème , doucement , tranquillement . Toutes nos sociétés occidentales sont vouées a disparaitre .Ou du moins notre baisse de natalité qui est du a notre évolution , éducation , homosexualité …etcetc va irrémédiablement permettre une régulation de la population sur terre . Et il n’y a rien a redire la dessus . C’est la condition meme de la survie de l’humanité ! De la manière la plus saine . Et c’est marrant , c’est dans nos sociétés qui sont a l’origine de tout les outrages fait a la terre , que la disparition est programmée .Si dieu avait vraiment dit croissez a l’infini ça aurait été un piètre visionnaire

    • fredmos // 06.04.2019 à 16h11

      Abonné à un site de livres en ligne, j’ai découvert une série SF qui a reçu de multiples récompenses outre-Atlantique. C’est l’histoire d’une guerre contre une autre race extraterrestre aux confins de l’univers. Bien sûr, beaucoup de détails techniques, mais la plus grande partie du récit est consacrée à l’hétérosexualité du héros, alors que les forces armées terrestres (OTAN spatial, sous l’égide des USA) sont encouragées à devenir homosexuelles, pour la limitation de la population mondiale, puis après quelques centaines d’années (vitesse de la lumière oblige), la race humaine est composée uniquement de répliques parfaites identiques, d’un homme et d’une femme. Reproduits génétiquement. Plus de sexe. J’ai été très surpris par cette véritable fascination pour la question du sexe. Il semble que Todd a bien compris le problème. Bien sûr, la Russie est toujours représentée dans la SF et les films d’animation comme l’ennemi. Voir la dernière série sur Netflix, où le matériel russe (Sukhoi) est utilisé pour la modélisation de l’ennemi des USA. Bien sûr, les pilotes US sont tous des femmes, alors que l’ennemi (russe), ce sont des hommes.

      • Cyd // 06.04.2019 à 18h29

        La Guerre éternelle de l’écrivain américain Joe Haldeman
        http://dictionnaire.sensagent.leparisien.fr/La%20Guerre%20%C3%A9ternelle/fr-fr/

        D’après l’auteur, ce sont surtout ses souvenirs de on année (1968) au VietNam

        • fredmos // 06.04.2019 à 18h53

          Merci, Cyd. Effectivement. Mais quand même, c’est la première fois que je vois ce sujet traité si ostensiblement. Le Vietnam est d’ailleurs très fécond pour étudier les Etats-Unis et leur mentalité, paranoïa. Todd aurait aussi pu en parler. Parce que quand même, c’étaient justement les années de la révolution sexuelle, alors que les Etats-Unis faisaient la guerre…

    • Roman Bernard // 06.04.2019 à 19h06

      « Les transgenres, toutes catégories confondues, aux Etats-Unis, représenteraient 0,3 % de la population et, chez les jeunes, 0,7%. Des chiffres invérifiables, à prendre avec réserve, qui donnent néanmoins une idée du poids réel des transgenres : il est insignifiant. »

      Ce chiffre, s’il est avéré, est au contraire considérable, surtout si la dynamique chez les jeunes se confirme.

    • Supasupz // 06.04.2019 à 19h56

      Quelle flûte hallucinante!
      Le peuple russe serait donc à ce point atypique.
      C’est vrai que ce “communautarisme” générationnel est propre à la Russie!
      Absolument pas à à peu près tous les pays émergents…
      On parlerait de la “famille paysanne traditionnelle” française? Non hein…
      tout ça est de la piètre propagande inversée.
      On tente de nous vendre le modèle de société russe, comme alternative salutaire au notre, en faisant comme si nous français étions particulièrement proche des russes (c’est vrai: même langue, même alphabet, même culture, même histoire hein?).
      Et il est vrai que la Russie n’est absolument pas un pays inégalitaire, non…
      On y meurt vieux et en bonne santé (71,6 ans en moyenne, 66 ans pour les hommes!),
      Peu de morts sur les routes (18/100 000, 5 en France),
      Peu de morts par homicides (10,2/100 000, 1+ en France),
      Peu d’écart de richesse (1% de la population possédant 75% de la richesse nationale, 10% détenant 90% des biens),
      Non vraiment, pourquoi on ne se réfère pas plus à “leur” révolution, on se le demande…
      Et ce que vient foutre ici la question transgenre… ma foi, pourquoi pas, quitte à être dans le fourre tout, allons y franchement!

    • Marc Michel Bouchard // 07.04.2019 à 04h30

      La voie révolutionnaire que mentionne E.Todd n’est pas nécessairement d’une lecture positive, optimiste. Lorsqu’il mentionne la révolution industrielle britannique nous savons que les ouvriers ont connus la misère, que le capitalisme au 19ème a enclenché les mouvements socialiste et communiste en réponses en Europe. Que depuis la chute de l’URSS, les oligarchies bourgeoises n’ont que faire des nations après les avoir solidifiées plus tôt au 17ème au moment où la redécouverte de la république romaine devait permettre au moins d’abord le marché de nations. Que la classe moyenne est fragilisée en 2019. La question sur E.Todd: exagère-t-il la volonté de l’élite anglophone aux RU et aux É.U de sortir du libre échange total? Trump et le Brexit y étant fort combattus. Sur les transgenres, avec demain les robots chez soi c’est la suite vraie d’une révolution où les individus sont séparés des astres, de la nature, du commun afin que le Sujet domine son Milieu.

      En philosophie libérale ultime: les choses, objets sont au service des individus. Le tout pour les anglo-saxons convertis c’est seulement le Tout de la Conscience Individuelle. La gravité écologique et non celle de politiques Verts pro U.E risque d’abattre l’individualisme et c’est là que ça craque avec les inégalités.

    • nulnestpropheteensonpays // 07.04.2019 à 08h39

      ce n’est qu’une THEORIE , une idée , eh oh ça sert juste a ouvrir le champs de vision , qu’elle soit juste ou fausse … Ensuite si l’occident est voué a devenir le paradis des homos personne n’oblige personne a l’avoir dans le fion …

    • Subotai // 07.04.2019 à 19h35

      Pas mal vu, Todd; mais retenez ce que je vais dire.
      Les questions transgenres vont devenir les question sur le sexe des anges quand le Grand Nettoyage va commencer.
      Lequel?
      Quand les jeunes vont se débarrasser des vieux et principalement dans le monde “occidental” individualiste qui crève de la mainmise des “Vieux” sur le Système et à leur avantage. Et c’est un vieux qui vous dit ça.
      La jeunesse EST l’avenir de l’Humanité.
      Combien de temps lui faudra-t-elle, pensez vous, pour que, débarrassé des questions de solidarité traditionnelle du genre humain, l’instinct de survie rationalise son comportement non plus xénophobie et/ou racisme, ni même en lutte des classes mais en lutte générationnelle?
      Depuis des années, pour nous les “Vieux”, les “Jeunes”, c’est quasiment l’ennemi.
      Les encadrements comportementaux, les obligations sociétales, les restrictions de liberté touchent essentiellement les “Jeunes”, les Vieux” ayant bien profité d’époques où on “emmerdaient” moins le peuple, les “Vieux” de l’époque n’étant pas assez nombreux pour imposer leur vision ultra sécuritaire de la société.
      C’est ainsi que les sociétés plus communautaire où le respect des générations reste important auront bien plus de chance de survivre au chambardement. Comprenez que j’entends le respect entre génération comme une réciprocité avec la charge de son entretien au plus expérimenté, c’est à dire au plus ancien.
      Nous, les “Vieux”, sommes responsable du bordel dans lequel le monde est plongé. Je ne doute pas que ceux qui auront à l’assumer de force du fait de leur jeunesse nous le fasse payer.

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Source : » Burke, la Russie et les transgenres, par Emmanuel Todd

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